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Développement des réseaux marocains de trafic de drogue transfrontalier : Drones aériens de grande capacité et sous-marins pour inonder l’Europe

Par C. B.8 min de lecture
Développement des réseaux marocains de trafic de drogue transfrontalier : Drones aériens de grande capacité et sous-marins pour inonder l’Europe
Résumé IA

Les réseaux criminels marocains modernisent massivement leur trafic transfrontalier vers l'Europe en déployant drones et sous-marins télécommandés, pendant que le représentant du Polisario dénonce l'absence de volonté marocaine pour résoudre le conflit sahraoui.

Selon l'ONU et l'agence européenne des drogues, ces organisations utilisent des drones transportant 200 kg par voyage et des mini-sous-marins indétectables pour franchir le détroit de Gibraltar et approvisionner l'Europe en cannabis et cocaïne.

Un démantèlement espagnol a révélé 21 tonnes de cocaïne transitées via des sociétés-écrans, tandis que la production de cannabis dépasse 3000 tonnes annuelles sur 54 000 hectares dans le Rif, générant 12 à 23 milliards de dollars.

Sidi Mohamed Omar a affirmé à Boumerdès que le Maroc persiste dans son occupation illégale du Sahara occidental, rejetant le droit à l'autodétermination, alors que le Polisario reste ouvert à des relations stratégiques post-indépendance.

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«Les réseaux criminels liés au Maroc modernisent massivement leurs méthodes pour approvisionner le marché européen», selon des rapports récents de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime et de l’Agence de l’Union européenne sur les drogues.

Ces organisations ne se limitent plus au trafic historique de résine de cannabis et intègrent désormais des circuits financiers et logistiques mondiaux hautement sophistiqués, selon les mêmes documents. Ces réseaux, rapporte l’Observatoire européen des drogues, ont «considérablement modernisé leurs méthodes logistiques et technologiques pour contourner le durcissement des contrôles aux frontières européennes. Ces organisations criminelles ne se contentent plus des méthodes traditionnelles de contrebande, mais intègrent désormais des technologies de pointe, diversifient leurs marchandises et infiltrent des structures logistiques mondiales pour inonder l’Europe».

Drones aériens de grande capacité et sous-marins télécommandés

Pour franchir les 14 km du détroit de Gibraltar, les trafiquants ont automatisé leurs liaisons. Les autorités espagnoles et Europol ont démantelé plusieurs réseaux utilisant des drones artisanaux ou modifiés. Capables de transporter jusqu’à 200 kg de drogue par voyage nocturne, ils effectuent des allers-retours rapides et silencieux pour larguer la marchandise dans des zones isolées en Andalousie. Des mini-sous-marins télécommandés, construits en tôle ou en fibre de verre, ont été interceptés par la Police espagnole. Ces engins autonomes se déplacent sous l’eau avec des cargaisons de près de 200 kg, restant totalement indétectables par les radars côtiers. En perpétuel développement, historiquement concentrés sur la résine de cannabis, les réseaux marocains se sont associés avec des cartels d’Amérique du Sud pour transformer le Maroc en une plaque tournante de la cocaïne, devenant ainsi un hub de redistribution. Aidés par des complicités avérées des hautes autorités du royaume alaouite, les trafiquants agissent en terrain conquis. Des enquêtes des autorités espagnoles ont mis au jour l’utilisation de narco-tunnels sophistiqués reliant directement le Maroc aux enclaves européennes comme Ceuta pour acheminer la marchandise. Un trafic juteux créant des sociétés écrans pour blanchiment d’argent sale. A ce sujet, des enquêtes menées en Belgique et en Italie montrent l’utilisation de commerces légaux (comme des magasins d’ameublement) pour dissimuler la drogue et recycler l’argent vers l’économie légale. Un blanchiment qui ne peut qu’avoir l’aval des institutions marocaines, puisque plusieurs enquêtes espagnoles récentes pointent la complicité active d’agents douaniers et de sécurité corrompus aux postes-frontières stratégiques pour faciliter les passages.

Structure logistique

Les chiffres sont effarants. Début août 2026, le démantèlement d’un réseau par la Garde civile espagnole a révélé l’implication de structures logistiques marocaines dans le transit de plus de 21 tonnes de cocaïne vers l’Europe, utilisant des sociétés d’import-export fictives comme façade légale. Selon un communiqué de la Garde civile espagnole, «les éléments marocains faisaient partie de la structure logistique de cette organisation criminelle qui s’appuyait sur la création de sociétés d’import-export servant de façade légale pour dissimuler ses activités de trafic de drogue. Plus grave, les mafias locales ne se contentent plus du transport ; elles gèrent de véritables filières logistiques qui approvisionnent également les réseaux du sud de l’Europe en armes de guerre, intensifiant les violences liées au narcotrafic dans les grandes villes européennes. Une véritable armée criminelle qui a un fort impact sécuritaire en Europe. La professionnalisation de ces réseaux, parfois désignés sous le terme de Mocro Maffia, «engendre une hausse de la criminalité violente dans les grands ports européens (Anvers, Rotterdam, Algésiras) et favorise le recrutement de mineurs pour la distribution locale». La production annuelle de résine de cannabis dépasse les 3000 tonnes, selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, cultivées sur une superficie de plus de 54 000 hectares dans le Rif du royaume, générant des revenus globaux pour les réseaux de trafic international évalués entre 12 et 23 milliards de dollars, tandis que les cultivateurs locaux perçoivent une fraction minime de cette somme (environ 214 millions de dollars), selon la même source.

Sidi Mohamed Omar  : «Le maroc n’a pas la volonté de trouver une solution à la question sahraouie»

Le représentant permanent du Front Polisario et de l’Etat sahraoui auprès de l’Organisation des Nations unies, coordinateur de la Minurso et membre du secrétariat national du Polisario, Sidi Mohamed Omar, a affirmé, samedi, que l’occupant marocain ne dispose d’aucune volonté politique pour parvenir à une solution définitive au conflit du Sahara occidental, conformément au droit international. Lors d’une conférence animée dans le cadre de la 14e édition de l’université d’été des cadres du Front du Polisario et de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) qui se tient à l’Université M’hamed-Bougara de Boumerdès, Sidi Mohamed Omar, cité par l’APS, a déclaré que «l’occupant marocain continue d’imposer sa politique coloniale pour ancrer son occupation illégale de certaines parties du territoire du Sahara occidental, au mépris de la légalité internationale qui reconnaît le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination». Il a ajouté que la position de la partie sahraouie se traduisait par «sa quête d’une paix juste et durable, ainsi que par la volonté de permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit inaliénable, non négociable, imprescriptible et non délégable à l’autodétermination et à l’indépendance», tandis que la partie marocaine persiste dans son «rejet absolu de toutes les solutions qui confirment les droits du peuple sahraoui», ce qui, a-t-il souligné, «place la lutte du peuple sahraoui pour la liberté et l’indépendance à un tournant décisif». Le diplomate sahraoui a considéré que «l’élément essentiel et constant de l’équation complexe de la question sahraouie est le peuple sahraoui, fermement déterminé à poursuivre la résistance et la lutte». Il a également déclaré que l’Etat sahraoui était «disposé à négocier avec le Maroc l’établissement de relations stratégiques entre les deux pays et mutuellement bénéfiques», après le référendum d’autodétermination et l’indépendance de la RASD. En marge des travaux de l’université d’été, Sidi Mohamed Omar a rappelé devant la presse que la question demeure inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée générale des Nations unies et de ses organes connexes en tant que question politique liée à la décolonisation, conformément à la résolution historique 14/15 de l’Assemblée générale. Selon le représentant sahraoui, malgré les développements qu’a connus la cause au cours de l’année 2026, «il n’est pas possible de se prononcer sur son processus politique car elle n’en est qu’à ses débuts». Il a toutefois ajouté que «ce qui se profile à l’horizon, et qui est une réalité, c’est l’obstination de l’occupant marocain à poursuivre son projet expansionniste et sa tentative à consacrer l’occupation en s’emparant de parties du territoire sahraoui». R. I.

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