Pétrole : l’Algérie et le Niger relancent un projet stratégique près de la frontière

L'Algérie et le Niger relancent le projet pétrolier stratégique de Kafra, où Sonatrach et Sonidep détiennent chacune 50 % d'un bloc de 23 737 km² situé à 85 km de la frontière algérienne.
Deux découvertes réalisées en 2018 et 2019 totalisent plus de 568 millions de barils, dont 168 millions pour le puits KFR-1 et 400 millions pour KFRN-1, riches en paraffine.
Sonatrach a lancé le 13 août 2026 le forage du puits Kafra Southeast 1 à 3 900 mètres de profondeur, opéré par sa filiale ENAFOR avec une plateforme transportée sur 2 000 km depuis Hassi Messaoud.
Le partenariat s'étend au raffinage, à la pétrochimie et à la formation, le Niger visant à porter sa production de 90 000 à 110 000 barils par jour.
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La part de Sonatrach dans le projet pétrolier de Kafra au Niger atteint 50 %, tandis que l’autre moitié revient à la compagnie nationale nigérienne Sonidep. Cette participation place la société algérienne au cœur d’un projet qui s’appuie sur deux découvertes totalisant plus de 568 millions de barils, rapporte le site spécialisé dans l'énergie, Attaqa.
Le projet de Kafra, situé dans la région d’Agadez, dans le nord du Niger, repose sur un partenariat à parts égales entre Sonatrach et Sonidep. Ainsi, la part de Sonatrach représente 50 % du projet, conformément aux accords de partage de production conclus entre les deux pays.
La zone de Kafra couvre environ 23 737 kilomètres carrés et se trouve à quelque 85 kilomètres de la frontière algérienne. Son emplacement renforce son intérêt dans le cadre de la coopération énergétique entre Alger et Niamey. La participation algérienne s’inscrit dans une présence de longue date. Sonatrach avait obtenu une licence d’exploration dans la région en 2005, avant la signature d’un accord de partage de production en 2015.
Plus de 568 millions de barils identifiés
L’intérêt du projet repose notamment sur deux découvertes réalisées par Sonatrach. En 2018, le puits KFR-1 a permis d’identifier un gisement de pétrole lourd représentant environ 168 millions de barils en ressources prouvées et probables. Un an plus tard, le puits KFRN-1 a révélé environ 400 millions de barils de pétrole particulièrement riche en paraffine. Les volumes récupérables étaient alors estimés à près de 100 millions de barils.
Ces deux découvertes portent le total annoncé à plus de 568 millions de barils. Ces volumes ne doivent pas être assimilés directement à la quantité de pétrole que Sonatrach peut récupérer : ils correspondent aux ressources associées aux découvertes, tandis que la production effective dépendra notamment des études techniques et du développement des gisements.
Un nouveau forage pour évaluer le potentiel
Le 13 août 2026, Sonatrach a lancé les travaux du puits d’exploration Kafra Southeast 1. Cette opération doit permettre de mieux évaluer le potentiel pétrolier du bloc avant une éventuelle transition vers le développement et la production.
Le forage doit atteindre environ 3 900 mètres de profondeur. Il est réalisé par ENAFOR, filiale de Sonatrach, avec la plateforme ENF-13, d’une puissance de 2 000 chevaux. Le transfert de cette installation depuis Hassi Messaoud, en Algérie, a nécessité le transport du matériel sur plus de 2 000 kilomètres jusqu’au site nigérien.
Sonatrach veut étendre son rôle au Niger
La part de Sonatrach à Kafra s’accompagne d’une coopération plus large avec Sonidep. Les deux entreprises travaillent sur l’exploration, le développement, la production, le forage, le raffinage, la pétrochimie, la commercialisation des hydrocarbures, la formation et le transfert de technologies.
Pour le Niger, l’objectif est notamment de valoriser davantage ses ressources pétrolières. Le pays espère augmenter sa production d’environ 90 000 barils par jour, pour atteindre un total proche de 110 000 barils par jour si les projets concernés aboutissent.