Actualités

Renforcer la lutte contre les passeurs

Par M. Aziza4 min de lecture
Renforcer la lutte contre les passeurs
Résumé IA

Le ministre de l'Intérieur Saïd Sayoud a présidé une réunion de coordination sur la migration irrégulière et ordonné le renforcement de la lutte contre les réseaux de passeurs, notamment sur le littoral cet été.

Le président du Réseau Nada Abderrahmane Arar salue cette coordination mais réclame une stratégie globale associant prévention et répression face à l'ampleur du phénomène.

Il alerte sur l'exploitation de mineurs et de femmes vulnérables par des passeurs qui utilisent de plus en plus les réseaux sociaux pour recruter leurs victimes.

Arar préconise une mobilisation de la société civile, une surveillance numérique accrue et des programmes d'accompagnement des jeunes pour les détourner de la migration clandestine.

L

Publié par

Le Quotidien d'Oran

Publié le

ou lire sur le site source →

Article Original

Contenu complet de la source

Face à l’activité des réseaux de passeurs et aux nouvelles méthodes utilisées pour attirer les candidats aux traversées clandestines, le renforcement de la coordination entre les différents intervenants apparaît comme un enjeu majeur de prévention et de lutte.

Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a présidé dimanche dernier, une réunion de coordination consacrée à l’examen de la situation de la lutte contre le phénomène de la migration irrégulière et au suivi des différentes mesures et dispositions prises dans ce domaine, selon un communiqué du ministère.

À cette occasion, M. Sayoud a donné une série d’instructions et de directives visant à renforcer la coordination entre les différents services concernés et à intensifier les efforts pour lutter contre ce phénomène, notamment le long du littoral durant la saison estivale. Ces mesures visent également à réduire l’activité des réseaux de passeurs et à endiguer les différentes formes d’organisation de traversées clandestines, tout en assurant un suivi continu de ce dossier.

Réagissant à ces orientations, le président du Réseau algérien pour la défense des droits de l’enfant (Réseau Nada), Abderrahmane Arar, a estimé, dans une déclaration au Quotidien d’Oran, que le renforcement de la coordination entre les différentes institutions est particulièrement important, soulignant que la lutte contre les réseaux de passeurs demeure « primordiale ».

M. Arar a indiqué avoir suivi « avec grand intérêt » la réunion présidée par le ministre de l’Intérieur, estimant que le message véhiculé à travers ces nouvelles orientations est « pertinent ». Selon lui, le phénomène a pris de l’ampleur et nécessite désormais une véritable stratégie coordonnée, à la fois de lutte et de prévention.

Il a également mis en garde contre les dimensions économiques et sociales qui se cachent derrière ce phénomène, notamment l’exploitation des mineurs, des enfants et des femmes en situation de vulnérabilité. Dans ce contexte, il s’est prononcé en faveur d’une coordination plus étroite impliquant davantage la société civile, les associations et les citoyens, afin de mettre en place des actions concertées pour mieux protéger les catégories vulnérables.

Le président du Réseau Nada a, par ailleurs, insisté sur l’évolution des méthodes utilisées par les passeurs, qui exploitent de plus en plus les moyens technologiques et les réseaux sociaux pour attirer et convaincre leurs potentielles victimes. Ces réseaux seraient notamment utilisés pour diffuser des messages dévalorisant la situation dans le pays d’origine ainsi que des messages codés destinés à faciliter la mise en relation avec les candidats à la migration clandestine.

Face à cette évolution, Abderrahmane Arar appelle à « occuper le terrain » numérique et à investir davantage les réseaux sociaux, tout en mettant en place un contrôle et un suivi permanents permettant de détecter les contenus malveillants et d’identifier les réseaux et les passeurs qui utilisent les moyens numériques.

Le rôle des associations demeure également essentiel dans l’accompagnement des adolescents, estime-t-il. Il cite, à ce propos, les expériences du Réseau Nada dans l’orientation professionnelle et sportive ainsi que dans l’enseignement par correspondance, autant de dispositifs permettant, selon lui, d’occuper les jeunes, de les accompagner, de valoriser leur énergie et de les éloigner des influences susceptibles de les pousser vers la migration irrégulière.

Pour le président du Réseau Nada, la lutte contre ce phénomène ne peut donc reposer uniquement sur l’action des services de sécurité. Elle doit s’inscrire dans une stratégie collective fondée sur la prévention, l’accompagnement et la coordination entre les institutions publiques, les associations, la société civile et les citoyens, afin de mieux protéger les enfants, les adolescents et les personnes vulnérables face aux réseaux de passeurs.

Voir sur le site source