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Le miroir de l’histoire

Par Abdelkrim Zerzouri4 min de lecture
Le miroir de l’histoire
Résumé IA

Les violences xénophobes contre les migrants en Afrique du Sud choquent au regard de l'histoire du pays, libéré de l'apartheid grâce au soutien de nombreux pays africains.

Le président Cyril Ramaphosa a exprimé sa honte face à ces attaques et appelé, lors du sommet de la SADC à Durban, à une coopération régionale pour que les migrations se fassent par choix et non par désespoir.

La crise économique, avec un chômage à 33 %, les inégalités et l'instrumentalisation politique de l'immigration à des fins électoralistes alimentent cette haine, oubliant que les Sud-Africains ont jadis trouvé refuge chez leurs voisins.

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Le Quotidien d'Oran

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Les tristes images qui ont circulé ces derniers temps en Afrique du Sud, mettant en scène des populations locales en colère contre les migrants clandestins venus de pays du voisinage, ont choqué les bonnes consciences, y compris au sein des dirigeants sud-africains eux-mêmes. Comment un pays, un peuple, qui a vécu si longtemps sous le joug de l’apartheid, et qui s’est libéré de cet affreux système grâce au prix de lourds sacrifices de ses fils et au soutien de la communauté internationale, dont de nombreux pays africains, en vient à nourrir la haine envers des migrants qui ont fui leurs terres par désespoir ? On aurait compris et admis que les Sud-Africains revendiquent la mise en œuvre par leur pays d’un mécanisme migratoire réglementaire, qui fixerait les flux migratoires selon les capacités d’accueil du pays, mais de là à les voir se livrer à la chasse violente du migrant clandestin, ce sont les valeurs humaines, l’égalité et la justice, pour lesquelles ont combattu les frères de Nelson Mandela, qu’on foule aux pieds. Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a fait part de sa profonde inquiétude face à ces tristes événements et exprimé sa honte de voir que, ces derniers mois, « des ressortissants d’autres pays ont été victimes de discrimination et de mauvais traitements ». Il a dans ce sillage appelé, hier lundi 17 août, ses homologues de 16 pays de l’Afrique australe, réunis à Durban en Afrique du Sud à l’occasion d’un sommet ordinaire de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), à continuer à collaborer pour développer « une région où les personnes se déplacent par choix, et non par désespoir ». La question migratoire et la xénophobie dont sont victimes les ressortissants des pays de cette communauté figurent au cœur des débats de ce sommet. Et il faut bien que l’Afrique du Sud assume ses responsabilités dans les dépassements commis contre les étrangers, qui migrent vers ce pays pour trouver une vie meilleure. Les migrants « sans papiers » voient l’Afrique du Sud comme un eldorado, la première puissance économique du continent en termes de PIB nominal, évalué à environ 480 milliards de dollars selon les données du Fonds monétaire international (FMI), où ils ont la possibilité d’améliorer les conditions de leur existence. Ce flux migratoire ne date pas d’hier, et ce qui passait naguère inaperçu grince par ces temps-ci. Pourquoi ? Selon des explications étayées par les chiffres, l’Afrique du Sud s’enfonce dans de profondes difficultés économiques, avec un taux de chômage très élevé avoisinant les 33 %, ainsi que l’apparition de fortes inégalités sociales et un isolement historique hérité de l’apartheid qui a longtemps coupé le pays du reste du continent africain, et qui a fait oublier aux nouvelles générations que la libération de leur pays de l’apartheid est le fruit de luttes engageant de nombreux pays en Afrique et hors d’Afrique. À cela vient se greffer un discours d’acteurs politiques qui instrumentalisent la question migratoire dans un but électoraliste (exactement la copie de l’extrême droite européenne), pointant du doigt les migrants comme des concurrents déloyaux pour la main-d’œuvre locale et comme responsables de la hausse de la criminalité. Les Sud-Africains doivent regarder en face dans le miroir de l’histoire, se remémorer les souffrances de leurs aînés, se rappeler comment ils ont trouvé soutien et refuge chez d’autres peuples, et partager avec les pays voisins l’histoire des luttes de libération, au moins pour rendre la pareille.

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