Immigré dans une Europe qui périclite
Les émigrés algériens en Europe manifestent un désir croissant de retour définitif en Algérie, jugeant que la qualité de vie s'y est gravement dégradée, notamment en France.
La crise économique, le durcissement des règles sociales et politiques, la réduction des accès aux soins, au logement et à l'emploi, ainsi que la menace d'une montée de l'extrême droite alimentent ce mouvement.
Beaucoup ont déjà anticipé ce retour en investissant leurs économies et leurs compétences dans l'économie algérienne, sans attendre les dispositifs officiels d'accompagnement.
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Le Quotidien d'Oran
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A première vue, il semble qu’ils sont plus nombreux que l’été passé. La vague n’est pas ruée, mais à écouter les sentiments de la majorité de nos particuliers touristes, elle s’accompagne cette saison d’un nouvel état d’esprit engageant un fort désir pour une rentrée définitive en Algérie.
L’Europe périclite. La douceur de vie, longtemps chantée, appartient au passé.
A quelques exceptions, tous s’accordent dans la dénonciation d’une vie à vau-l’eau européenne et particulièrement française où la perspective d’une existence tranquille a été effacée. Elle n’était déjà pas rose et le ciel s’y est sérieusement obscurci pour eux comme d’ailleurs pour la majorité de la population autochtone.
La crise économique n’est pas seule en cause dans leur désarroi. L’officieux et l’officiel des règles autant sociales que politiques ont érigé des murs autrement mieux blindés que ceux des frontières. L’accès d’hier aux soins, au logement, à l’emploi ne relève plus que du mirage à la faveur de la suppression des mesures sociales et l’émigré tend de plus en plus à tenter de fuir l’obligation de s’adapter à porter les facettes du naufragé.
La certitude d’une prise de pouvoir de la droite et de son extrême annonce une prochaine descente aux enfers pour les exilés volontaires qui pour certains ont déjà pris les devants. Nos émigrés n’ont pas du reste attendu les moult mesures d’accompagnement prises par les autorités algériennes pour un retour serein et confortable. La plupart avaient pris leurs dispositions pour renouer avec leurs racines chez eux. Nombreux sont ceux qui, sans feu vert reçu, et avec leurs économies et leur savoir-faire varié, avaient intégré depuis quelque temps la mouvance sociale et économique de leur pays d’origine.