Djellaoui boucle sa tournée de trois jours au chantier de la ligne minière est : 422 km pour relier Bled El Hadba au monde

Le ministre des Travaux publics Abdelkader Djellaoui a achevé une tournée de trois jours et 41 étapes le long des 422 kilomètres de la ligne minière Est, du port phosphatier d'Annaba au gisement de Bled El Hadba à Tébessa.
Le chantier mobilise plus de 14 000 travailleurs et 5 000 engins pour 60 ponts, 12 tunnels et 27 millions de mètres cubes de terrassement, avec 174 km déjà réalisés et 127 km supplémentaires attendus pour fin septembre 2026.
Le ministre a inspecté des ouvrages proches de l'achèvement, dont deux grands ponts de 550 et 750 mètres, ainsi que la pose du ballast, tout en prescrivant le maintien du rythme lors d'une réunion de coordination avec les entreprises.
Cette infrastructure constitue l'épine dorsale logistique du Projet phosphate intégré, devant relier l'extraction à Bled El Hadba à l'exportation via le port d'Annaba pour concrétiser la diversification économique.
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Plus de 14 000 travailleurs et 5000 engins sont mobilisés pour tenir les prochaines échéances.
Au terme de trois jours de tournée et 41 étapes de terrain à travers Annaba, El Tarf, Guelma, Souk Ahras et Tébessa, le ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui, a achevé hier son périple au plus près de l’origine minière du projet, à Bled El Hadba (Tébessa). Parti du port phosphatier de Annaba, le ministre aura parcouru, de bout en bout, les différents fronts d’un chantier ferroviaire de 422 kilomètres, inspectant ponts, tunnels, terrassements et opérations de pose de la voie. Une immersion au cœur du chantier, ouvrage après ouvrage et tronçon après tronçon, pour mesurer sa progression et resserrer les délais d’une infrastructure appelée à devenir l’épine dorsale logistique du futur dispositif minier et industriel de l’Est algérien. Plus de 14 000 travailleurs et 5000 engins sont mobilisés pour tenir les prochaines échéances.
Cette dernière journée s’est concentrée sur le tronçon Tébessa-Tennoukla, long de 43 kilomètres. Le ministre y a, notamment, inspecté plusieurs ouvrages, dont la réalisation approche de son terme, avant de suivre les opérations de pose et de mise à niveau du ballast ferroviaire. Une manière de constater que, sur certains fronts, le chantier entre désormais dans sa phase finale. Au niveau du point kilométrique 25, Abdelkader Djellaoui a inspecté un imposant pont de 550 mètres de longueur et 42 mètres de hauteur, réalisé dans un relief particulièrement difficile par l’entreprise nationale Sabta. Les travaux, annoncés à un rythme soutenu et proches de leur achèvement, doivent être finalisés dans les prochains jours. Quelques kilomètres plus loin, au point kilométrique 26, le ministre s’est arrêté sur un autre ouvrage majeur. C’est un pont de 750 mètres de longueur et 32 mètres de hauteur, construit dans des conditions topographiques complexes par Cosider Travaux d’art. A ces deux ouvrages, la même consigne a été donnée par M. Djellaoui : «Il faut maintenir la cadence et mobiliser les moyens nécessaires jusqu’à leur achèvement.» Le troisième arrêt de cette séquence a porté sur les travaux de mise en place et de nivellement du ballast ferroviaire, au point kilométrique 27. Le ministre a «salué le rythme soutenu des opérations», tout en appelant les équipes à «poursuivre dans la même dynamique afin de respecter les échéances arrêtées». Dernière halte de cette longue tournée, le point kilométrique 3, dans la commune de Boulhaf Dyr, où le ministre a inspecté les travaux de finition des ouvrages et des passages supérieurs réalisés au-dessus de la voie ferrée. Là encore, le mot d’ordre est resté le même : «Accélérer les dernières opérations et livrer les travaux dans les délais.» Cette succession d’ouvrages presque achevés donne une indication sur la physionomie actuelle du chantier. Après les terrassements et les grands travaux d’infrastructure, certains secteurs basculent progressivement vers les opérations ferroviaires proprement dites et les finitions.
27 millions de mètres cubes de terrassement
Au terme de cette tournée, le ministère dresse un bilan particulièrement significatif de l’effort engagé sur les 422 kilomètres de la ligne. «Le projet comprend 60 ponts et 12 tunnels, auxquels s’ajoutent les travaux de terrassement, de déblais et remblais, ainsi que la fixation et la pose de la voie. Les volumes réalisés témoignent de l’ampleur du chantier et sont estimés à 27 millions de mètres cubes de déblais et remblais déjà exécutés», a-t-il détaillé.
Pour soutenir cette cadence, les différents fronts de travaux mobilisent des moyens considérables. En effet, plus de 14 000 travailleurs et au moins 5000 engins et équipements sont actuellement engagés dans la réalisation de cette infrastructure stratégique. Cette mobilisation répond directement aux orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui a fait de la concrétisation des grands projets miniers et de leur raccordement aux infrastructures de transport une priorité de la politique de diversification économique.
Le bilan présenté à l’issue de la visite fait ressortir une avancée significative sur plusieurs sections. 174 kilomètres sont d’ores et déjà réalisés, correspondant au tronçon reliant Djebel El Onk à Oued Kebrit sur 151 km, ainsi qu’au raccordement de Bled El Hadba à la ligne minière sur 23 km. Une nouvelle étape doit être franchie à la fin du mois de septembre 2026, avec l’achèvement annoncé de 127 kilomètres supplémentaires répartis entre trois sections : Annaba-Bouchegouf sur 54 km, Drea-Oued Kebrit sur 30 km, et la voie de contournement de Tébessa-Tennoukla, sur 43 km. Quant au tronçon restant entre Aïn Sennour et Drea, long de 49 kilomètres, sa réception est prévue conformément aux délais fixés. L’enjeu n’est donc plus seulement de construire une voie ferrée. Il s’agit, désormais, de faire converger plusieurs calendriers de réalisation pour que la ligne minière puisse jouer pleinement son rôle dans la chaîne du projet de phosphate intégré (PPI).
La tournée de Abdelkader Djellaoui n’a pas été limitée à une succession d’inspections. Elle a également été ponctuée par une réunion de coordination avec les représentants et responsables des entreprises de réalisation, des bureaux d’études et de suivi ainsi que des laboratoires mobilisés sur le projet. Le constat dressé à l’issue des visites fait état d’une excellente cadence des travaux, mais le ministre veut prévenir tout relâchement ou toute difficulté susceptible de ralentir les chantiers. Des mesures supplémentaires ont, ainsi, été arrêtées afin d’accélérer les opérations sur les différents fronts.
L’accent a notamment été mis sur l’anticipation des contraintes de terrain. Il s’agit d’identifier et de traiter en amont les éventuels obstacles techniques, administratifs ou logistiques susceptibles d’affecter le calendrier. La coordination entre les groupements d’entreprises et les autorités locales des wilayas traversées par la ligne devra, également, être renforcée. L’objectif est de garantir une meilleure complémentarité entre les différents intervenants et de maintenir une cadence homogène sur l’ensemble du tracé.
De la voie ferrée à la chaîne du phosphate
La portée de cette tournée dépasse, ainsi, le seul chantier ferroviaire. La ligne minière Est est conçue comme le système circulatoire d’un ensemble industriel beaucoup plus vaste reliant Bled El Hadba à Annaba, en passant par les plateformes de transformation et les infrastructures logistiques. En amont, le gisement de Bled El Hadba doit alimenter le projet de phosphate intégré, dont la réalisation constitue l’un des grands paris industriels de l’Algérie. En aval, le port phosphatier de Annaba doit assurer l’interface avec les marchés extérieurs. C’est précisément cette continuité que les trois jours d’inspection de M. Djellaoui ont permis de mesurer. Du port de Annaba aux reliefs de Tébessa, le chantier n’est plus une succession de tronçons isolés, mais les différents maillons d’une même chaîne industrielle.
A Tébessa, où la tournée s’est achevée, le ministre a, ainsi, atteint le point de départ du minerai. Les prochaines échéances seront désormais déterminantes. Avec 174 kilomètres déjà réalisés, 127 kilomètres supplémentaires annoncés pour fin septembre et 49 kilomètres restants à finaliser, la bataille se joue désormais sur la capacité des différents intervenants à transformer la cadence actuelle en livraisons effectives. Le compte à rebours est donc engagé. La ligne minière Est doit désormais passer du statut de grand chantier national à celui d’infrastructure opérationnelle au service du PPI. M.-F. Gaïdi
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