Commentaire – FIFA. L’avenir d’Infantino en jeu

La présidence de Gianni Infantino à la FIFA est menacée, l'Europe, son continent d'origine, menant une offensive pour le destituer avant la fin de son mandat en 2027.
Il est accusé d'avoir violé les statuts en briguant un quatrième mandat, de versatilité sur la Superligue européenne puis africaine, et d'avoir terni son image par sa proximité avec Donald Trump.
L'UEFA dispose des 55 voix nécessaires pour convoquer un congrès extraordinaire, mais l'élection d'un successeur requérant 106 voix sur 211, l'Afrique jouera un rôle décisif lors du scrutin prévu le 27 mars 2027 à Rabat.
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El Watan
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Les 7 mois à venir seront les plus longs, les plus stressants, les plus angoissants de la vie de Gianni Infantino, le président de la FIFA, depuis 2016. Le continent dont il est originaire (Europe), qui lui a déroulé le tapis rouge pour succéder à son compatriote, Joseph Sepp Blatter, président de la FIFA (1998- 2016), pousse pour le renverser. Il faut dire que l’Italo-Helvéte-Libanais (56 ans) a beaucoup merdé au cours de son mandat actuel (2023-2027). Normalement, en vertu des statuts de la FIFA, un président de l’instance faîtière ne peut effectuer plus de 3 mandats. Arrivé sur le trône de la FIFA en 2016, une année après la réélection de Blatter (2015), Gianni Infantino devait quitter la FIFA en 2027. Avec la complicité des membres de l’assemblée générale de la FIFA et le soutien appuyé de l’UEFA (55 voix), il a transgressé les statuts de la FIFA. Le binôme Infantino (président de la FIFA)-Ceferin (président de l’UEFA) régentait le football mondial. Les deux hommes n’étaient pas toujours sur la même longueur d’onde, mais finissaient pas s’entendre sur l’essentiel. Leurs intérêts respectifs. La dernière crise sérieuse entre les deux présidents remonte à l’époque, pas si lointaine, où les riches et puissants européens, espagnols et italiens, projetaient de lancer une nouvelle compétition, la Superligue européenne ouverte à une douzaine de clubs du vieux continent, non pas sur la base de résultats sportifs et de la compétition, mais sur le passé et le palmarès des clubs triés sur le volet. L’Europe, clubs, dirigeants, joueurs et supporters se sont mobilisés contre le projet que Gianni Infantino soutenu en coulisses. A l’arrivée, les clubs qui voulaient cette compétition exclusivement réservée aux riches ont fait machine arrière. Sur le champ, Gianni Infantino a changé de camp et s’est rangé derrière l’UEFA. Quelques mois plus tard, il a soufflé à l’oreille de son obligé Patrice Motsepe, président de pacotille de la Confédération africaine de football (CAF), de lancer la Superligue africaine. Gianni Infantino, tel un caméléon, change de peau, de direction au gré du vent. Il ne perdait rien pour attendre. Sa proximité avec le président américain, Donald Trump, à qui il a décerné le «prix de la paix de la FIFA» quelques jours après l’agression américano-israélienne contre l’Iran a terni son image et il s’est éloigné de ses missions à la FIFA pour se rapprocher de son nouveau ami et de sa famille. Il a alors signé le début de sa disgrâce. Avant l’ouverture de la Coupe du monde 2026, l’administration Trump a imposé des restrictions d’entrée sur le territoire américain à des officiels de football (sélections, dirigeants, l’arbitre somalien Arsan, la levée de suspension du joueur américain Bologun sur intervention de Trump et enfin l’annonce de la vente de droits de la Coupe du monde à des investisseurs américains) sans concertation avec les membres du conseil de la FIFA. Il est allé trop loin en favorisant la mise en œuvre d’un article de la FIFA pour la convocation d’une assemblée générale extraordinaire de la FIFA qui ouvrira la voie à sa destitution. Il faudra réunir 1/5 des voix des membres de la FIFA, c’est-à-dire 43 voix. Ce chiffre sera facile à atteindre par l’UEFA qui compte 55 voix. Il suffira ensuite d’adresser à la FIFA une correspondance lui demandant d’organiser un congrès extraordinaire sous 90 jours. Une gageure pour l’UEFA. La suite sera moins facile. Il faudra rassembler 106 voix sur 211 pour élire un nouveau président. Un forcing tous azimuts est en train de se mettre en place pour éjecter Gianni Infantino. La bataille pour les voix sera rude. Chaque voix vaudra son pesant d’or. L’Afrique (CAF) jouera un rôle important et déterminant dans le prochain scrutin. Quelle que soit l’issue du vote, le 27 mars 2027 à Rabat, des têtes tomberont. Dans ce type d’exercice, la CAF a toujours tenu un rôle central dans l’élection du président de la FIFA. En sera-t-il encore de même au début du prochain printemps ?
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