Les élus et la médiation citoyenne
Les députés de la 10e législature entament leur mandat en multipliant les canaux de communication et les permanences parlementaires, une proximité saluée par les citoyens comme gage d'un engagement réel.
La gestion structurée des doléances devient indispensable face à l'afflux de demandes, d'autant que des projets d'infrastructures majeurs, comme l'extension ferroviaire, se heurtent à des oppositions foncières risquant de bloquer les chantiers.
Le rôle cardinal des élus consiste à faire la jonction entre les attentes locales et la stratégie nationale de développement multisectoriel pour garantir l'efficience de l'action publique.
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El Watan
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Installés il y a moins d’un mois, les députés de la 10e législature ont d’ores et déjà entamé l’exercice de leur mandat parlementaire. Pour nombre d’entre eux, il n’y a pas d’intermède à observer avant de traduire dans les faits les engagements pris lors de la campagne électorale pour les législatives du 2 juillet, où les préoccupations des citoyens ont été placées au cœur de l’action des élus à l’Assemblée populaire nationale (APN). Les nouveaux canaux de communication permettent de suivre les premières initiatives entreprises par les députés dans leurs circonscriptions électorales, en préparation des séances plénières devant les réunir avec les membres du gouvernement à l’ouverture de la session parlementaire. L’opinion publique valorise cet effort de communication et l’amorce d’une dynamique de représentation effective annonçant l’efficience du mandat électif. Des observations peuvent également s’esquisser chez des citoyens qui parviennent à éluder l’écume des plateformes électroniques pour prendre connaissance des publications en rapport avec le développement local et les perspectives socioéconomiques qui se dessinent en direction des collectivités territoriales. La densité et la diversité des interventions et des réactions des internautes, représentant désormais toutes les composantes de la société, commandent la mise en place d’un dispositif d’écoute et de traitement des doléances exprimées, afin d’en garantir la prise en charge la plus probante au bénéfice des habitants. L’expérience des permanences parlementaires adoptée par des députés des précédentes législatures a eu un fort impact au sein de la population et a été largement saluée et perçue comme le signe d’un réel engagement des élus nationaux en faveur de la résolution des problématiques posées au niveau local. En dépit des contraintes liées à la programmation des entrevues et à l’absence de collaborateurs ou d’assistants, dépendant des moyens pouvant être mobilisés par le parlementaire, cette initiative est de nature à structurer les requêtes citoyennes et à réunir les conditions de leur règlement, apportant ainsi un souffle nouveau à la vie locale et aux ambitions de développement. Elle participe à consolider les ressorts de la médiation qui ont souvent manqué à la mise en œuvre des programmes lancés dans les différents secteurs d’activité.
Des projets d’envergure sont engagés par les instances centrales pour répondre à des exigences cruciales dans des secteurs névralgiques de la vie nationale. Dans le but de désengorger le réseau routier et canaliser, dans de meilleures conditions de sécurité, une partie du transport de voyageurs, et plus significativement celui des marchandises, l’extension du chemin de fer figure parmi les priorités inscrites par les pouvoirs publics. Des projets de réalisation affectés à ce secteur longtemps livré à l’inertie ont été relancés ces derniers mois. L’administration locale a entamé les visites de terrain pour poser les jalons des infrastructures projetées. Conçus pour alléger la pression sur les transports, ces programmes d’extension sont logiquement destinés et implantés dans des régions à forte densité démographique. Une récente réunion d’un député avec un chef d’exécutif de wilaya a mis au jour des oppositions formulées à l’encontre du tracé retenu pour un projet de voie ferrée sur des dizaines de kilomètres entre deux grands chefs-lieux. Le spectre d’un blocage et de l’ajournement de l’installation du chantier devient palpable. L’inscription de l’investissement public et la mobilisation de son financement ne suffisent pas à la réalisation du projet, une situation déjà rencontrée dans l’aménagement d’une zone industrielle dont la délimitation s’est heurtée pendant des années à des oppositions de propriétaires des terrains. L’évaluation de l’action du gouvernement, entrant dans les prérogatives des députés, a, en fait, son pendant dans l’activité parlementaire dans les collectivités locales. La mission cardinale des élus est de faire la jonction entre la requête du citoyen et l’appui de celui-ci à la stratégie nationale de développement multisectoriel.
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