Quelques perturbations et des assurances

Le ministre de l'Industrie pharmaceutique a reçu le président du SNAPO, le Dr Sami Tirache, pour évoquer les perturbations d'approvisionnement en médicaments signalées dans plusieurs wilayas.
Le ministre a rassuré sur la levée des blocages liés aux autorisations d'importation et a fixé un nouveau rendez-vous fin mai pour faire le point.
Le Dr Tirache attribue les pénuries à des tensions internationales, notamment au détroit d'Ormuz, et à des pratiques spéculatives internes comme le stockage et la vente conditionnée par une minorité d'opérateurs.
L'ADPHA a adopté une charte d'éthique le 22 mai 2025 pour encadrer la distribution, tandis que le ministre s'est engagé à réactiver la plateforme « Requête Médicaments » pour signaler les dérives.
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Le Quotidien d'Oran
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Selon le président du SNAPO, le Dr Sami Tirache, cette réunion a été « très bénéfique » pour les deux parties. Elle a permis au syndicat d’exposer les préoccupations signalées par les pharmaciens dans plusieurs wilayas, notamment les difficultés d’approvisionnement concernant certains médicaments et les conséquences de ces perturbations sur les patients.
Le ministre s’est montré rassurant concernant la levée des difficultés liées à l’approvisionnement, notamment celles résultant des retards dans l’octroi des autorisations d’importation. À ce propos, il a donné rendez-vous au SNAPO à la fin du mois en cours, afin de faire le point sur cette question et de trouver des solutions aux problèmes persistants.
Le Dr Tirache explique les perturbations d’approvisionnement par deux principaux facteurs. Le premier est d’ordre international, notamment en raison des tensions qui affectent le détroit d’Ormuz ainsi que d’autres événements majeurs liés à la conjoncture internationale.
Le second facteur est interne et concerne certaines pratiques commerciales, notamment le stockage spéculatif et la vente conditionnée pratiqués par certains opérateurs de la chaîne pharmaceutique.
Le président du SNAPO estime que certains opérateurs privilégient une « logique purement commerciale », alors que les pharmaciens sont directement en contact avec les patients et doivent avant tout répondre aux exigences de santé publique. Il cite notamment des pratiques visant à écouler certains stocks ou à favoriser de nouvelles molécules et certains génériques, que les pharmaciens ne peuvent pas imposer aux patients.
Le Dr Tirache tient toutefois à relativiser cette situation, précisant qu’il s’agit d’une minorité d’opérateurs dont les pratiques portent préjudice à l’ensemble de la profession. « La majorité sont des professionnels qui respectent la profession », souligne-t-il.
Dans ce contexte, le SNAPO travaille en collaboration avec l’Association des distributeurs pharmaceutiques algériens (ADPHA). Il a invité les pharmaciens à se rapprocher de cette Association afin de signaler les éventuelles difficultés rencontrées.
L’ADPHA a, pour sa part, adopté une Charte d’éthique lors de son assemblée générale du 22 mai 2025. Celle-ci vise notamment à encadrer les pratiques de distribution, à renforcer la transparence et à lutter contre certaines dérives commerciales, notamment la vente concomitante, qui consiste à conditionner la fourniture d’un médicament recherché à l’achat d’autres produits, précise notre interlocuteur. Le président du SNAPO estime néanmoins que certains petits opérateurs continuent de nuire à l’image et au bon fonctionnement de la profession.
Le ministre s’engage à réactiver la plateforme de requêtes
Le Dr Tirache a également salué l’ouverture du ministère aux représentants des pharmaciens. Selon lui, « les portes du ministère sont ouvertes » au syndicat, sans protocole particulier ni nécessité de prendre rendez-vous, ce qui permet de faire remonter directement les préoccupations de la profession.
Les pharmaciens disposent également d’un outil dédié pour signaler les pratiques illégales ou les problèmes rencontrés sur le terrain, à savoir la plateforme « Requête Médicaments ». Toutefois, cette plateforme ne serait actuellement pas pleinement fonctionnelle.
Le ministre de l’Industrie pharmaceutique s’est engagé à la réactiver et à la mettre à jour. Il devrait également adresser une correspondance au Haut Conseil du numérique pour la réactiver.
La réunion entre le ministère et le SNAPO intervient ainsi dans un contexte où la disponibilité régulière des médicaments reste un enjeu majeur pour les officines et, surtout, pour les patients.
Les engagements pris sur les autorisations d’importation, la distribution et le rétablissement des mécanismes de signalement devraient permettre d’améliorer la situation dans les prochaines semaines, si on se réfère aux déclarations du ministre et le président du Snapo.