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L’eau des égouts pour s’abreuver

Par Abdou BENABBOU3 min de lecture
L’eau des égouts pour s’abreuver
Résumé IA

L'Algérie, malgré ses investissements massifs dans le dessalement d'eau de mer, reste confrontée à un déficit hydrique structurel aggravé par son climat et des infrastructures vétustes remontant à l'époque romaine.

Le gouvernement a débloqué 23 milliards de dinars pour un programme d'urgence et envisage la création d'autoroutes hydrauliques pour assurer une distribution équitable entre toutes les wilayas.

La réussite de cette stratégie suppose toutefois un civisme accru et une lutte déterminée contre le gaspillage, sans quoi les efforts de l'État risquent d'être rendus caducs.

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Le Quotidien d'Oran

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Bien qu’il demeure indéniable que des mesures gigantesques ont été prises dans ce domaine pour que le pays soit dans une situation plus que satisfaisante, il ne peut échapper aux vicissitudes induites par son climat particulier caractérisé par un naturel déficit en eau.

L’Etat n’avait d’autres moyens que de recourir à semer des stations de dessalement de l’eau de mer pour irriguer population, terre et industrie. Des efforts soutenus et ininterrompus ont été réalisés à force de moyens et d’argent. Le défi du jour est de planifier une équitable alimentation en eau au bénéfice de toutes les régions et la gageure serait d’investir dès à présent sur des autoroutes hydrauliques pour desservir l’ensemble des wilayate.

Aujourd’hui, le problème posé par l’eau a pris une dimension mondiale et aucune contrée n’y échappe à telle enseigne qu’il s’est inscrit dans les calculs géostratégiques induisant jusqu’à l’éventualité de la disparition des nations fragiles. Une mode hier impensable mène certains pourtant bien outillés, par ailleurs, dorénavant à la récupération par stérilisation de la coulée des égouts pour s’abreuver.

Les Algériens n’en sont pas à ce stade. Pour parer aux urgences immédiates en s’éloignant de la simple politique de rafistolage, le gouvernement s’est engagé dans un autre effort dans un programme d’urgence en mettant 23 milliards de dinars à disposition du secteur. L’entame d’une prise sérieuse à bras-le-corps de la situation hydraulique nationale est une fois de plus dans le premier ordre des priorités.

L’œuvre au demeurant restera colossale quand l’ensemble des circuits de canalisation d’eau souterrains à travers l’ensemble du pays remontent à l’ère de Dacius. Ainsi, il ne suffira pas de s’arrêter dans la résilience habituelle et il sera utile de parfaire les efforts de l’Etat avec un civisme et un souci d’économie d’eau renforcés de la part de la population. Car le gaspillage de cette source vitale, parfois délibéré sinon inconscient, rendra caduc tout le labeur entamé.

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