Culture

Carnet de voyages : Mostaganem, intensément méditerranéenne

Par Kamel Benelkadi7 min de lecture
Carnet de voyages : Mostaganem, intensément méditerranéenne
Résumé IA

Mostaganem, deuxième ville côtière de l'ouest algérien après Oran, séduit par ses 124 kilomètres de littoral, ses 56 plages autorisées et un patrimoine historique mêlant influences berbères, andalouses et ottomanes.

La cité cultive une identité culturelle forte à travers le melhoun, le chaâbi popularisé par Cheikh Maazouz Bouadjadj, l'artisanat de la chedda mostaganémoise et un théâtre nourri de contes populaires et de sagesse soufie.

Sa gastronomie marie produits de la mer et spécialités du terroir comme les berkoukes ou le kaâk, tandis que la wilaya modernise ses infrastructures pour en faire un pôle touristique méditerranéen majeur attractif toute l'année.

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Mostaganem n’est pas une simple destination balnéaire. Elle est une terre de rencontres, façonnée par la mer, les civilisations et les hommes. Avec ses 124 kilomètres de littoral et ses 56 plages autorisées à la baignade, elle possède l’un des plus riches patrimoines côtiers d’Algérie.

Chaque plage raconte une histoire. Pour les habitants comme pour les visiteurs, elles représentent l’atout majeur de la cité. Les longues étendues de sable de Salamandre, les paysages sauvages du Cap Ivi, les eaux limpides de Stidia, les falaises de Sidi Mejdoub ou les criques discrètes du Petit Port composent une mosaïque de paysages où chacun trouve son coin de paradis. Mais réduire Mostaganem à ses plages serait passer à côté de son âme. Derrière l’horizon marin se cache une ville qui revendique fièrement son histoire. Les habitants aiment rappeler que «Mostaganem est histoire, culture, patrimoine et tourisme par excellence». Une affirmation qui prend tout son sens en parcourant les ruelles de Tobbana, un labyrinthe de mémoire, en admirant Dar El Kaïd, ancienne demeure emblématique qui date de l’époque ottomane, ou en visitant la Grande Mosquée El Badr, dont les pierres témoignent des siècles qui ont façonné la cité. Elle est la deuxième ville côtière de l’ouest du pays après Oran et demeure une destination idéale pour les petites escapades en week-end ou les longues échappées. Mostaganem attire chaque année beaucoup d’estivants en quête de fraîcheur et de villégiature.
La ville conserve l’empreinte des royaumes berbères, des influences andalouses, de la période ottomane et de l’époque moderne. Chaque quartier dévoile un fragment de cette mémoire, tandis que les places animées et les marchés perpétuent un art de vivre profondément méditerranéen. À quelques kilomètres seulement du centre-ville, le paysage change encore. Les forêts rejoignent les collines du Dahra, offrant des espaces propices à la randonnée, aux pique-niques et aux escapades familiales. Cette alliance rare entre mer, montagne et nature explique pourquoi Mostaganem attire des visiteurs tout au long de l›année. L›été appartient aux baigneurs, mais l›automne, l›hiver et le printemps révèlent une autre facette de la destination, plus paisible, plus authentique.

La passion du chaâbi… 

La découverte se poursuit dans les ateliers d’artisans. Les doigts des brodeuses donnent vie à la prestigieuse chedda mostaganémoise, symbole d’élégance lors des mariages. Le burnous traditionnel et la blouse mostaganémoise rappellent quant à eux un savoir-faire transmis de génération en génération, reflet d’une identité culturelle solidement ancrée. Mostaganem offre aussi un bouquet musical riche en qaçidate et en maddih puisés du patrimoine artistique local et national. Le doyen de la chanson chaâbie, Cheikh Maazouz Bouadjadj est connu pour son grand attachement aux qaçidate des grands cheikhs du chaâbi. Sa voix chaude et son style poétique ont fait de lui une figure emblématique de la musique chaâbie, transmettant avec authenticité les émotions et les récits du quotidien. Kholkhal Aouicha reste l’une de ses chansons les plus connues et les plus appréciées. La chanson reste très écoutée aujourd’hui, avec des centaines de milliers de vues sur les plateformes de partage. La ville est le foyer du melhoun, une poésie populaire portée par des figures historiques comme Sidi Lakhdar Benkhlouf, considéré comme le «prince des poètes» et moudjahid de la bataille de Mazaghran en 1558. Abdelkader Ould Abderrahmane dit Kaki est l’un des auteurs dramatiques les plus connus, il n’était pas un homme de théâtre enfermé dans un moule unique mais ouvert à plusieurs expériences. Son théâtre puise dans les contes populaires et les kacidates racontés par sa grand-mère et la sagesse soufie.

Gastronomie riche en saveurs

Puis vient le temps des saveurs. Mostaganem ouvre sa symphonie gustative sur les notes salées de la méditerranée. Sur les quais du port comme dans les restaurants familiaux, les produits de la mer occupent une place d’honneur. Sardines grillées, daurades, poulpes, crevettes et poissons fraîchement pêchés côtoient les spécialités du terroir : berkoukes, batata mâamer, couscous et pâtisseries traditionnelles comme le kaâk. Une cuisine généreuse, simple et sincère, à l’image de l’hospitalité mostaganémoise. Et comme toute symphonie qui se respecte, l’œuvre culinaire mostaganémoise s’achève sur une note sucrée, brillante et raffinée. La pâtisserie déploie ses trésors. La gastronomie fait partie intégrante de l’expérience du voyage vers une destination et Mostaganem la valorise et la met en exergue en permanence. Cette authenticité s’accompagne aujourd’hui d’une profonde transformation. La wilaya investit dans de nouvelles infrastructures touristiques, modernise son parc hôtelier, développe des espaces de loisirs et améliore les services destinés aux visiteurs. L’objectif est clair : faire de Mostaganem un pôle touristique majeur de la façade méditerranéenne, capable d’attirer aussi bien les familles que les voyageurs étrangers en quête d’expériences originales. Le port de Mostaganem, l’été, n’est pas qu’une infrastructure maritime : c’est le cœur battant d’une ville qui respire à travers les allées et venues des vacanciers. Lorsque le soleil disparaît derrière la ligne d’horizon, la corniche s’anime une dernière fois. Les enfants jouent sur le sable, les terrasses se remplissent, les pêcheurs préparent déjà la sortie du lendemain. La ville ralentit sans jamais s’endormir. Mostaganem ne se résume pas à une destination de vacances. Elle est une émotion, un art de vivre, une invitation permanente à ralentir pour écouter le murmure de la Méditerranée. Ici, chaque promenade raconte un chapitre d’histoire, chaque plage offre un nouveau paysage et chaque rencontre rappelle que le plus beau patrimoine d’une ville reste, avant tout, la chaleur de ses habitants. Mostaganem est de ces rares destinations que l’on quitte avec un appareil photo rempli de souvenirs… et le cœur déjà tourné vers le prochain voyage.

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