A quelques mois des élections locales : Les partis politiques révisent leurs cartes

Les partis politiques algériens entament la préparation des élections locales du dernier trimestre, la convocation du corps électoral étant attendue d'ici fin juillet.
Le RCD, le FFS, le MSP, El Bina, El Moustakbal et Ennahda ont déjà lancé l'analyse des législatives et structurent leurs candidatures via commissions et feuilles de route.
Le FLN et le RND diffèrent l'ouverture officielle du chantier jusqu'à la rentrée pour inventorier leurs structures et contenir les dissidences internes.
Tous cherchent à verrouiller la sélection des candidats pour éviter les exclusions et controverses qui ont marqué le scrutin du 2 juillet.
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Du bilan des législatives à la préparation des élections locales, plusieurs formations commencent à revoir leur organisation et à affiner leurs choix de candidatures. D’autant que, selon nos sources, la convocation officielle du corps électoral par la présidence de la République est attendue d’ici la fin du mois en cours.
Les élections législatives du 2 juillet à peine passées, les partis politiques se projettent déjà vers la prochaine échéance électorale. Chez plusieurs formations, l’heure est à l’évaluation des résultats, à l’identification des insuffisances du précédent scrutin et, surtout, à la préparation des élections locales prévues au cours du dernier trimestre de l’année. D’autant que, selon nos sources, la convocation officielle du corps électoral est attendue d’ici à la fin du mois, ce qui impose une accélération du calendrier partisan. Une démarche stratégique axée sur la sélection rigoureuse des candidats, la structuration des bureaux locaux et le renforcement de la présence sur le terrain. Au-delà de la simple réorganisation, la sélection des candidats constitue le cœur des préoccupations. Pour éviter les écueils des législatives, marqués par de nombreuses exclusions et des controverses sur certains profils, la majorité des partis adopte une démarche anticipée. L’objectif est clair. Il s’agit d’encadrer la sélection dès le départ, procéder à un examen scrupuleux des dossiers et garantir la validation explicite des noms par les directions politiques.
Ce filtrage offre aux candidats une couverture politique et organisationnelle solide, tout en préservant les appareils partisans des querelles et tensions internes. Le Rassemblement pour la culture et la démocratie figure parmi les formations les plus avancées.
A Boumerdès, son bureau régional a installé des commissions de candidatures chargées d’identifier les profils et de préparer la collecte des parrainages. A Tipasa, le parti a lancé un appel aux citoyens et compétences locales pour constituer ses listes aux APC et à l’APW, en ciblant directement les faiblesses de la gestion locale, à savoir les budgets non consommés et les projets à l’arrêt. De son côté, le Front des forces socialistes (FFS) a passé, la semaine écoulée, ses résultats au crible lors de la réunion de son secrétariat national présidée par son premier secrétaire national, Youcef Aouchiche, ainsi qu’au cours de rencontres fédérales à Tizi Ouzou.
Verrouillage des candidatures
Ce travail d’analyse politique et organisationnelle vise à adapter le travail du parti et à renforcer la préparation de ses structures. Le FFS prépare activement ses troupes pour l’échéance locale, tout en organisant la prochaine session ordinaire de son conseil national, prévue avant la fin du mois. Pour sa part, le Mouvement de la société pour la paix a tiré les enseignements des législatives à travers une grille d’évaluation recensant ses forces et ses faiblesses lors du dernier scrutin. Selon des cadres de cette formation, ce bilan a débouché sur un règlement particulier servant de plateforme méthodologique pour guider les choix du Mouvement en vue des locales. Le Mouvement El Bina a suivi une démarche similaire : après un premier bilan dressé par son conseil consultatif (Madjlis Echoura), la formation a mis à profit son université d’été en juillet pour passer de l’analyse des résultats à la préparation pratique du terrain. Parallèlement, le Front El Moustakbal et le Mouvement Ennahda ont également ouvert le dossier des locales en élaborant des feuilles de route préliminaires pour fixer leurs priorités organisationnelles. Cette effervescence d’anticipation n’est cependant pas générale.
Ainsi le Front de libération nationale (FLN) et le Rassemblement national démocratique (RND) ont fait le choix de différer l’ouverture officielle du chantier des locales. Malgré leurs résultats aux législatives du 2 juillet, ces deux partis d’appareil privilégient une méthode en deux temps, pour eux la période estivale est consacrée à un travail d’inventaire interne et à la collecte des rapports d’évaluation auprès des structures locales (kasmas, mouhafadhas et bureaux de wilaya). Ce calendrier calculé répond à plusieurs impératifs stratégiques. Par ailleurs, il s’agit d’analyser en profondeur les faiblesses du précédent scrutin, notamment la forte abstention et les rejets de candidatures par l’Autorité nationale indépendante des élections, afin d’adapter les futurs critères de sélection des candidats aux exigences de probité et de représentativité. En retardant le lancement formel des investitures pour les APC et APW jusqu’à la rentrée sociale, les directions du FLN et du RND, de l’avis de certains militants, cherchent à prévenir les rivalités internes et à contenir les dissidences locales avant la convocation officielle du corps électoral.
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