Cisjordanie occupée : L’ONU dénonce les entraves à l’accès humanitaire

L'ONU alerte sur l'aggravation de la crise humanitaire en Cisjordanie occupée et à Ghaza, où l'accès aux populations et aux terres agricoles est gravement entravé.
À Qusra, au sud de Naplouse, trois familles palestiniennes restent assiégées tandis que les équipes humanitaires et les agents municipaux font face à des attaques de colons et des restrictions imposées par les forces d'occupation.
Selon une évaluation FAO-Unosat de juin 2026, seuls 3 % des terres cultivables de Ghaza demeurent intactes et accessibles, la surface exploitable ayant chuté de 25,5 % en huit mois pour s'établir à 448 hectares.
Moins de 40 % des 4 milliards de dollars nécessaires à l'aide humanitaire ont été réunis, et la FAO prévient qu'un rétablissement de la production alimentaire locale devient de plus en plus compromis sans mesures urgentes.
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Le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, a indiqué que les équipes des Nations unies ne pouvaient toujours pas accéder pleinement aux familles palestiniennes assiégées dans le village de Qusra, au sud de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie occupée, après l’établissement de colonies de peuplement sionistes à proximité de leurs habitations et l’imposition de restrictions à la liberté de mouvement et d’accès.
Selon le Centre d’actualités de l’ONU, M. Dujarric a précisé qu’une équipe de l’Unicef avait acheminé sur place de l’eau, de la nourriture, des médicaments et des produits d’hygiène, ainsi que des kits de loisirs destinés aux enfants. Le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a indiqué que trois familles palestiniennes demeuraient assiégées dans le village, dans un contexte marqué par une forte présence des forces d’occupation et des colons. Dans ce contexte, M. Dujarric a également déclaré que des travailleurs humanitaires avaient fait état de graves obstacles rencontrés par les équipes municipales qui s’étaient mobilisées séparément pour réparer les réseaux d’eau et d’électricité endommagés au cours des dernières semaines, mais que ces efforts avaient finalement abouti. «Les agents municipaux ont été attaqués par des colons, tandis que certains d’entre eux ont été détenus par les forces de l’occupation», a-t-il ajouté.
De son côté, le vice-coordinateur spécial de l’ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, Ramiz Alakbarov, a souligné que les récents développements en Cisjordanie confirmaient l’«urgence de protéger les civils, de préserver les habitations et les biens, et de garantir l’accès aux services essentiels», insistant sur le fait que ce qui se passe dans le village de Qusra ne devait pas devenir la «nouvelle normalité».
Concernant la situation dans la bande de Ghaza, M. Dujarric a déclaré que les partenaires humanitaires restaient préoccupés par l’impact des frappes sionistes continues sur les civils. Il a, par ailleurs, indiqué que les partenaires humanitaires avaient confirmé que les préparatifs en prévision de la prochaine saison des pluies se heurtaient à un manque de financement ainsi qu’à d’autres obstacles, alors que ces préparatifs revêtent actuellement une importance cruciale. Il a précisé à ce propos que moins de 40% des 4 milliards de dollars nécessaires pour fournir une aide humanitaire à Ghaza et en Cisjordanie au cours de cette année avaient été réunis.
Agression sioniste contre Ghaza Seulement 3% des terres agricoles intactes et accessibles
Seuls 3% des terres cultivables de la bande de Ghaza restent intactes et accessibles aux agriculteurs, une situation critique due à l’agression sioniste, a mis en garde hier l’ONU. Selon une étude publiée par l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Centre satellitaire des Nations unies (Unosat), cette dégradation récente s’explique notamment par la restriction drastique des accès aux champs, matérialisée par le déplacement vers l’ouest de la «ligne jaune» séparant la zone de cessez-le-feu de la zone sous occupation sioniste. Selon cette nouvelle évaluation géospatiale basée sur des données recueillies fin juin 2026, la superficie agricole à la fois exploitable et non endommagée s’est effondrée, passant de 601 hectares en octobre 2025 à seulement 448 hectares fin juin 2026, soit une chute de 25,5% en huit mois. Sur l’ensemble de l’enclave palestinienne, 27% des terres agricoles demeurent physiquement accessibles, mais la quasi-totalité de cette surface subit de lourds dégâts nécessitant d’importants travaux de réhabilitation. Les serres sont également touchées : à peine 16,6% d’entre elles restent utilisables. La situation est particulièrement dramatique dans la région de Rafah (sud), où plus de 97% des terres cultivables sont désormais inaccessibles. «Sans mesures urgentes pour rétablir un accès sûr et fournir aux agriculteurs le soutien dont ils ont besoin, les possibilités de rétablir la production alimentaire locale continueront de s’amenuiser», a mis en garde dans un communiqué Rein Paulsen, qui dirige le bureau des situations d’urgence à la FAO, en s’inquiétant de ce «tableau alarmant». Outre l’impossibilité d’accéder à leurs parcelles, les exploitants et éleveurs ghazaouis font face à une pénurie aiguë d’engrais, de semences, de carburant et de nourriture pour le bétail, aggravée par les blocages aux frontières, note la FAO. Avant le début de l’agression sioniste en octobre 2023, le secteur agricole représentait près de 10% de l’économie ghazaouie et faisait vivre plus de 560 000 personnes. R. I.
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