Comprendre son cerveau et son corps
L'article propose une vision où le cerveau et le corps ne génèrent pas la conscience mais agissent comme des récepteurs traduisant une Conscience suprême universelle.
Le premier chapitre illustre ce mécanisme par l'audition : l'oreille transforme mécaniquement les ondes en signaux électriques que le cortex décode, à l'image d'un poste de radio captant une émission qui existe indépendamment de l'appareil.
Le second chapitre montre que cette intuition traverse l'histoire, de la caverne de Platon au dualisme de Descartes, en passant par l'unicité de Spinoza, le filtre bergsonien et la définition teslienne du cerveau comme simple récepteur.
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Le Quotidien d'Oran
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Lorsque vous résolvez un problème, vous dites : « Je réfléchis, je pense que je pourrais le résoudre ; ou s’il vous apparaît complexe, vous pouvez vous dire comment répondre ou vous tenterez sans être sûr de votre réponse ». Mais qui est ce « Je » qui s’attribue le mérite de diriger votre vie ?
La sciencemoderne nous a habitués à voir le corps humain comme une simple machine biologique complexe, une usine chimique où le cerveau serait le grand patron. Selon cette vision, vos yeux sont des caméras, vos oreilles des écouteurs, et votre cerveau un ordinateur central qui fabrique vos pensées à partir de signaux électriques. Pourtant, cette explication laisse un vide immense ; elle n’explique pas le sens magique de l’existence ; elle ne donne pas pourquoi on a le sentiment d’exister, d’être réellement vivant ; elle ne donne pas l’ « origine première de cette force bio, de cette formidable force qui nous anime. Cette force est en bien d’égard la condition de ce « être » en nous.
Et si nous raisonnons différemment et on se dit que la véritéest autre ? Et si l’être humain, loin d’être le créateur de sa propre pensée, n’en était que le récepteur ? Et si notre cerveau et notre corps n’étaient pas des générateurs de conscience, mais des outils magnifiques octroyés par une Conscience Suprême pour nous permettre d’exister dans le monde matériel ?
Pour comprendre notre corps et notre cerveau, il faut accepter de changer de regard ; il faut passer de la vision d’une machine biologique isolée à celle d’une antenne sacrée, connectée à une source universelle. C’est peut-être, en explorant cette réalité à travers l’anatomie, la philosophie, la physique et l’histoire des grands penseurs, que nous pourrons parvenir « à quelque chose de plus grand qui nous est cachée ».
CHAPITRE 1 : L’OREILLE ET LE CERVEAU, LES TRADUCTEURS DU MONDE
Pour illustrer le fonctionnement de notre être, prenons l’exemple de l’audition. C’est le point de départ d’une compréhension profonde de notre fonctionnement mécanique. Tentons de comprendre la mécanique de l’oreille.
L’oreille humaine est un chef-d’œuvre d’ingénierie biologique. Elle se divise en trois parties qui effectuent un travail de traduction purement mécanique. La première, c’est l’oreille externe, elle capte les vibrations invisibles de l’air ; ce sont les ondes sonores. La deuxième, c’est l’oreille moyenne ; grâce au tympan et aux trois plus petits os du corps humain (le marteau, l’enclume et l’étrier), ces vibrations sont amplifiées. La troisième, c’est l’oreille interne (la cochlée) ; elle transforme ces mouvements mécaniques en impulsions électriques.
À ce stade, l’oreille en fait n’a rien « entendu » au sens réel du terme ; elle a simplement transformé du mouvement en électricité ; transmettant ensuite ce signal électrique au nerf auditif.
Que se passe-t-il au cerveau ? S’opère le décodage cérébral ; en effet, le signal électrique arrive dans le cortex auditif du cerveau. Le cerveau analyse les fréquences, l’intensité et le rythme. C’est ici que la science s’arrête en disant : « Le cerveau a traduit le son, donc le cerveau entend ».
Mais une impulsion électrique reste une impulsion électrique. Comment de l’électricité circulant entre des cellules de chair se transforme-t-elle en réponse sonore dans mon cerveau ? Comment le cerveau fait-il le lien entre un signal et la signification profonde d’une parole ?
C’est ici que notre intuition prend tout son sens et nous dit que le cerveau ne produit pas la musique. Il fonctionne exactement comme un poste de radio. Les ondes radio circulent partout autour de nous, invisibles et inaudibles. Si vous allumez le poste de radio, ses composants électroniques captent l’onde et la traduisent en sons à travers le haut-parleur. C’est la métaphore de la radio.
Si vous cassez le haut-parleur ou si vous endommagez les circuits de la radio, la musique s’arrête ou devient inaudible. Pourtant, l’émission de radio, elle, continue d’exister dans l’air. Elle n’a pas disparu. De la même manière, le cerveau et notre corps traduisent les signaux de la pensée universelle. Si le cerveau est blessé, la traduction est altérée, mais la Conscience Suprême qui émet le signal reste intacte et infinie. De même, avec l’âge, le cerveau comme le corps biologique s’altèrent ; ils perdent une partie de leurs forces ; les yeux perdent de plus en plus leur acuité visuelle ; il en va de même pour l’audition ; le cerveau subit une altération qui monte, par exemple la mémoire, la baisse d’attention...
CHAPITRE 2 : QUAND LES GRANDS AUTEURS ILLUMINENT NOTRE COMPREHENSION
Cette idée que l’humain est dirigé par une Force supérieure ou que son esprit dépasse les frontières de son crâne n’est pas nouvelle. Les plus grands esprits de l’histoire humaine, de la philosophie antique à la physique quantique, ont partagé cette intuition.
Dans la Grèce antique, Platon affirmait déjà que notre monde matériel n’est qu’un reflet d’une réalité supérieure. Dans sa célèbre Allégorie de la Caverne, il explique que les humains sont comme des prisonniers enchaînés au fond d’une grotte. Ils tournent le dos à la lumière et ne voient que les ombres projetées sur le mur en face d’eux. Ils croient que ces ombres sont la seule réalité.
Pour Platon, nos corps sont ces chaînes, et notre cerveau ne fait que percevoir les « ombres » d’une Conscience ou d’un monde des Idées supérieur, éternel et parfait. L’être humain ne crée rien, il se « remémore » les vérités de la source universelle.
Au XVIIe siècle, René Descartes pose la célèbre question de la relation entre le corps et l’esprit. Dans ses Méditations métaphysiques, il sépare radicalement l’être humain en deux entités :
La res extensa (la substance étendue) : le corps physique, la matière, le cerveau, qui fonctionnent comme des machines soumises aux lois de la physique.
La res cogitans (la substance pensante) : l’esprit, l’âme, la pensée, qui est immatérielle et qui n’occupe pas d’espace physique.
Descartes cherchait désespérément le point de contact entre ces deux mondes, qu’il pensait avoir trouvé dans la glande pinéale au centre du cerveau. Il avait compris que le corps n’était que le véhicule terrestre d’une pensée divine supérieure.
Contemporain de Descartes, Baruch Spinoza va encore plus loin dans son ouvrage majeur, l’Éthique. Pour lui, il n’y a pas deux substances (le corps et l’esprit séparés), mais une seule et unique Substance infinie, qu’il appelle « Dieu ou la Nature » (Deus sive Natura).
Dans la vision spinoziste, la Conscience Suprême est le Tout. Le corps humain et la pensée humaine ne sont pas des entités indépendantes : ce sont des « modes », des expressions locales de cette Conscience Unique. Quand nous pensons, c’est la Conscience Suprême qui pense à travers nous, sous la forme d’un esprit humain.
Au début du XXe siècle, le philosophe français Henri Bergson, dans son livre Matière et mémoire, formule une théorie extrêmement proche de la métaphore de la radio. Pour lui, la conscience humaine est infinie et déborde largement le cadre du cerveau.
Le rôle du cerveau n’est pas de créer la pensée, il agit en interface entre l’être et la Pensée supérieure qui lui secrète sa pensée. En clair, il reçoit la « pensée de la Pensée », et une pensée propre à chaque être humain. La Conscience universelle contient toutes les pensées au sein desquelles toutes les mémoires, toutes les possibilités humaines. Si nous recevions tout en même temps, nous deviendrions fous.
Le cerveau agit donc comme un entonnoir, un filtre biologique qui ne laisse passer que les pensées qui assurent notre existence, tant dans notre survie immédiate et à l’action de notre corps que dans nos projections dans l’existence.
Nikola Tesla et le récepteur universel. L’un des plus grands inventeurs de l’histoire, Nikola Tesla, n’était pas seulement un ingénieur, c’était un mystique de la science. Il a écrit cette phrase célèbre qui résume parfaitement cette vision :« Mon cerveau n’est qu’un récepteur, dans l’Univers il y a un cœur duquel nous obtenons la connaissance, la force et l’inspiration. Je n’ai pas pénétré les secrets de ce cœur, mais je sais qu’il existe. »
Tesla avait conscience que ses inventions et ses éclairs de génie ne venaient pas de son propre ego, mais d’une connexion avec un réservoir de pensée externe et universel.
CHAPITRE 3 : LA PENSÉE EST À LA FOIS INTERNE ET EXTERNE
Dire que la pensée est à la fois interne et externe bouscule la logique classique, mais s’aligne parfaitement avec les concepts spirituels orientaux et la physique moderne.
Dans la philosophie hindoue des Upanishads, la réalité est expliquée par deux concepts fondamentaux. D’abord le Brahman : La Conscience Suprême, impersonnelle, infinie, externe, qui soutient et englobe tout l’univers. Ensuite l’Atman : L’âme individuelle, la conscience interne divine logée au cœur de chaque être vivant.
Le grand secret de cette philosophie est résumé par la formule sacrée Tat Tvam Asi («Tu es Cela»). L’Atman et le Brahman sont une seule et même chose. La pensée interne de l’humain n’est qu’une goutte d’eau provenant de l’océan interne et externe infinie de la Conscience Suprême. L’illusion de la séparation vient du fait que la goutte d’eau est temporairement contenue dans le vase du corps physique.
Plus proche de nous, le biologiste contemporain Rupert Sheldrake a développé la théorie des champs morphogénétiques. Selon lui, la mémoire et les comportements des espèces ne sont pas stockés dans l’ADN, mais dans des champs d’énergie externes, invisibles, partagés par tous les membres d’une même espèce.
Lorsqu’un animal apprend un nouveau comportement, ce comportement modifie le champ externe, permettant aux autres animaux de la même espèce de l’apprendre plus vite, même à l’autre bout de la planète. Appliqué à l’humain, cela signifie que notre pensée baigne dans un réservoir collectif qui est à la fois interne et externe, auquel notre cerveau se connecte en permanence.
CHAPITRE 4 : L’ILLUSION DE L’EGO ET LA DIRECTION SUPRÊME
« L’être humain croit qu’il pense, qu’il entend, tout le travail se fait par la pensée dont l’humain n’en sait rien sinon qu’il pense. » Cette phrase contient une vérité psychologique et spirituelle profonde : l’illusion du contrôle humain.
C’est le piège de l’ego. L’ego est cette petite voix dans notre tête qui dit : « C’est mon corps, c’est ma décision, c’est mon idée ». L’ego s’approprie le travail silencieux de la Conscience Suprême parce que cela est voulu, décrété ; tout relève de la Conscience suprême.
Les neurosciences modernes elles-mêmes commencent à valider cette idée d’illusion. Des expériences (comme celles de Benjamin Libet dans les années 1980) ont montré que lorsque nous décidons de lever le bras, le cerveau envoie le signal électrique de mouvement avant que nous ayons conscience d’avoir pris la décision. Le travail préparatoire est inconscient, invisible. L’être humain ne fait que constater la pensée une fois qu’elle émerge dans son cerveau.
Si nous sommes dirigés par une Conscience Suprême qui nous octroie un corps et une pensée, notre rôle sur Terre change radicalement. Nous ne sommes plus des créateurs isolés en compétition les uns avec les autres, mais des expressions variées d’un même projet divin.
Cette vision offre trois approches fondamentales pour mener notre vie. La libération du fardeau : Si vous n’êtes pas le créateur absolu de votre vie, vous n’avez plus à porter le poids d’une responsabilité écrasante. Les échecs et les réussites appartiennent au grand flux de la Conscience Suprême. L’anxiété diminue pour laisser place à la confiance.
La seconde : Votre corps et votre cerveau ne sont plus de simples objets jetables ou des sources de complexes, ils deviennent des outils sacrés, des temples biologiques prêtés par la source pour vous permettre d’expérimenter le monde physique : toucher, voir, aimer, ressentir le bien et le mal.
La troisième : Puisque nous recevons tous notre pensée et notre vie de la même Conscience Suprême, la séparation entre « moi » et « les autres » s’effondre. Blesser un autre être humain, c’est endommager un autre récepteur de la même source. Nous faisons tous partie d’un même corps spirituel.
CONCLUSION : REVENIR À LA SOURCE
Comprendre son cerveau et son corps, c’est réaliser qu’ils sont les serviteurs d’une dimension bien plus grande que la simple matière. L’oreille capte l’onde, le cerveau la filtre et la traduit, mais c’est la pensée pure, universelle et suprême, qui donne le sens et la vie.
L’être humain n’est pas une créature biologique qui a, de temps en temps, des expériences spirituelles. L’être humain est une partie de la Conscience Suprême interne et externe, un Tout qui, à travers l’être, par le corps et le cerveau qui lui sont octroyés, « fait » cette humanité terrestre, lui « donne » sens et existence dans l’univers et pour l’univers.
En acceptant cette vérité simple, on cesse de se battre contre le courant de l’existence. On est ce qu’on est, on est ce que l’on est, on n’a pas choisi d’être. Nous devenons si nous nous observons des observateurs conscients, émerveillés par le miracle de la vie mais pouvant aussi souffrir par le miracle de la vie - le paradoxe du miracle de la vie.
Reconnaissant pour le corps et la pensée qui nous ont été octroyés,nous sommes pleinement alignés avec la Force invisible qui dirige l’univers avec sagesse et harmonie. Et c’est pourquoi nous sommes et sommes devenus ce que nous sommes aujourd’hui et ce que nous deviendrons demain.
*Chercheur