Direction collégiale, réorganisation territoriale, commandement unifié…: Comment le Congrès de la Soummam a structuré la Révolution

Le Congrès de la Soummam du 20 août 1956 a constitué un tournant décisif en dotant la Révolution algérienne d'une direction collégiale et d'un commandement unifié après 21 mois de lutte fragmentée.
Avant ce conclave, les six zones militaires fonctionnaient de manière empirique et cloisonnée, sans stratégie commune ni coordination effective entre les unités de l'ALN.
Le congrès a réorganisé le territoire en six wilayas, établi une chaîne de commandement moderne et produit un texte politique fondateur qui conserve toute sa pertinence 70 ans plus tard.
L'ALN est ainsi passée de moins de 1 000 combattants mal armés en 1954 à une armée nationale structurée de plusieurs dizaines de milliers d'hommes au cessez-le-feu de 1962.
Publié par
El Watan
Publié le
Article Original
Contenu complet de la source
Le Congrès du 20 août 1956, dont nous commémorons cette année le 70e anniversaire, a constitué un tournant dans l’histoire du mouvement de libération. C’est la première fois depuis le 1er Novembre 1954 que les dirigeants de la Révolution se réunissaient pour faire le point sur les 21 mois de lutte qui ont précédé, et arrêter une stratégie commune pour la suite de la guerre. A la faveur de ce conclave, la Révolution se dotait d’une direction collégiale et d’une chaîne de commandement digne d’une armée moderne, assurant une coordination entre des unités de l’ALN qui étaient jusque-là cloisonnées et fragmentées.
Force est de le constater : malgré les désaccords et les frictions que ses résolutions ont suscitées, et en dépit de l’absence des représentants de la Zone I (Aurès-Nememchas), de la délégation extérieure et de la Fédération de France du FLN à Ifri, il y a indéniablement un effet «avant/après» 20 août 1956 dans l’histoire de la Révolution. Cette date constitue, de fait, un tournant dans le combat pour l’indépendance. D’abord parce que c’est la première fois depuis le début de la lutte armée que le leadership FLN/ALN se réunissait. C’est la première fois effectivement qu’un aussi grand nombre de cadres, politiques et militaires, dont un aréopage de figures nationalistes de premier plan parmi lesquelles deux des Six historiques (Larbi Ben M’hidi et Krim Belkacem), se rencontraient pour faire le bilan de leur action, 21 mois après le déclenchement de l’insurrection. Il convient de rappeler qu’il était prévu au départ qu’une réunion de l’état-major de la Révolution se tienne en janvier 1955 pour faire le point, mais la répression coloniale n’a pas permis cette réunion-bilan.
Il fallut donc attendre le 20 août 1956 pour dresser un état des lieux, évaluer les forces en présence à l’échelle nationale, examiner la situation dans les maquis et arrêter une stratégie commune en prévision des étapes à venir. Le Congrès de la Soummam a mis en place une véritable architecture politico-militaire, avec, à la clé, une direction collégiale et une chaîne de commandement digne d’une armée moderne.
Même s’il était établi, dès le commencement de la guerre de Libération, que le FLN et l’ALN étaient les représentants exclusifs du peuple algérien vis-à-vis, aussi bien du pouvoir colonial que des institutions internationales, avec ce congrès, la Révolution se dotait d’organes de direction clairement définis, assurant une coordination entre des unités de l’ALN qui manquaient de liant entre elles, et qui étaient jusque-là cloisonnées et fragmentées.
A la faveur de ce moment d’introspection, la Révolution se donnait ainsi de l’air en transformant, qui plus est, l’espérance impétueuse née du mouvement de libération en un énoncé vigoureux ; un grand dessein pour le futur, avec un projet et une vision, à travers son texte politique qui reste d’une actualité ardente, et qui garde 70 ans après son élaboration une résonance vive.
«De 1954 à 1956 l’empirisme prévaut»
Analysant la conduite de la guerre durant les premiers mois ayant suivi le déclenchement de la lutte armée, Mohammed Harbi pointe un manque flagrant de connexion entre les différents appareils du FLN-ALN. «De novembre 1954 à août 1956, l’empirisme prévaut», résume-t-il dans son ouvrage Le FLN, mirage et réalité (1). «Le FLN-ALN, écrit-il, se présente comme une constellation d’appareils fonctionnels décentralisés agissant sans référence à une stratégie commune.» Il cite à l’appui cette réflexion de Lakhdar Bentobal : «Il était possible d’avoir six politiques différentes, six stratégies différentes et aussi six peuples différents, comme il existait six wilayas différentes.» L’éminent historien qui nous a quittés le 1er janvier 2026 poursuit son diagnostic en relevant : «Les dissonances ne manquent pas et portent sur les prérogatives, les alliances extérieures et les buts de guerre. Faute de ligne claire, on se rabat sur les contacts épistolaires et l’envoi d’émissaires pour maintenir un minimum de concertation, car les frictions se multiplient. Cette méthode n’était pas sans danger. En mars 1955, Bitat est arrêté à la faveur d’un rendez-vous avec ‘‘Djouden’’ qui prétendait lui remettre un message de la délégation extérieure. En juin 1955, Yacef Saâdi est arrêté après une rencontre avec Boudiaf en Suisse. La nécessité d’agir condamne chaque dirigeant à prendre des initiatives sans en référer aux autres. Et chaque initiative pose le problème de l’orientation générale de la Révolution. L’insurrection du 20 août 1955 dans le Nord-Constantinois est jugée inopportune à Alger. Ben Bella n’approuve pas les déclarations d’Ouamrane à France-Observateur sur une solution par étapes de la question nationale. Dans le Nord-Constantinois, Zighoud estime que c’est à lui de mettre en place les structures locales de l’UGTA et qu’Alger empiète sur ses prérogatives. En France, la Fédération du FLN fait face en 1956 à une crise interne provoquée par un groupe qui se réclame du patronage de Krim et de Ouamrane et accuse la Fédération d’être aux ordres du Caire. En Kabylie, Krim prête à Boudiaf et Ben Bella l’intention de ne vouloir ravitailler en armes que les zones limitrophes de la Tunisie et du Maroc, plus aisément contrôlées de l’extérieur.» (2)
Un millier d’hommes au déclenchement de l’insurrection
Dans son ouvrage, De l’ALN à l’ANP. La construction de l’armée algérienne, 1954-1991, l’historienne Saphia Arezki indique : «Lorsqu’au 1er novembre 1954, la guerre est déclenchée, ce sont moins de 1 000 hommes qui prennent les armes.»(3) Elle ajoute que les premiers maquisards de l’ALN disposent d’un armement rudimentaire, «à peine quelques centaines» d’armes. «Sept ans et demi plus tard, lors du cessez-le-feu, plus de 20 000 combattants stationnent à la frontière tunisienne et environ 10 000 du côté marocain, constituant l’armée des frontières», affirme l’autrice. Dressant une radioscopie rigoureuse de l’évolution de l’ALN, Saphia Arezki décrit une armée qui «tout au long de la guerre» se développe comme «une force militaire organisée» qui est «progressivement pensée, créée et structurée». «D’une armée qui n’en a que le nom, composée de combattants souvent illettrés, on passe en moins de huit ans, dit-elle, à une véritable armée nationale, même si elle est encore en devenir, et déjà plus puissante que sa voisine tunisienne.»
Entre novembre 1954 et août 1956, l’ALN est structurée en cinq «zones». C’est après le découpage territorial arrêté lors du Congrès de la Soummam que ces zones changent de nom et deviennent des «wilayas». Le découpage initial comprend la Zone I (Aurès-Nememchas), dirigée par Mostefa Ben Boulaïd ; la Zone II (Nord-Constantinois), dirigée par Didouche Mourad ; la Zone III (Kabylie), avec, à sa tête, Krim Belkacem ; la Zone IV (Algérois et Mitidja), confiée à Rabah Bitat ; et enfin la Zone V (Oranie) est placée sous le commandement de Larbi Ben M’hidi. Le premier noyau de l’ALN, constitué comme nous l’avons signalé d’un millier de combattants, est géographiquement réparti de façon inégale. «Ils sont regroupés essentiellement dans l’Est, près de la moitié se trouve dans les Aurès et 200 à 300 en Kabylie», détaille Saphia Arezki(4). Et l’historienne de faire remarquer : «Depuis novembre 1954, les combattants sont isolés et leurs actions peu coordonnées. Les premières années de la guerre sont marquées par l’empirisme et un grand manque d’organisation.» «Cette situation s’explique, révèle Saphia Arezki, par les conditions de déclenchement de l’insurrection. La guerre est déclenchée avant que la préparation militaire et logistique ne soit achevée, à l’initiative d’un groupe d’activistes né de la scission du MTLD quelques mois auparavant et héritiers de l’Organisation spéciale (OS), son bras armé, créé en 1947.»(5) La chercheuse attire également l’attention sur le fait que «le contexte international joue un rôle non négligeable dans cette précipitation». «Le règlement de la question indochinoise et l’avancée des négociations entre la France et les deux voisins maghrébins de l’Algérie au sujet de leur indépendance incitent les activistes à se lancer dans la confrontation avec la puissance coloniale, de peur que celle-ci ne concentre l’ensemble de ses forces militaires sur le territoire algérien, diminuant ainsi les possibilités de succès.»(6)
«Déclencher d’abord, organiser ensuite»
Lakhdar Bentobal qui fut adjoint de Zighoud Youcef à la tête de la Zone II avant de prendre le commandement du Nord-Constantinois à la mort de Zighoud en chahid, explique selon des propos rapportés par l’historienne, et qui sont tirés d’une intervention faite en 1960 lors d’une conférence des cadres du FLN à Tunis : «La seule issue possible qui s’offrait au peuple algérien était de précipiter le déclenchement armé de la Révolution sans attendre une étude minutieuse et précise à suivre, sans attendre l’élaboration complète d’un programme d’action et d’une coordination à tous les échelons. Deux solutions s’offraient au “Groupe des 22” : organiser d’abord et déclencher ensuite ou déclencher d’abord et organiser ensuite. Nous étions obligés de choisir la deuxième option.»(7)
Saphia Arezki note par ailleurs que «les forces combattantes sont décentralisées en raison de l’étendue du territoire algérien qui ne permet pas à un organisme unique et centralisé de mener la lutte». En ces premiers mois de maquis, l’enjeu est de tenir face à des forces coloniales considérablement mieux équipées, et en armement, et en effectif. «Dans les premières années du conflit, l’une des problématiques des chefs de zone est d’accroître le nombre de leurs combattants et de mobiliser la population», dit Saphia Arezki. C’est ainsi que le chef du Nord-Constantinois, Zighoud Youcef, va mettre en place «une stratégie destinée à rallier définitivement la population au combat nationaliste. Le 20 août 1955, il lance à travers toute sa région des attaques coordonnées à la tête desquelles se trouvent bien souvent des civils en armes (…). Cependant, en 1955, l’ALN est toujours dispersée et peu organisée à l’échelle nationale.»(8) «Chacun dispose de ses hommes et de son territoire où il peut “construi[re] de 1954 à 1956 des appareils militarisés”», relève encore la chercheuse en citant Harbi. L’autrice continue : «Finalement, il faut attendre la première réunion d’ampleur nationale pour voir apparaître une première tentative de structuration et de coordination de ces forces armées ainsi qu’une certaine centralisation. Le 20 août 1956 se déroule le Congrès de la Soummam en Kabylie. Il réunit les dirigeants des zones II à V. Les membres de la délégation extérieure, de l’Aurès (notamment en raison des crises de succession qui la traversent) et du Sud sont absents.»(9)
Un congrès important dans le Constantinois
Dans son ouvrage, Lakhdar Bentobal. Mémoires de l’intérieur (éd. Chihab, 2021), Daho Djerbal a recueilli un témoignage capital d’un dirigeant de tout premier ordre qui a occupé de hautes responsabilités à la fois politiques et militaires. Parmi les nombreux enseignements de cet ouvrage, Lakhdar Bentobal, de son nom de guerre Si Abdellah, dit également Si Slimane, insiste beaucoup sur le cloisonnement dans lequel se trouvaient les Zones de l’ALN durant pratiquement toute la première année qui a suivi le 1er Novembre 1954. Son témoignage nous apprend que l’offensive du Nord-Constantinois du 20 Août 1955, tout en desserrant l’étau sur les Aurès où les moudjahidine étaient asphyxiés par le déploiement massif des troupes françaises dans la région, a permis de briser l’isolement de la Zone II. «Toujours à l’actif du 20 août, il faut noter la fin de l’isolement de la wilaya. En effet, jusqu’à cette date, bien que nous nous soyons fixés comme but à atteindre l’établissement d’un contact avec les autres Zones, nous ne savions pas par quel moyen y arriver», assure l’ancien membre du CCE. Et de marteler : «L’isolement a été total du 1er novembre 1954 au 1er novembre 1955.»(10)
Bentobal évoque un grand congrès qui s’est tenu à l’échelle de la Zone II en novembre 1955, qui a duré sept jours, et qui a réuni 150 hommes. D’après Si Abdellah, le choix du timing était une manière de marquer le premier anniversaire de l’insurrection. Cette réunion d’envergure à l’échelle du Constantinois s’imposait, dit-il, après que les hommes de Zighoud Youcef eurent enchaîné une série d’opérations spectaculaires dont celles du 1er et du 8 mai 1955, avant d’aboutir au soulèvement du 20 août 1955 qui a eu des répercussions éclatantes et a permis de renforcer définitivement le lien entre les combattants de l’ALN et la population. «C’était tout à fait vrai, il y avait un moral épatant au sein du peuple, un moral qui n’avait jamais été aussi haut. On en était arrivés à passer à cheval en plein jour dans les douars. Les postes militaires avaient disparu des montagnes et, depuis la mer chez les Beni Ferguène jusqu’à Grarem, plus un seul soldat français n’était visible. Nous étions pratiquement dans une zone libérée qui s’étendait sur une grande partie des terres. C’est alors que nous avons décidé de réunir un congrès de wilaya pour fêter le 1er anniversaire du déclenchement de la Révolution. D’un autre côté, il était devenu nécessaire de faire un premier bilan et surtout d’évaluer les buts atteints le 20 août par rapport aux objectifs que nous nous étions assignés», argue Lakhdar Bentobal(11). Le compagnon d’armes de Zighoud est formel : «Ce congrès a été très important sous tous ses aspects. Il a réuni pour la première fois toutes les structures de la Zone II, tous les éléments de l’organisation et tous les comités de secteur, de région, et de zone. Il y avait là près de 150 cadres qui étaient venus de tous les coins du Constantinois. Au total, le rassemblement dura sept jours car tout le monde n’était pas arrivé en même temps. Le congrès proprement dit dura trois jours pendant lesquels chacun parla des résultats obtenus, des pertes subies par les djounoud et par le peuple, et de la situation du point de vue des armes.»(12) L’ancien ministre de l’Intérieur du GPRA insiste : «Cela a été une réussite totale. C’était d’abord le premier congrès d’une telle importance qui se soit tenu depuis le début de la Révolution. C’était aussi le couronnement d’une série d’actions d’un genre tout à fait exceptionnel qui n’avaient eu d’équivalent nulle part ailleurs en Algérie.»(13)
Premier contact entre Abane Ramdane et la Zone II
Dans son récit, Lakhdar Bentobal est revenu sur les contacts préliminaires qui se sont établis avec Alger dans la foulée de ce congrès de la Zone II. Ces contacts tardifs renseignent sur la difficulté de mettre en place une coordination entre les zones de l’ALN du fait de l’accroissement des forces coloniales appelées en renfort et du manque de moyens de liaison. «Alors que le congrès de la Zone II tirait à sa fin, nous reçûmes deux émissaires de la capitale. Brahim Mezhoudi et Amara Rachid étaient arrivés pour établir le contact avec le Nord-Constantinois » relate le successeur de Zighoud Youcef à la direction de la Wilaya II historique, avant de lancer : «C’était la première relation depuis le déclenchement de la Révolution.»(14) «Nous étions très contents car désormais la Zone II n’allait plus être isolée et n’allait plus être obligée de mener une politique à caractère local», appuie-t-il. «Jusqu’à ce jour, nous avions peur de faire des publications qui auraient présenté un aspect contradictoire avec celles des autres Zones. Nous ne voulions pas qu’il paraisse aux yeux de l’opinion une absence de politique uniforme de la résistance à travers tout le pays», confie le dirigeant nationaliste(15).
Bentobal précise que jusqu’à cette entrevue avec les messagers de Abane, ils ne connaissaient guère ce dernier : «Mezhoudi et Amara avaient été envoyés par un certain Abane Ramdane que nous n’avions jamais connu auparavant. En effet, jusqu’à ce jour, nous vivions dans un cloisonnement total, tant horizontal que vertical. Quand Abane est sorti de prison, il est allé directement chez lui en Kabylie. Krim l’a alors appelé et fait venir à Alger. Il l’y a rencontré avec Bitat. Depuis, sa mission a toujours été menée à partir d’Alger et il ne s’occupait que de la capitale. En ce temps-là, il était appelé à aider Bitat (responsable de l’Algérois au sein du Comité des 6) et son rôle était de joindre les autres Zones. (…) De notre côté, ce fut Mahfoud Bennoune qui fut chargé de nos relations avec Abane. À travers lui et par le canal d’Alger, nous pouvions atteindre non seulement les autres Zones mais aussi l’extérieur.»(16) Ce premier contact décisif près d’un an avant le Congrès de la Soummam est ainsi empreint de méfiance. Les deux émissaires «donnaient plutôt l’impression de nous solliciter afin de nous amener à recevoir les instructions d’Alger», subodore Si Abdellah. «Cela fait une année qu’on est dans la Révolution, leur avons-nous répondu ; cela fait une année que nous travaillons seuls sans avoir reçu aucune instruction, aucune orientation, aucune arme, mais nous remercions Dieu qu’un contact soit établi», se réjouit-il. Aux deux émissaires, poursuit Lakhdar Bentobal, «Zighoud remit une lettre où nous disions aux responsables d’Alger qu’ils devaient réfléchir à une rencontre à l’échelle nationale, une rencontre où nous ferions le bilan de la Révolution et le stade qu’elle avait atteint. Il est devenu nécessaire disions-nous de savoir où nous allons.»(17)
Rencontre entre Saâd Dahlab et Zighoud Youcef
Dans un autre passage de ses Mémoires, Bentobal fait état de l’envoi d’un autre émissaire en la personne de Saâd Dahlab discuter avec les responsables de la Zone II. Cette deuxième prise de contact initiée par Abane Ramdane intervenait quelques mois après la visite de Amara Rachid et Brahim Mezhoudi. «La venue de Dahlab constituait un évènement d’importance dans un contexte qui n’était plus celui de novembre 1955 quand les premiers émissaires d’Abane étaient venus», dit Bentobal. «Il fallait que les choses soient mises au clair», souligne-t-il avant de rappeler les propos qu’avait adressés Zighoud Youcef à Saâd Dahlab. «Tu es le bienvenu, lui avait dit Zighoud, mais nous ne pouvons nous entendre sur aucune opération commune et nous ne pouvons prendre aucun engagement avant que ne se tienne une réunion de l’ensemble des responsables de l’Algérie. Nous poserons alors nos problèmes et nous donnerons notre position. D’ici là, je ne tiendrai compte d’aucune direction qui se placerait à la tête de la Révolution. Nous maintiendrons le contact pour ne pas avoir de positions politiques divergentes, mais nous ne considérerons pas qu’il existe une direction à Alger.»(18) Si Abdellah répète : «Zighoud avait insisté sur la nécessité d’une rencontre à l’échelle nationale, qu’on l’appelât congrès ou conférence, peu importait pour lui ; il fallait que les responsables de toutes les wilayas se rencontrent et décident de l’avenir de l’Algérie. Puisque le “Comité des six” n’existait plus de fait, ce n’était à son sens qu’après la tenue d’une réunion à l’échelle nationale qu’une direction de la Révolution pouvait être dégagée. Avant la tenue d’une telle réunion, il considérait que nous n’avions aucune instruction à recevoir ni aucune coordination de fait à accepter. Dahlab a dit qu’il transmettrait. Quelque temps plus tard, nous reçûmes par Mahfoud Bennoune, notre chargé des contacts, une réponse dans laquelle Abane acceptait le principe d’une rencontre.»(19)
A propos de cette rencontre nationale des chefs de l’insurrection dont l’urgence se faisait sentir, Mohammed Harbi dira : «Les contradictions intérieures qui ne cessent de s’accumuler font avancer l’idée d’un congrès pour remédier aux déficiences originelles du FLN et prouver à ses détracteurs que “la Révolution algérienne n’est pas une révolte de caractère anarchique, localisée, sans coordination, sans direction politique, vouée à l’échec” (ce passage repris par Harbi est extrait de la plateforme du Congrès de la Soummam, ndlr).»(20) «Dès mars 1956, les préparatifs du congrès de la Soummam prennent une tournure concrète. Saad Dahlab est envoyé par Abane en émissaire dans le Nord-Constantinois pour s’entretenir avec Youcef Zighoud», indique Harbi(21). Le chef de la Zone II, soutient-il, «ne soulève pas de problèmes politiques. Ce qui l’intéresse, c’est la solution du problème de l’approvisionnement en armes, le découpage territorial, la définition des responsabilités de chacun et l’unification du commandement militaire». «Pour sa part, la délégation extérieure envoie à Alger un rapport politique rédigé par Aït Ahmed et Yazid et propose sur le plan organisationnel une direction de 12 membres, à savoir les six chefs de zone et les six membres de la délégation extérieure», ajoute Harbi.
Les présents et les absents au Congrès
Après des péripéties rocambolesques, le congrès se tient enfin. Ali Guenoun en résume le déroulement en expliquant : «Cette réunion nationale, qui s’est tenue dans la région d’Ifri Ouzellaguen (rive gauche de la Soummam) en Zone III (Kabylie) à partir du 20 août 1956, a rassemblé pour la première fois, depuis le déclenchement du 1er Novembre 1954, les dirigeants de quatre zones sur cinq de l’intérieur qui souffraient d’un manque flagrant de coordination avec tous les dangers, dont l’anarchie, que cette situation pouvait engendrer sur la bonne marche de la lutte pour l’indépendance. Seule la Zone I (Aurès-Nememchas), embourbée dans des problèmes de succession après la mort de Mostefa Ben Boulaïd, et les représentants du FLN à l’extérieur n’ont pas pris part aux travaux de ce congrès » (interview accordée à El Watan, 20 août 2016). «Autour de la tête pensante Ramdane Abane, que des archives montrent au centre du commandement du FLN, étaient présents : Youcef Zighoud et ses adjoints Lakhdar Bentobal, Benmostefa Benaouda, Ali Kafi, Brahim Mezhoudi et Hocine Rouibah pour la Zone II (Nord-Constantinois) ; Belkacem Krim et ses adjoints Saïd Mohammedi, Amirouche Aït Hamouda et Kaci Hamaï pour la Zone III (Kabylie) ; Amar Ouamrane et ses adjoints Slimane Dehilès, Si M’hammed (M’hammed Bougara, ndlr), et Ali Mellah (Si Cherif) pour la Zone IV (Algérois) et Larbi Ben M’hidi (président du congrès) pour la Zone V (Oranie) qui a préféré laisser Abdelhafid Boussouf, son adjoint, s’occuper sur place des affaires de sa zone», détaille l’historien. Ali Guenoun précise que «les décisions du congrès, préparées à l’avance par Abane et ses proches collaborateurs (dont Amar Ouzegane), entérinées par les autres dirigeants présents, ont porté sur les buts de la lutte et les conditions du cessez-le-feu, l’organisation du FLN/ALN à l’échelle nationale et les règles de son fonctionnement.»(22)
Lors du conclave, les dirigeants de la Révolution ont pu prendre la mesure des forces réelles engagées dans la bataille sur le plan militaire. C’est la première fois qu’un tel bilan était dressé de façon aussi minutieuse. Dans son livre, «Le FLN, mirage et réalité, et au chapitre 12 intitulé «Le premier visage du FLN (1954-1956)», on trouve une section sous le titre : «Les forces matérielles de la Révolution» où Mohammed Harbi revient sur l’évaluation faite par les congressistes de la Soummam des moyens humains et militaires dont dispose le mouvement de libération. Il note que «le premier point de l’ordre du jour a trait à l’objet de la réunion : il faut en finir avec l’ère des improvisations et se donner un programme et des structures». Les congressistes ont d’emblée passé en revue les «comptes rendus des chefs de région sur la situation politique et matérielle du FLN-ALN». «Les exposés sur l’état des effectifs et les moyens en armes et en finances nous donnent une idée assez précise des forces de la Révolution algérienne après vingt et un mois de lutte», observe Harbi(23).
7469 djounoud et 15 570 moussebiline en 1956
Dans le procès-verbal du Congrès de la Soummam ont été fidèlement reproduites les données fournies par chaque chef de Zone de l’ALN, consignant le nombre de militants FLN, le nombre de combattants au déclenchement de la lutte armée en 1954, ainsi que le nombre de moudjahidine, de moussebiline et d’armes disponibles à la veille du congrès. Pour l’Algérois (Zone 4), Ouamrane a indiqué, selon le procès-verbal, que «l’effectif actuel» (1956) est de 1000 moudjahidine et 2000 moussebiline contre 50 moudjahidine le 1er novembre 1954, ajoutant que le nombre de militants FLN dans l’Algérois est de 40 000. Pour la Zone 3 (Kabylie), dont le rapport a été présenté par Krim Belkacem, 450 moudjahidine ont pris part au déclenchement de la lutte armée le 1er novembre 1954. En 1956, l’ALN dispose dans les maquis kabyles de 3100 moudjahidine et 7470 moussebiline. Krim Belkacem a fait savoir en outre que la région de Kabylie comptait 87 044 militants FLN jusqu’en 1956. Pour sa part, Larbi Ben M’hidi a fourni un état des effectifs dans la région qu’il représentait, à savoir l’Oranie (Zone V). 60 moudjahidine ont participé au déclenchement de la lutte armée dans la région, a-t-il déclaré. Ben M’hidi a signalé dans la foulée qu’une cinquantaine d’entre eux «durent être arrêtés ou tués». Il a ajouté que l’effectif à l’ouest du pays a grimpé à 500 moudjahidine et 500 moussebiline au 1er octobre 1955, soit un an après le début de la Révolution, et qu’au 1er mai 1956, l’ALN comptait dans l’Oranie 1500 moudjahidine et 1000 moussebiline. Concernant la Zone II, le procès-verbal dit que son chef, Zighoud Youcef, a présenté un «rapport écrit» qu’il a lu devant l’assemblée. Sous la mention «observations», le procès-verbal note : «Manque l’effectif, militants du FLN et décompte des armes de guerre.» Cependant, Harbi, dans les tableaux publiés dans son ouvrage, «Le FLN, mirage et réalité», a pris soin de reproduire les effectifs du Nord-Constantinois. Ceux-ci sont estimés à 1669 moudjahidine et environ 5000 moussebiline(24). Selon le même document, la région Sud, elle, comptait 200 moudjahidine et 100 moussebiline en 1956. Pour les autres zones, les chiffres donnés par Harbi sont exactement les mêmes que ceux contenus dans le procès-verbal. Au total, l’effectif engagé dans la lutte armée à l’orée du Congrès de la Soummam est de 7469 djounoud et 15 570 moussebiline(25). Côté armement, l’ALN dispose en tout de 2464 armes de guerre, 646 armes légères et 10 775 fusils de chasse(26).
«L’ALN est organisée comme une armée moderne»
A la lumière des effectifs ainsi que des moyens militaires et financiers énumérés pour chaque région, l’auteur de «Une vie debout » dresse ce constat : « Ces tableaux, incomplets à cause de l’absence à la réunion des Aurès-Nememchas et de la zone de Souk-Ahras, permettent de tirer quelques conclusions : 1) Les armes de guerre sont rares. L’équipement en armes de chasse reste dominant ; 2) L’Oranie est mieux équipée que l’ensemble des autres régions réunies. Cependant sa situation financière est nettement moins prospère que celle des autres zones (…). 3) L’implantation du mouvement politique est plus poussée dans le Constantinois et la Kabylie. On retrouve, à travers cette donnée, le même rapport de forces entre les régions que celui qui prévaut dans le PPA-MTLD entre 1946 et 1949 ; 4) Le nombre de militants FLN de la Kabylie et de l’Algérois semble très important, mais les chiffres se réfèrent plutôt aux cotisants ou aux éléments des réseaux de ravitaillement, d’hébergement, etc.»(27)
Parmi les résolutions du Congrès de la Soummam qui auront une incidence notable sur l’organisation de la lutte armée jusqu’en 1962, celles ayant trait à la restructuration de l’ALN. «Parallèlement à la création d’institutions politiques du FLN, le fonctionnement de l’ALN est organisé et unifié, préfigurant la formation d’une armée moderne», souligne Saphia Arezki(28). «C’est lors de ce congrès de la Soummam que les structures de l’ALN sont définies», insiste la chercheuse. «Les zones, au nombre de cinq, qui avaient été instaurées lors du déclenchement de la guerre, deviennent des wilayas et une Zone autonome d’Alger (ZAA) est créée», poursuit-elle. La Zone Autonome d’Alger «devient le siège de la direction du FLN».(29) Autre nouveauté issue du Congrès : «Les traitements des combattants sont réglementés et unifiés en fonction des grades pour mettre fin aux écarts qui existent entre les différentes zones.»(30)
Dans ses travaux, Mohammed Harbi n’a pas manqué d’aborder la façon dont le Congrès a réorganisé ce qu’il appelle les «structures territoriales» de l’ALN. «L’Algérie comprendra six wilayas. Ce terme remplacera désormais celui de zones. Chaque wilaya est divisée en zones (mintaka), chaque zone en secteurs (kism)», écrit-il(31). «Le conseil de la wilaya comprend un colonel, le plus haut gradé de l’armée, et trois commandants ; celui de la zone un capitaine et trois lieutenants ; celui du secteur un adjudant et trois sergent-chefs.» Les unités de l’ALN sont rigoureusement définies. «La compagnie (katiba) est la plus grande unité de combat (110 hommes). Au-dessous d’elle on trouve la section (ferka) avec 35 hommes, le groupe (fawdj) avec onze hommes et le demi-groupe avec cinq hommes. Les grades usités en Kabylie ont été adoptés. Leur hiérarchie ne diffère pas de celle de l’armée française.»(32)
«Direction collégiale»
Dans son analyse de la restructuration de la Révolution par le Congrès de la Soummam, Mohammed Harbi a parlé aussi des «principes de direction». «Sur le plan théorique, un principe distingue l’ALN d’une armée de type classique : la direction collégiale au niveau des conseils de wilaya, de zone et de secteur», explique-t-il (33). «Le chef de wilaya est certes le représentant central de l’autorité du FLN. Ses adjoints s’occupent des branches militaire, politique, renseignements et liaisons. Toutefois, le chef ne peut ni nommer, ni rétrograder ses adjoints. Ce privilège appartient à la direction à laquelle le chef de wilaya ne peut faire que des propositions», relève l’historien. Ladite direction «comprend un responsable politique, un responsable militaire et un responsable des renseignements et des liaisons, de fait cooptés par le chef de wilaya en accord avec le CCE». Sur les rapports entre le FLN et l’ALN, Harbi rappelle que le Congrès du 20 août 1956 «affirme la primauté du politique sur le militaire. La direction du FLN doit siéger dans le pays, d’où ‘‘la primauté de l’intérieur sur l’extérieur’’». «Cette clause est assortie d’une nuance, ‘‘le principe de la codirection’’. C’est une concession de forme à la délégation extérieure. Le congrès revendique pour le FLN le droit exclusif de parler au nom de l’Algérie. Il crée un Conseil national de la Révolution algérienne (CNRA) comprenant 34 membres, dix-sept titulaires et dix-sept suppléants, et une direction de cinq membres, le Comité de coordination et d’exécution (CCE). Les rapports qui les régissent sont ceux qui existent traditionnellement entre le législatif et l’exécutif.»(34) Le CNRA doit se réunir une fois par an. «Sa convocation est faite par le CCE. Elle peut aussi avoir lieu à la demande de la moitié plus un de ses membres. Ses délibérations ne sont valables que si douze membres sur 34, titulaires ou suppléants, sont présents. Le CNRA est seul habilité à ordonner le cessez-le-feu et à engager des négociations», affirme encore Harbi. «Le CCE, ajoute-t-il, a pouvoir de contrôle sur tous les organismes de la Révolution. Il a sous son autorité des commissions spécialisées. L’administration des zones rurales est confiée à des assemblées du peuple élues par la population et composées de cinq membres dont un président. Elles ont pour compétence l’état civil, les affaires judiciaires et islamiques, les affaires financières et économiques, et la police.»
Le CNRA d’août 1957
Le modèle de commandement et les «principes de direction» instaurés par le Congrès de la Soummam, on le sait, ne seront pas entièrement appliqués, tant s’en faut. «Les points les plus importants du texte de la Soummam ont été vite vidés de leur sens», tranche Ali Guenoun (35). «La remise en cause de la ‘‘primauté du politique sur le militaire’’ et celle de ‘‘l’intérieur sur l’extérieur’’ ont été avalisées à la réunion du CNRA qui s’est tenue du 20 au 27 août 1957, soit un an après le Congrès de la Soummam. Les chefs militaires ont décidé lors de cette réunion que ‘‘tous ceux qui participent à la lutte libératrice, avec ou sans uniforme, sont égaux’’; en conséquence, il n’y pas de primauté du politique sur le militaire, ni de différence entre l’intérieur et l’extérieur», décrypte l’historien. Guenoun constate par ailleurs que «les institutions nées du Congrès de la Soummam, comme le CNRA, ont été progressivement dépossédées de leurs prérogatives. Abane était très critiqué par les militaires qui lui déniaient sa mainmise sur les affaires de la guerre. Sans appuis de chefs des wilayas, donc sans force armée, Abane s’est retrouvé très diminué».(36)
Pour Harbi, la direction politique du mouvement de libération n’aura jamais qu’un ascendant «formel» après le congrès. «Le Congrès de la Soummam devait, dit-il, rationaliser les structures du mouvement et lui donner un programme. La question fondamentale pour le devenir du pays était la suivante : le congrès a-t-il réussi, comme le voulait Abane, à affirmer la primauté de l’action politique sur la fonction militaire ? Sur ce point, la réponse est négative, car les congressistes n’ont pas répondu clairement à la question. La reprise en main politique du mouvement insurrectionnel est seulement formelle.» (37)
«Le FLN n’a pas d’existence propre en dehors de l’ALN»
Méditant la structure organique de l’appareil issu de la scission du MTLD, l’auteur de L’Algérie et son destin fera remarquer : «Comme par le passé, le FLN n’a pas d’existence propre en dehors de l’ALN.
Les noyaux armés ont existé préalablement à toute organisation politique. Ce sont eux qui ont créé les réseaux urbains, nommé les responsables syndicaux, organisé les masses. Les wilayas concentrent entre leurs mains toutes les activités de la Révolution. Le congrès n’apporte pas de modification majeure à cette situation. Il la rationalise seulement en laissant croire que le nœud du problème réside dans l’affirmation de la primauté du politique et non dans la conformité entre ce principe et les faits.» (38)
En même temps, en scrutant la génétique du mouvement de libération, force est d’admettre que nous avons affaire in fine à une relation dialectique entre le FLN et l’ALN. Une relation qui n’a eu de cesse de se transformer au gré des événements. «L’ALN, dont le FLN n’est que la direction politique, est à l’origine composée de militants issus d’un parti politique, le MTLD. Leur participation à la lutte armée s’est faite sur la base du volontariat», analyse Mohammed Harbi(39). Et l’historien de souligner : «En définitive, le FLN-ALN, expression d’une insurrection populiste en rupture avec un mouvement national en crise, n’arrivait pas à surmonter ses insuffisances originelles. Derrière la distinction entre ‘‘politiques’’ et ‘‘militaires’’, c’est en réalité la lutte entre deux lignes concurrentes qui se cache. La première, incarnée par Abane, avait son support dans les villes. Potentiellement bourgeoise-bureaucratique, elle était jacobine et centralisatrice. La seconde, représentée par les chefs de l’ALN, était plébéienne et s’appuyait sur les classes rurales. Elle s’intéressait très peu aux questions idéologiques. Ses tenants luttaient pour des intérêts immédiats et faisaient de l’indépendance de leurs organisations le gage de l’avenir.»
NOTES
(1) Mohammed Harbi. Le FLN mirage et réalité. Des origines à la prise du pouvoir (1945-1962). Paris. Editions Syllepse. 2024. P 212 (Première édition : Jeune Afrique, 1980).
(2) Ibid., pp 212-213.
(3) Saphia Arezki. De l’ALN à l’ANP. La construction de l’armée algérienne, 1954-1991. Alger. Editions Barzakh. 2018. P 107.
(4) Ibid., p 109.
(5), (6), (7) Ibid., p 110.
(8), (9) Ibid., p 111.
(10) Daho Djerbal. Lakhdar Bentobal. Mémoires de l’intérieur. Alger. Editions Chibab. 2021. P 242.
(11) Ibid., p 238.
(12), (13) Ibid., p 239.
(14), (15) Ibid., p 242.
(16), (17) Ibid., p 243.
(18) Ibid., p 276.
(19) Ibid., p 277.
(20), (21) Mohammed Harbi. Le FLN mirage et réalité. Op.cit. P 213.
(22) Interview accordée par l’historien Ali Guenoun à El Watan, parue dans l’édition du 20 août 2016.
(23) Mohammed Harbi, op.cit. P 216.
(24), (25), (26), (27) Ibid., p 217.
(28) Saphia Arezki, De l’ALN à l’ANP. Op. cit. P 113.
(29) Harbi, op.cit. P 221.
(30) Saphia Arezki, op.cit. P 113.
(31), (32) Harbi, op.cit. P 220.
(33), (34) Ibid., p 221.
(35), (36) Ali Guenoun, interview accordée à El Watan (20 août 2016).
(37), (38), (39) Mohammed Harbi, op.cit. P 222.
Posez votre question à la rédaction
Votre question…
Prénom ou pseudo *
Adresse e-mail * Votre e-mail ne sera pas publié.
Votre question * 0/1000
Envoyer Annuler