Colloque international consacré à «La culture de la résistance entre histoire, mémoire et imaginaire» : L’Algérie, un modèle de la culture de résistance

Par Nordine Douici12 min de lecture
Colloque international consacré à «La culture de la résistance entre histoire, mémoire et imaginaire» : L’Algérie, un modèle de la culture de résistance
Résumé IA

Le colloque international sur la culture de la résistance s'est ouvert le 18 août à Béjaïa sous le patronage présidentiel, réunissant des délégations de 13 pays dont la Palestine, le Sahara occidental, l'Afrique du Sud, la Tunisie et le Vietnam.

Le ministre des Moudjahidine a mis en avant le Congrès de la Soummam de 1956 comme tournant de la Révolution, tandis que le HCA a qualifié la préservation de la mémoire d'enjeu de souveraineté nationale.

Les travaux scientifiques ont rassemblé des chercheurs internationaux dont l'historien français Gilles Manceron, et deux expositions d'archives sur la résistance et la Révolution de Libération ont été inaugurées.

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Le rendez-vous consacré à « La culture de la résistance entre histoire, mémoire et imaginaire » a réuni également réuni des représentants de 13 pays, entre invités officiels et participants aux travaux du colloque, donnant un relief particulier à cette rencontre, consacrée non seulement à l’histoire de la Révolution algérienne, mais aussi « à la manière dont les peuples construisent, transmettent et entretiennent la mémoire de leurs luttes ».

La salle Boualam Saïdani de l’université Abderrahmane Mira de Béjaia a abrité, en début de la soirée du 18 août, la cérémonie officielle d’ouverture du colloque international consacré à « La culture de la résistance entre histoire, mémoire et imaginaire », organisé par le HCA (Haut conseil à l’Amazighité) sous le haut patronage du président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Le rendez-vous a réuni, en plus des intervenants locaux, des représentants de 13 pays, entre invités officiels et participants aux travaux du colloque, donnant un relief particulier à cette rencontre, consacrée non seulement à l’histoire de la Révolution algérienne, mais aussi « à la manière dont les peuples construisent, transmettent et entretiennent la mémoire de leurs luttes ». Parmi les objectifs assignés à ce colloque est « d’ouvrir une réflexion sur la place de la mémoire dans la construction des sociétés et sur les différentes formes prises par les résistances à travers l’histoire ». À Ifri, où les six chefs historiques et les délégués de la Révolution avaient posé les fondements de l’organisation politique et militaire de l’insurrection, la mémoire de 1956 continue donc de servir de point de départ à une réflexion qui dépasse les frontières. Prenant la parole à l’ouverture des travaux, le ministre des Moudjahidine et des ayants droit, Abdelmalek Tacherift, a rappelé la portée historique du Congrès de la Soummam, tenu le 20 août 1956. Il a souligné que « cet événement constitue un tournant majeur dans l’histoire de la Révolution algérienne, notamment par la structuration de ses institutions politiques et militaires et par la mise en place des fondements qui allaient contribuer à l’édification de l’État algérien moderne ». Pour le ministre, « le choix du thème du colloque ne relève pas d’une simple volonté de commémoration. Il s’inscrit dans une démarche scientifique visant à approfondir l’étude de la culture de résistance, de refus et de défi qui a accompagné le combat du peuple algérien et participé à la construction de son identité nationale ». Abdelmalek Tachrift a également réaffirmé l’importance accordée par le président de la République au dossier de la mémoire nationale, considérée comme un socle essentiel pour comprendre le présent et préparer l’avenir. Dans son discours d’accueil, le recteur de l’université Abderrahmane-Mira de Béjaïa a, pour sa part, salué la dimension académique de cette rencontre. Il a estimé que « l’université doit être un espace ouvert aux chercheurs, historiens et intellectuels, algériens et étrangers, afin de revisiter la résistance algérienne dans toute sa complexité, à la fois humaine, culturelle et politique ».

«Choix politique et enjeu de souveraineté»

Il a également insisté sur la nécessité de transmettre aux nouvelles générations l’héritage des martyrs et des moudjahidine, estimant que cette transmission « constitue un élément essentiel dans la consolidation de l’identité et de l’unité nationales ». Intervenant à son tour, le secrétaire général du Haut-Commissariat à l’Amazighité (HCA), El Hachemi Assad, a mis en avant la portée symbolique et internationale de la rencontre.
« La présence de plusieurs ambassadeurs, notamment ceux de Palestine, du Sahara occidental et d’Afrique du Sud, de la Tunisie, du Vietnam, entre autres nations, illustre, selon lui, « le caractère universel de la culture de résistance portée par l’Algérie et partagée par de nombreux peuples engagés dans les luttes pour la liberté et la souveraineté. » Dans son allocution, il a placé la préservation de la mémoire nationale au rang des responsabilités de l’État. Pour lui, « préserver la mémoire ne constitue pas seulement un acte de fidélité au passé, mais un choix politique et un enjeu de souveraineté ». Car « une nation qui protège son histoire », a-t-il souligné, « consolide ses fondements, préserve son unité et donne aux générations futures les moyens de construire leur avenir sur une connaissance lucide de leur passé ». À travers ces interventions, le colloque de Béjaïa ambitionne de faire de ce 70e Acte « un espace de réflexion sur la résistance, sa transmission et sa place dans la construction de l’Algérie contemporaine ».
La rencontre a également enregistré une importante présence officielle. Étaient notamment présents le conseiller du président de la République chargé des affaires politiques et des relations avec la jeunesse, la société civile et les partis politiques, le président de l’Autorité nationale de protection des données à caractère personnel ainsi que le président de la Commission nationale de l’histoire et de la mémoire auprès de la présidence de la République. Plusieurs représentants diplomatiques ont également pris part à l’ouverture, notamment ceux de la Palestine, de l’Afrique du Sud, de la République arabe sahraouie démocratique, de la Tunisie et du Vietnam. Leur présence, aux côtés des chercheurs et participants étrangers, vient souligner la portée internationale donnée à cette rencontre autour de la culture de la résistance. Par ailleurs, les travaux du colloque se sont poursuivis hier avec la tenue de la séance scientifique inaugurale au siège de la wilaya. Celle-ci a été consacrée à l’examen des différentes dimensions historiques, humaines et culturelles liées à la résistance nationale algérienne, ainsi qu’à l’évocation du Congrès de la Soummam, considéré comme l’une des étapes majeures de la glorieuse guerre de libération. Elle a réuni un panel de chercheurs et d’universitaires, parmi lesquels, Mohamed Lahcen Zeghidi, président de la Commission nationale pour la mémoire et l’histoire et président du comité scientifique du colloque, Lang Fafa Danfa, directeur exécutif du Centre africain des cultures et des langues (PACCL) à Kololi, en Gambie et enfin Gilles Manceron, historien français spécialiste de l’étude de l’idéologie coloniale française. Les différentes communications ont abordé plusieurs questions liées à l’histoire de la résistance algérienne, à la mémoire nationale ainsi qu’aux dimensions humaines et culturelles de la résistance. Les intervenants ont notamment insisté « sur la nécessité de poursuivre la recherche académique sur l’histoire nationale et de valoriser la mémoire collective, considérée comme un patrimoine commun à transmettre aux générations futures ».

Inauguration de deux expositions historiques

Le ministre des Moudjahidine et des Ayants droit a procédé, mardi, à l’inauguration de deux expositions historiques, dans le cadre des activités du colloque international intitulé « La culture de la résistance entre histoire, mémoire et imaginaire », organisé par le Haut-Commissariat à l’amazighité sous le haut patronage de M. Abdelmadjid Tebboune, président de la République. Mises en place par le ministère des Moudjahidine et des Ayants droit, les deux expositions proposent aux visiteurs, selon l’administration, un ensemble de documents, d’archives et de témoignages historiques retraçant plusieurs étapes de l’histoire de la résistance nationale et de la glorieuse Révolution de Libération. À travers ces documents, les expositions mettent également en lumière le rôle de la mémoire nationale dans la préservation de l’identité et la transmission de l’histoire à la nouvelle génération, contribuant ainsi à préserver l’héritage de la résistance et de la Révolution et à perpétuer les valeurs de fidélité aux sacrifices consentis par les martyrs et les moudjahidine. N. D.

Émission d’un timbre commémoratif

Algérie Poste a dévoilé, lors de la cérémonie d’ouverture du colloque international « La culture de la résistance entre histoire, mémoire et imaginaire », consacré à cet important événement culturel et historique, à l’occasion du 70e anniversaire du Congrès de la Soummam et des attaques du Nord-Constantinois. Le timbre est présenté comme bien plus qu’un simple objet philatélique. Il devient, selon Algérie Poste, « un vecteur de mémoire et un instrument de préservation de l’image de la nation. En fixant sur le papier des moments fondateurs de l’histoire, il permet de les faire voyager dans le temps et au-delà des frontières ». Le visuel choisi traduit cette volonté de transmission. Des moudjahidines, tournés vers l’avenir, incarnent à la fois la mémoire du combat pour l’indépendance et l’espoir placé dans la construction de l’Algérie nouvelle. Une représentation qui prend la forme d’une métaphore : celle du passage de témoin entre la génération qui a arraché l’indépendance et celles qui, aujourd’hui, en portent la responsabilité et doivent en préserver l’héritage. Pour les autorités de la wilaya, ce timbre « constitue un moyen de pérenniser ce rendez-vous scientifique et culturel, tout en mettant en lumière la place de la culture de la résistance dans la mémoire collective et les valeurs qu’elle véhicule, liées à l’histoire du peuple algérien et à ses luttes pour la liberté et la dignité ». Enfin, la cérémonie de dévoilement s’est déroulée en présence du ministre des Moudjahidine et des Ayants droit, du SG de la wilaya de Béjaïa, chargé de la gestion des affaires de la wilaya, du SG du Haut-Commissariat à l’amazighité, du président de l’APW, ainsi que de plusieurs responsables et personnalités nationales et internationales participant aux travaux du colloque.

Des moudjahidines honorés à l’occasion du colloque international

En marge des travaux du colloque international, le ministre des Moudjahidine et des Ayants droit a présidé, en présence du secrétaire général de la wilaya de Béjaïa, chargé de la gestion des affaires de la wilaya, du secrétaire général du Haut-Commissariat à l’amazighité, du président de l’Assemblée populaire de wilaya et du président de la Commission nationale pour la mémoire et l’histoire, une cérémonie en hommage à plusieurs moudjahidines et ayants droit de la région ayant contribué à la lutte pour l’indépendance nationale. Ont été honorés à cette occasion le moudjahid Meziane Arslaṭ, la famille du défunt moudjahid Djouadi Atoumi, ainsi que la veuve du chahid Mohamed Saïd Adri. Cette cérémonie constitue un geste de reconnaissance envers les moudjahidines et les familles de la région pour les sacrifices consentis par les leurs durant la lutte pour le recouvrement de la souveraineté nationale. Elle rend également hommage à toute une génération de combattants qui a payé un lourd tribut pour que l’Algérie puisse accéder à la liberté et à l’indépendance. Un hommage, précise-t-on, qui souligne la place particulière accordée aux moudjahidines dans la mémoire collective et la nécessité de poursuivre le travail de collecte, de documentation et de valorisation de l’histoire de la résistance et de la guerre de libération, notamment dans une wilaya comme Béjaïa, riche d’un important patrimoine historique et mémoriel. N. D.

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