Économie

Gaz algérien : vers une hausse spectaculaire des exportations

Par Mohamed Rahmani4 min de lecture
Gaz algérien : vers une hausse spectaculaire des exportations
Résumé IA

La Turquie négocie avec l'Algérie une hausse de ses importations annuelles de gaz de 4,4 à 6,5 milliards de mètres cubes, soit une augmentation de près de 48 % avant l'expiration du contrat actuel en septembre 2027.

Ankara vise un nouvel accord d'ici fin 2026 pour une durée de cinq à dix ans, ce qui offrirait à l'Algérie un débouché durable représentant environ 85 % des volumes qu'elle importe actuellement d'Iran.

Une partie de ce gaz pourrait être réexportée vers l'Europe du Sud-Est via la Bulgarie, renforçant la présence algérienne sur le marché européen.

Les deux pays veulent par ailleurs porter leurs échanges commerciaux à 10 milliards de dollars et étudient une coopération en exploration offshore, dans un contexte où les importations algériennes de produits turcs reculent de 18,8 % en 2026.

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Le gaz algérien pourrait bientôt prendre une place plus importante dans l’approvisionnement énergétique de la Turquie. Ankara souhaite augmenter ses importations annuelles, actuellement fixées à 4,4 milliards de mètres cubes, pour atteindre entre 6 et 6,5 milliards de mètres cubes.

Le ministre turc de l’Énergie, Alparslan Bayraktar, a indiqué que son pays négociait un nouvel accord avec l’Algérie. Le contrat actuel entre Sonatrach et la compagnie énergétique turque BOTAŞ prévoit la livraison de 4,4 milliards de mètres cubes de gaz par an. Il doit arriver à échéance en septembre 2027.

Un passage à 6,5 milliards de mètres cubes représenterait une hausse de 36,4 % par rapport au volume actuel. Avec 6,5 milliards de mètres cubes, l’augmentation atteindrait près de 47,7 %. Ankara souhaite parvenir à un nouvel accord avant la fin de 2026. Sa durée pourrait être comprise entre cinq et dix ans, offrant ainsi à l’Algérie la perspective d’un débouché énergétique durable.

Un enjeu stratégique pour l’Algérie

Cette hausse potentielle intervient alors que la Turquie cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement en gaz. L’accord avec l’Iran prévoit notamment 9,6 milliards de mètres cubes par an, tandis que les importations turques de gaz iranien ont atteint 7,6 milliards de mètres cubes en 2025, selon les données citées dans la source. Si les exportations algériennes atteignent 6,5 milliards de mètres cubes par an, elles représenteraient environ 85,5 % du volume de gaz que la Turquie a effectivement importé d’Iran en 2025.

L’enjeu dépasse aussi le marché turc. Une partie du gaz algérien réceptionné en Turquie pourrait être acheminée vers les marchés d’Europe du Sud-Est, notamment via la Bulgarie. Cette perspective pourrait offrir à l’Algérie une voie supplémentaire pour renforcer sa présence sur le marché européen.

Une coopération qui dépasse le secteur énergétique

Les discussions sur le gaz algérien s’inscrivent dans une relation économique plus large entre Alger et Ankara. Les investissements turcs en Algérie atteignent environ 8 milliards de dollars, tandis que 687 projets réalisés par des entreprises turques représenteraient près de 24 milliards de dollars.

Les deux pays se sont aussi fixé l’objectif de porter leurs échanges commerciaux à 10 milliards de dollars, contre 5,6 milliards de dollars en 2025. La coopération énergétique pourrait contribuer à cette ambition. Les discussions portent aussi sur une éventuelle collaboration entre la compagnie pétrolière turque et Sonatrach dans l’exploration pétrolière et gazière au large des côtes algériennes.

Le gaz au cœur d’un nouveau partenariat

Cette donne intervient alors que les importations algériennes de produits turcs ont reculé de 18,8 % au cours des sept premiers mois de 2026, pour atteindre 1,09 milliard de dollars. La relation entre les deux pays semble ainsi évoluer vers un modèle davantage axé sur l’énergie, l’investissement et la production industrielle, plutôt que sur la seule progression des échanges de marchandises.

Pour Alger, une augmentation durable des exportations de gaz algérien permettrait de consolider un débouché stratégique tout en renforçant la coopération avec les entreprises turques. Pour Ankara, les volumes supplémentaires envisagés constitueraient une nouvelle source d’approvisionnement dans sa stratégie de diversification énergétique.

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