GPL : l'Algérie sur le point de décrocher un méga-contrat

L'Algérie négocie avec Indian Oil un méga-contrat d'exportation de GPL prévoyant 45 000 à 55 000 tonnes mensuelles à partir de 2027.
La guerre contre l'Iran depuis février 2026 a perturbé le détroit d'Ormuz, coupant 25 à 30 % des exportations mondiales de GPL et poussant l'Inde à diversifier ses fournisseurs.
Deuxième exportateur mondial de GPL, l'Algérie livre déjà l'Inde depuis juin 2026 avec 110 000 tonnes attendues en août.
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L'Algérie est en négociations avancées avec une compagnie pétrolière indienne pour un contrat d'exportation de gaz de pétrole liquéfié (GPL). L'accord porterait sur des livraisons mensuelles de 45 000 à 55 000 tonnes métriques à partir de 2027. Cette transaction s'inscrit dans un contexte de tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
Selon des informations publiées ce jeudi 20 août 2026 par le site spécialisé Attaqa, la compagnie nationale algérienne Sonatrach est en discussion avec Indian Oil, la plus grande société de raffinage en Inde. Les deux parties se préparent à signer un accord pour l'importation de GPL depuis l'Algérie vers le marché indien. Indian Oil détenait déjà un contrat à long terme avec Sonatrach il y a plusieurs années, avant de se tourner vers des fournisseurs du Moyen-Orient.
L'accord envisagé porterait sur une cargaison mensuelle de très grande taille. Le volume serait compris entre 45 000 et 55 000 tonnes métriques, soit l'équivalent de 330 000 à 400 000 barils de GPL, composé principalement de propane et de butane. Les prix algériens seraient plus compétitifs que les contrats saoudiens, car l'accord porterait sur des cargaisons à la sortie de l'usine, selon la même source.
Un contexte géopolitique favorable aux exportations algériennes
Les négociations interviennent dans un contexte de tensions géopolitiques au Moyen-Orient. La guerre contre l'Iran, déclenchée le 28 février 2026, a entraîné des perturbations dans le détroit d'Ormuz, un passage stratégique pour le transport maritime. Environ 1,5 million de barils par jour de GPL, soit 25 à 30 % des exportations mondiales, ont été interrompus. L'Inde est l'un des pays les plus affectés par ces perturbations.
L'Inde dépend fortement des importations de GPL, qui représentent environ 60 % de sa consommation. Environ 90 % de ses importations en provenance du Moyen-Orient transitent par le détroit d'Ormuz. Les importations indiennes de GPL ont chuté de plus de 50 % au cours des deux premiers mois de la guerre, soit environ 430 000 barils par jour. Face à cette situation, l'Inde cherche à diversifier ses fournisseurs et s'est tournée vers l'Algérie et les États-Unis.
La position de l'Algérie sur le marché du GPL
L'Algérie occupe une place importante sur le marché mondial du GPL. Le pays se classe au deuxième rang mondial des exportateurs de GPL, derrière les États-Unis, devant des pays comme le Canada, la Malaisie et l'Argentine. La production algérienne de GPL s'élevait à environ 293 800 barils par jour en 2024, ce qui place l'Algérie en tête des pays membres de l'OAPEC.
Les exportations de GPL sont déjà en cours vers l'Inde depuis juin 2026. Environ 110 000 tonnes de ce combustible sont attendues en Inde au mois d'août 2026. L'Inde a également augmenté ses achats de GPL américain pour compenser la baisse des approvisionnements du Moyen-Orient. Les trois sociétés de distribution publiques indiennes - Indian Oil, Hindustan Petroleum et Bharat Petroleum - devraient lancer un appel d'offres commun pour importer du GPL des États-Unis.