200.000 hectares ont brûlé mais le pire est à venir

Les incendies ont déjà ravagé 200 000 hectares à Bornéo, dépassant les épisodes El Niño de 2019 et 2023 sans atteindre le record de 2015.
La fumée paralyse Palangkaraya et six zones du Sarawak malaisien, imposant confinement et port du masque aux populations.
Le ministre indonésien prévoit des opérations d'ensemencement nuageux pour provoquer des pluies artificielles face à une sécheresse qui devrait durer jusqu'en novembre.
Quatre décennies de déforestation ont transformé la région en poudrière, rendant les feux quasi impossibles à stopper sans précipitations naturelles.
Publié par
Le Quotidien d'Oran
Publié le
Article Original
Contenu complet de la source
La fumée des incendies règne dans une grande partie de l’île de Bornéo, notamment à Palangkaraya, la capitale du Kalimantan central. «C’est dur», a diéclaré Yudho Shekti Mustiko, responsable au ministère des Forêts. «Nous devons tenir bon, car septembre et octobre vont être très secs», a-t-il ajouté. La saison des feux vient seulement de commencer, et est renforcée cette année par le phénomène climatique El Nino qui accentue la sécheresse.
La surface brûlée est d’ores et déjà supérieure à celle des précédents épisodes El Nino de 2019 et 2023, mais n’a pas encore atteint le record de 2015, quand des millions d’hectares avaient été ravagés.
Les feux de cette année ont cependant d’ores et déjà plongé dans la fumée la partie malaisienne de Bornéo, où dans six zones de l’Etat de Sarawak les habitants ont été invités à se confiner en raison d’une atmosphère polluée.
A Palangkaraya, le maire a invité la population à se confiner et à porter un masque. Les automobilistes doivent composer avec une très faible visibilité en plein jour. Le ministre des Forêts, Raja Juli Antoni, a déclaré mercredi que les experts guettaient l’apparition des nuages pour entreprendre des opérations «d’ensemencement», une technique consistant à provoquer artificiellement des pluies en dispersant en altitude des produits comme de l’iodure d’argent.
El Nino est un phénomène naturel qui revient tous les deux à sept ans. Les eaux de surface dans le centre et l’est de l’océan Pacifique équatorial se réchauffent, ce qui entraîne pendant des mois des modifications majeures des régimes de vents, de pression et de précipitations à l’échelle mondiale. Les experts pointent également les effets de l’intervention humaine. «L’ampleur des feux aujourd’hui est aussi l’héritage de quatre décennies de déforestation qui ont transformé de vastes zones en barils de poudre», a souligné David Gaveau, le fondateur du site de surveillance de la déforestation Nusantara Atlas.
«Seule la pluie arrêtera les feux, mais c’est improbable avant novembre», a-t-il ajouté.
