La régularité de l’avalée des tristes nouvelles
L'avalanche de tragédies mondiales devient une routine inquiétante, entre catastrophes climatiques, naufrages et vagues de chaleur meurtrières.
Un typhon a fait plus de 150 morts en Chine et au Nigeria, un naufrage 50 victimes, tandis que 300 migrants ont été sauvés in extremis au large de la Mauritanie.
L'Allemagne déplore 14 000 décès liés à la canicule et l'Indonésie voit 200 000 hectares de forêts partir en fumée, illustrant l'ampleur des drames climatiques.
Pendant que les puissants s'égarent dans leurs querelles, l'humanité perd ses repères face à une réalité qui s'obstine à frapper les plus vulnérables.
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Le Quotidien d'Oran
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On ignore si ce sont l’agilité et la vitesse communicatives qui seraient à l’origine de ce désarroi ou si le monde qui, partout, a décidé d’emprunter des masses affligeantes de détours pour infliger une forte consternation à tous ceux qui ne réclament que tranquillité et sérénité.
Le nouveau vocabulaire n’est plus qu’aux noyades en mer, aux incendies déments et aux afflictions humaines causées par une nature et un climat en furie. L’avalée des tristes nouvelles devient régulière. Comme si elle voulait indiquer une nouvelle destinée noire pour l’humanité.
On aura beau tenter de se distraire avec les déboires des gags dispensés par les puissants acteurs politiques mondiaux, la tenace réalité revient quotidiennement à la charge annonçant sans cesse que l’humanité perd ce qu’elle avait de beau et de rassurant.
Un typhon vient de tuer plus de 150 personnes en Chine et au Nigéria, le naufrage d’un navire a expédié 50 autres au fond de l’eau. Le même jour, 300 migrants dont 40 enfants, sur une pirogue à la dérive au large de la Mauritanie, échappent in extrémis à une condamnation à la mort. Dans la proximité des instants, l’Allemagne désespérée annonce que 14.000 des siens ont été tués par la canicule. A l’autre bout du monde, les autorités indonésiennes affirment que plus de 200.000 hectares de forêts ont été ravagés par le feu et que l’enfer est à venir. Ailleurs, on fait le décompte des missiles des autres ne prenant pas garde à ce qui se dit et se commente sur le batifolage des puissants à ciel ouvert avec des courtisanes déclarées. Ailleurs aussi, on se tire dessus pour que les armes donnent une nouvelle définition à la guerre au moment où les classes humaines moyennes s’initient à la découverte des poubelles des marchés.