Ebola en RDC : L’OMS alerte sur une propagation «loin d’être maîtrisée»

Par Sofia Ouahib4 min de lecture
Ebola en RDC : L’OMS alerte sur une propagation «loin d’être maîtrisée»
Résumé IA

L'OMS alerte que l'épidémie de virus Bundibugyo en RDC est loin d'être maîtrisée, avec près de 5000 cas et plus de 2300 décès recensés dans six provinces.

L'insécurité et les importants mouvements de population alimentent une propagation plus rapide que lors des épidémies précédentes, tandis que deux vaccins spécifiques entrent pour la première fois en essais cliniques sur l'homme.

Le directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus appelle à un partage plus rapide des données, un financement durable et une coordination transfrontalière renforcée, sans négliger les autres urgences sanitaires du pays.

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«Ce qui m’inquiète le plus, c’est l’endroit où les gens meurent : chez eux, dans leur communauté, à l’extérieur des centres de traitement et en dehors des listes de contacts connus», a indiqué Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Soyons francs : l’épidémie de maladie à virus Bundibugyo en RDC est loin d’être maîtrisée», c’est ce qu’a affirmé le directeur général de l’OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus lors de son discours tenu à l’occasion de la deuxième réunion du Comité d’urgence du RSI sur l’épidémie de maladie à virus Bundibugyo en République démocratique du Congo.
Selon lui, l’épidémie s’est propagée rapidement et le risque de propagation nationale et internationale demeure élevé. «Ce qui m’inquiète le plus, c’est l’endroit où les gens meurent : chez eux, dans leur communauté, à l’extérieur des centres de traitement et en dehors des listes de contacts connus», a-t-il affirmé, expliquant au passage que chaque décès de ce type révèle une chaîne de transmission non encore découverte. De ce fait, le directeur général de l’OMS a mis en garde : «Tant que toutes les chaînes de transmission ne seront pas découvertes et brisées, l’épidémie se poursuivra.» Cette nouvelle épidémie est même qualifiée de la deuxième plus importante épidémie d’Ebola jamais enregistrée. La raison ?

Mouvements de population

Elle se propage plus rapidement que toutes les épidémies d’Ebola précédentes. Celle-ci serait alimentée, selon Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, par l’insécurité, les déplacements de population et les importants mouvements de population le long des routes, des rivières et des voies minières. En termes de chiffres, le premier responsable de l’OMS a avancé que près de 5000 personnes ont été infectées et plus de 2300 sont décédées, dans six provinces et 55 zones sanitaires. Pis encore, selon lui, le risque ne s’arrête pas aux frontières de la RDC. Preuve en est : le mois dernier, un voyageur a introduit le virus en France. Et pour tenter de maîtriser au mieux l’épidémie, tous les aspects de la riposte sont renforcés, à l’exemple de la surveillance communautaire, l’augmentation des capacités de traitement ou encore la mise en place d’inhumations sûres et dignes. Pour ce qui est des vaccins, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus a annoncé que pour la première fois, deux vaccins conçus spécifiquement contre le virus Bundibugyo sont entrés en phase d’essais cliniques sur l’homme. «Ajouter à cela un autre vaccin a démontré une protection croisée lors d’études animales, et nous sommes en train de le faire progresser vers un essai de phase trois», a-t-il ajouté. Outre ces vaccins, le Dr. Tedros Adhanom Ghebreyesus a fait savoir que l’essai clinique, parrainé par l’OMS, a désormais recruté 100 patients. «Mais la réponse nécessite toujours un partage plus rapide des données, une surveillance renforcée, un financement durable, un accès et une sécurité accrus, ainsi qu’une coordination transfrontalière plus forte», a-t-il précisé. Au terme de son discours, le directeur de l’OMS a rappelé qu’Ebola n’est qu’une des menaces auxquelles la population de la RDC est confrontée.
En effet, le pays fait également face à la mortalité maternelle, les maladies diarrhéiques, la pneumonie, le paludisme, le choléra et bien d’autres. «Alors même que nous luttons pour mettre fin à cette épidémie, nous ne pouvons pas permettre que la riposte perturbe l’accès aux autres services de santé essentiels», a-t-il conclu. 

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