International

Moyen-orient : Trump menace l’Iran d’une «guerre économique sans précédent»

Par Mustapha Benfodil11 min de lecture
Moyen-orient : Trump menace l’Iran d’une «guerre économique sans précédent»
Résumé IA

Donald Trump menace l'Iran d'une «guerre économique sans précédent» et d'un isolement total via Truth Social, exigeant que tous les alliés cessent tout commerce avec Téhéran sous peine de lourdes sanctions.

Le secrétaire au Trésor Scott Bessent qualifie ce plan de plus grand blocus économique coordonné de l'histoire et avertit que tout pays maintenant des liens avec l'Iran subira la pleine puissance des sanctions américaines.

L'Iran dénonce un «terrorisme économique» et des «crimes contre l'humanité», tandis que la Chine s'oppose aux sanctions unilatérales illégales et appelle à une solution diplomatique.

E

Publié par

El Watan

Publié le

ou lire sur le site source →

Article Original

Contenu complet de la source

«J’annonce aujourd’hui (le 20 août, ndlr) l’opération la plus dévastatrice jamais menée contre un pays ! Il s’agira d’une guerre économique et d’un isolement d’une ampleur sans précédent», a menacé le président américain dans un post publié sur Truth Social. Réagissant à cette diatribe, le ministère iranien des Affaires étrangères a dénoncé une campagne qualifiée de «terrorisme économique».

A mesure que le temps passe, Donald Trump s’impatiente dans le dossier iranien. Et devant la détermination de Téhéran à imposer sa souveraineté sur le détroit d’Ormuz et son obstination à refuser l’ouverture du point de passage stratégique par lequel transite 20% du pétrole mondial, le président américain menace d’accentuer les pressions économiques contre l’Iran.
Mercredi soir, il s’est fendu d’un post au ton véhément sur le réseau Truth Social dans lequel on peut lire : «Personne n’a offert à la République islamique d’Iran une meilleure occasion de conclure un accord que moi. Malheureusement pour eux, ils n’ont pas su la saisir. C’est pourquoi j’annonce aujourd’hui l’opération économique la plus dévastatrice jamais menée contre un pays ! Il s’agira d’une guerre économique et d’un isolement d’une ampleur sans précédent.» Trump a énuméré ensuite les pertes présumées subies par la République islamique depuis le début du conflit fin février en affirmant : «Leur marine a disparu, leur armée de l’air est détruite, leurs usines militaires ne sont plus que des ruines, leur monnaie ne vaut plus rien et leur pays ne tient plus qu’à un fil.»
Dans son message, le Président américain a appelé ses alliés à cesser toute forme de commerce avec Téhéran : «Aujourd’hui, j’annonce également que tout pays qui autorisera ses institutions financières, ses entreprises, ses aéroports ou ses entités gouvernementales à fournir une aide quelconque à l’Iran s’exposera lui-même à d’énormes conséquences économiques. Contrebande de pétrole, lignes de swap, transferts d’argent, bureaux de change, registres maritimes, sociétés écrans – tout cela doit cesser immédiatement. Vous savez de qui je parle. Ce sera un jour J économique, et nous avons besoin que tous nos alliés se rangent aux côtés des États-Unis d’Amérique pour isoler et vaincre la menace iranienne.» Le leader US a terminé son message en promettant : «L’Iran n’aura jamais d’arme nucléaire.»

«Il n’y aura probablement pas de reprise des opérations militaires»

Jeudi, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, est revenu sur ces nouvelles sanctions économiques américaines dans une interview à CNBC. D’après lui, l’opération annoncée par Trump constitue «le plus grand blocus économique coordonné de l’histoire». «Nous allons anéantir l’économie de ce régime meurtrier», a-t-il renchéri. Et d’ajouter : «C’est un double coup. Nous avons le blocus (naval, ndlr), et nous allons mettre en place les sanctions les plus sévères de l’histoire.» «Nous allons faire tomber ce régime.»
Scott Bessent a exhorté les pays alliés des Etats-Unis de même que ceux qui ont des échanges économiques avec l’Iran de se joindre à cette campagne d’embargo. «Il est temps que nos alliés et le reste du monde prennent une décision», a-t-il lancé.
Et de faire remarquer : «Si nous exerçons une pression économique maximale, cela signifie qu’il n’y aura probablement pas de reprise des opérations militaires à grande échelle.» Le responsable US a ensuite martelé d’un ton menaçant : «Soit vous êtes avec nous, soit contre nous.» «Si vous persistez à faire des affaires avec (l’Iran), que ce soit en transférant de l’argent, en achetant son pétrole ou en effectuant des transferts maritimes, alors le Trésor américain et le gouvernement américain mettront toute leur puissance et toute leur force au service de sanctions à votre encontre», a-t-il prévenu.
Le secrétaire au Trésor a indiqué pour finir qu’il tiendrait une conférence de presse lundi pour «expliquer précisément ce que nous allons faire».
Réagissant à ce nouveau plan américain contre la République islamique, le ministère iranien des Affaires étrangères a émis un communiqué, publié jeudi, dans lequel il a dénoncé ce qu’il a qualifié de «terrorisme économique». «Il ne fait aucun doute que les sanctions économiques américaines contre l’Iran, qui portent atteinte aux droits fondamentaux de chaque citoyen iranien, constituent du “terrorisme économique” et des “crimes contre l’humanité”, et ceux qui ordonnent et mettent en œuvre ces sanctions méritent d’être jugés et punis pour avoir commis des crimes aussi odieux», lit-on dans ce communiqué relayé par l’agence Irna. «Ces sanctions imposées à la suite des guerres menées par les régimes américano-israéliens contre l’Iran (…) et suite à leur échec à atteindre leurs sinistres objectifs consistant à forcer le peuple iranien à se plier à leurs ambitions illégales et antihumaines, ne feront qu’allonger la liste des crimes commis par les Etats-Unis contre l’Iran. Elles n’auront toutefois, sans aucun doute, que très peu d’effet sur la détermination des Iraniens à préserver l’indépendance, la dignité et la souveraineté nationale de l’Iran», souligne le même texte.

Pékin s’oppose aux sanctions américaines

Pour l’AFP, «la principale inconnue, dans cette nouvelle stratégie économique américaine, se trouve sans doute à Pékin». L’agence française explique que «plus du quart des échanges commerciaux de l’Iran en 2024 ont été réalisés avec la Chine, une grande consommatrice du pétrole vers laquelle Téhéran continue à exporter, malgré les sanctions, au moyen d’une flotte fantôme». Justement, la réaction de Pékin ne s’est pas fait attendre. Hier, la République populaire de Chine a fait savoir que «les sanctions et pressions ne permettront pas de résoudre le problème». C’est ce qu’a déclaré un porte-parole de la diplomatie chinoise, Lin Jian, lors d’un point presse régulier, rapporte l’AFP. «La Chine appelle toutes les parties concernées à prendre des mesures responsables et à régler le problème par la voie politique et diplomatique», a ajouté le porte-parole.
Au cours de son intervention sur la chaîne CNBC jeudi, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a adressé un message à la Chine, appelant le géant asiatique à «se mettre au diapason» si Pékin souhaite «voir le détroit (d’Ormuz) être rouvert et les prix de l’énergie redescendre».
A quoi M. Jian a répondu en précisant que «la Chine s’oppose aux sanctions unilatérales illégales qui n’ont aucun fondement en droit international et qui n’ont pas l’autorisation du Conseil de sécurité des Nations unies».

Cisjordanie occupée : L’ONU préoccupée par l’établissement de nouvelles colonies

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a exprimé sa vive inquiétude face à l’établissement par l’entité sioniste de nouveaux avant-postes de colonies illégales en Cisjordanie occupée, a rapporté l’agence de presse palestinienne Wafa. Selon le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, Guterres est «particulièrement préoccupé par les développements concernant la colonie d’E-1, qui couperait de fait la continuité territoriale entre le nord et le sud de la Cisjordanie». Le porte-parole a indiqué que cette mesure aurait «de graves conséquences sur l’intégrité territoriale du territoire palestinien occupé» et constituerait «une menace existentielle pour la solution à deux Etats». Le secrétaire général a appelé l’entité sioniste à s’abstenir de prendre de nouvelles mesures en ce sens et à agir conformément aux résolutions pertinentes des Nations unies et à l’avis consultatif rendu par la Cour internationale de justice (CIJ) le 19 juillet 2024, a ajouté Dujarric. Par ailleurs, le Bureau des Nations unies aux droits de l’homme dans le territoire palestinien occupé a estimé que les récentes déclarations d’un responsable sioniste appelant à la violence constituent un nouvel exemple de «mépris total» du droit international humanitaire, du droit international des droits de l’homme et des principes fondamentaux de l’humanité. Le Bureau onusien a rappelé que la CIJ avait ordonné, en janvier 2024, des mesures conservatoires juridiquement contraignantes enjoignant à l’entité sioniste de prendre toutes les mesures en son pouvoir pour prévenir et punir l’incitation directe et publique à commettre un génocide à l’encontre des Palestiniens dans la bande de Ghaza.

Tribunal administratif de l’UA : Réunion consacrée à l’amendement du statut

L’Union africaine (UA) a tenu, du 17 au 21 août à Alger, une réunion technique consacrée à l’examen des amendements proposés au statut de son tribunal administratif. Cette rencontre regroupe plusieurs experts venus apporter leurs avis et leur expertise sur les amendements proposés, d’autant plus que le statut du tribunal administratif de l’UA n’a fait l’objet d’aucune modification depuis son adoption en 1966, outre des représentants des Etats membres du Comité technique spécialisé sur la justice et les affaires juridiques (STC on Justice and Legal Affairs) et des représentants de la Commission de l’UA. Le projet de révision du statut de ce tribunal administratif s’inscrit dans le cadre du programme de réforme institutionnelle de l’UA. Il vise à adapter cet organe aux évolutions qu’a connues l’organisation continentale au cours des dernières décennies et à renforcer les mécanismes de justice et de protection juridique au sein des institutions de l’UA. Le choix de l’Algérie pour accueillir cette importante réunion continentale revêt plusieurs significations, notamment la confiance dont jouit le pays au sein des institutions de l’UA, ainsi que les conditions favorables et les facilités mises à disposition par l’Etat, à travers les différents ministères et organismes concernés, pour assurer le succès de ce type de réunions et d’événements continentaux. R. I.

Posez votre question à la rédaction

Votre question…

Prénom ou pseudo *

Adresse e-mail * Votre e-mail ne sera pas publié.

Votre question * 0/1000

Envoyer Annuler

Voir sur le site source