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Renouvellement du parc de transport de voyageurs : Le grand chantier des banques publiques

Par Aziz Kharoum5 min de lecture
Renouvellement du parc de transport de voyageurs : Le grand chantier des banques publiques
Résumé IA

Les quatre principales banques publiques algériennes (BEA, BNA, BADR, CPA) déploient des offres de financement coordonnées pour permettre aux transporteurs de renouveler leur parc de bus vieillissants de plus de 25 ans.

BanqueFinancement maxApport personnelDurée remboursementDifféréParticularités
CPA90 % du prix TTC10 % min10 ans6 moisTaux 5,5 % HT
BADR90 % du coût TTC10 %10 ans6 moisSubvention État 20 % ; crédit classique ou Mourabaha
BEANon préciséNon préciséNon préciséNon préciséLancement la semaine précédente
BNANon préciséNon préciséNon préciséNon préciséLancement la semaine précédente
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Les banques BEA, BNA, BADR et CPA mobilisent leurs financements pour le renouvellement du parc national du transport de voyageurs âgés de 25 à 30 ans et plus. Une offensive coordonnée en application du dispositif lancé par les hautes autorités du pays.

Après le retrait effectif des bus de plus de 30 ans d’âge dont la date butoir s’est achevée hier, les bus âgés de plus de 25 ans sont appelés à leur tour à quitter progressivement les routes algériennes dans les prochains mois. Pour que cette décision ne reste pas au stade de l’instruction administrative, un autre levier était indispensable afin de donner aux transporteurs les moyens et le temps nécessaire de remplacer leur principal outil de travail. C’est précisément sur ce terrain que les banques publiques viennent d’engager une offensive coordonnée. En l’espace de quelques jours, la Banque extérieure d’Algérie (BEA), la Banque nationale d’Algérie (BNA), la Banque de l’agriculture et du développement rural (BADR) et le Crédit populaire d’Algérie (CPA) ont annoncé des formules destinées au financement de nouveaux bus. Une décision généralisée par les pouvoirs publics afin que le retrait des véhicules anciens doit aller de pair avec leur remplacement. Pour les transporteurs privés, l’enjeu est considérable. Face à ce préalable, acheter un bus neuf représente un investissement lourd pour une activité dont le véhicule reste le principal outil de travail. Le financement bancaire devient, de ce fait, la pièce maîtresse du dispositif.
Le CPA, qui a lancé sa formule à partir de jeudi, propose aux professionnels du transport collectif, personnes physiques ou morales, de financer l’acquisition de nouveaux véhicules auprès de fournisseurs agréés. La banque peut couvrir jusqu’à 90% du prix d’achat en TTC, le transporteur devant apporter au minimum 10%. Le remboursement peut s’étaler sur dix ans, avec un différé de six mois avec un taux d’intérêt annoncé de 5,5% hors taxes. La BADR a retenu depuis mercredi une formule proche, avec une prise en charge pouvant atteindre 90% du coût d’acquisition TTC et une contribution personnelle de 10%. Son dispositif prévoit également, selon les conditions applicables, une subvention de l’Etat de 20%. La banque propose par ailleurs deux voies de financement. Il s’agit du crédit classique ou la finance islamique à travers la «Mourabaha». La durée de remboursement atteint dix ans, avec six mois de grâce. Il est à rappeler que la BEA et la BNA avaient ouvert la voie la semaine précédente en lançant leurs propres mécanismes de financement. La mobilisation successive de ces quatre établissements donne au programme une assise financière solide qui devrait faciliter le passage de la décision à l’achat et ainsi la mise en activité du transport.
Sur le terrain, ce sont les conditions de déplacement de millions d’usagers qui sont concernées. Le retrait des véhicules les plus anciens doit permettre de tourner la page d’une partie d’un parc vieillissant aux conséquences souvent désastreuses (accidents mortels) et de faire entrer rapidement sur les lignes des bus répondant davantage aux exigences actuelles en matière de sécurité, de confort, de fiabilité et de qualité de service. Une équation délicate pour laquelle le dispositif bancaire prend tout son sens. En finançant l’essentiel du prix d’acquisition et en étalant le remboursement sur une longue période, les banques peuvent réduire le poids immédiat de l’investissement pour les opérateurs. De même pour les pouvoirs publics où le chantier est un double défi, à savoir assainir le parc et préserver la continuité du service à l’orée de la rentrée sociale qui interviendra dans un mois. Pour les transporteurs, il s’agit de renouveler leur outil de travail sans mettre en péril leur équilibre financier.

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