La Librairie du soleil

Par Amine Bouali3 min de lecture
La Librairie du soleil
Résumé IA

La Librairie du soleil, fondée par Sid Ahmed après l'indépendance algérienne, incarnait l'espoir d'un avenir meilleur porté par les livres et la connaissance.

Cette petite librairie de quartier devint un lieu de rencontre où écoliers, étudiants et lecteurs trouvaient lumière et inspiration auprès d'un libraire convaincu du pouvoir transformateur du savoir.

Bien que le temps ait transformé la rue et les habitudes de lecture face aux écrans, le nom de cette librairie conserve la mémoire d'une époque où l'on croyait encore que les livres pouvaient éclairer les vies.

L

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Le Quotidien d'Oran

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Il l’appellera La Librairie du soleil. Notre pays avait l’âge des promesses, des rêves pleins les yeux et le cœur sur la main. On sortait de la longue nuit coloniale et, dans la ville, quelque chose ressemblait à un matin. On croyait en l’école, aux livres, aux enfants qui feraient demain mieux que leurs pères. On croyait surtout que le temps qui venait serait plus doux que celui qui s’en allait.

La petite librairie s’installa dans une rue principale. Sa vitrine était toute simple, quelques ouvrages y étaient exposés avec soin. Des écoliers y venaient acheter leurs fournitures, des étudiants dénicher un document, des lecteurs feuilleter les nouveautés. On entrait parfois sans savoir exactement ce que l’on cherchait. Un livre pouvait alors suffire à changer le cours d’une après-midi, et peut-être davantage. Sid Ahmed vendait des livres, mais il était difficile de quitter son seuil sans emporter avec soi un peu de cette lumière qui flottait dans l’air.

Sid Ahmed avait baptisé sa librairie ainsi parce qu’il croyait à la lumière des livres et à ce qu’ils pouvaient faire naître dans les esprits. Il croyait aussi en l’avenir, en cette génération d’enfants qui grandissait avec l’indépendance et qui devait construire le pays. La Librairie du soleil disait, en quelques mots, une double confiance : dans le pouvoir du savoir et dans l’avenir. Une confiance simple, presque enfantine, comme celle qui habite les hommes lorsqu’ils commencent une nouvelle page.

Les années ont passé. Les enfants d’hier ont vieilli. Certains ont quitté la ville, d’autres y sont restés. La rue a changé, les habitudes aussi. Le monde s’est mis à courir plus vite et les livres ont dû trouver leur place dans un univers saturé d’écrans et d’images. Pourtant, il suffit parfois de passer devant une ancienne librairie pour comprendre que certains noms ne désignent pas seulement un commerce. Ils gardent la mémoire d’une époque où l’on croyait encore que les livres pouvaient éclairer les vies et que demain pouvait être meilleur qu’hier.

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