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OQTF, arrestation, rétention : le calvaire d'une mère de six enfants menacée d'expulsion

Par Ali Aomar6 min de lecture
OQTF, arrestation, rétention : le calvaire d'une mère de six enfants menacée d'expulsion
Résumé IA

Nisrine Driouich, mère de six enfants sous OQTF depuis juin 2025, a été arrêtée le 9 août à Vesoul, placée en rétention et presque expulsée vers le Maroc avant un malaise qui a stoppé le transfert.

La mobilisation locale a obtenu du juge des libertés le 14 août son retour à domicile sous assignation, mais un nouveau vol était prévu pour le 23 août.

La préfecture a suspendu l'expulsion le 19 août en attendant la cour d'appel de Nancy, et elle a pointé le 20 août entourée de nombreux soutiens.

Elle espère que la justice annulera le refus de titre de séjour, son mari travaillant chez Stellantis, deux enfants nés en France et son engagement associatif plaidant pour sa régularisation.

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ObservAlgérie

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Une mère de six enfants sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) devait être expulsée vers le Maroc ce dimanche 23 août 2026. La préfecture de Haute-Saône a suspendu cette mesure mercredi 19 août, dans l'attente d'une décision de la cour administrative d'appel de Nancy. Retour sur les événements qui ont conduit à ce sursis temporaire.

Nisrine Driouich, 40 ans, est arrivée en France en 2021. Elle fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF) depuis juin 2025. Depuis cette date, elle doit pointer trois fois par semaine au commissariat de Vesoul, dans la Haute-Saône.

Dimanche 9 août 2026, alors qu'elle se rend à son pointage, elle est arrêtée. "D'un coup, ils m'ont dit que je ne pouvais pas rentrer chez moi, que j'allais au centre de rétention à Metz", raconte-t-elle à France 3 Franche-Comté. "Je ne pouvais pas utiliser mon téléphone, ni prévenir mon mari et mes enfants. Mon monde s'est effondré." Elle passe la nuit en centre de rétention.

Le lendemain, elle est transférée à l'aéroport pour embarquer dans un avion à destination du Maroc. "C'est allé tellement vite, c'était violent, je ne comprenais pas pourquoi ça m'arrivait", poursuit-elle. "Dans le taxi pour l'aéroport, j'ai fait un malaise." Devant son état de santé, les autorités la reconduisent au centre de rétention.

Une mobilisation à Vesoul et une première victoire

À Vesoul, des voix s'élèvent pour défendre la quadragénaire. Son avocat, Me Diaz, intervient dans les médias pour dénoncer une "procédure hâtive" et une "atteinte à l'état de droit". L'Alliance pour l'émancipation sociale, une association active en Haute-Saône, se mobilise et organise une manifestation devant la préfecture.

"Il nous semblait juste de nous mobiliser pour protester contre une décision politique insupportable", explique son président, Gérard Deneux. "Cette dame est bénévole aux Restos du cœur, au Secours populaire, elle parle très bien le français. Mais on l'arrache à sa famille. Elle n'avait même pas pu leur dire au revoir avant d'être emmenée en rétention. De quel droit ?"

Le 14 août 2026, le juge des libertés et de la détention se prononce contre son placement en centre de rétention. Nisrine Driouich peut rentrer chez elle, mais elle ne peut pas quitter son appartement. Un nouveau vol vers le Maroc est programmé pour ce dimanche 23 août.

La préfecture suspend l'expulsion

Mercredi 19 août, la préfecture de Haute-Saône annonce suspendre "l'exécution de la mesure d'éloignement", dans l'attente de la décision de la cour administrative d'appel de Nancy. Cette suspension est temporaire. La mère de famille peut donc rester en France pour le moment.

Jeudi 20 août, Nisrine Driouich se rend au commissariat de Vesoul pour son pointage, entourée de plusieurs dizaines de personnes. "Quand je suis arrivée ici, j'avais une petite famille. Maintenant, j'ai une grande famille", déclare-t-elle. "Merci beaucoup, merci pour votre aide. Je suis choquée par cette nouvelle. Je vais pouvoir rester avec mes enfants. C'est ce que je voulais. Six enfants, ce n'est pas facile pour leur papa. Merci aussi à monsieur le préfet. Sa décision m'a donné du courage."

Un combat qui n'est pas terminé

Nisrine Driouich espère que la cour administrative d'appel de Nancy déjugera la préfecture de Vesoul et le tribunal administratif de Besançon, qui se sont opposés à l'obtention de son titre de séjour. "On m'a reproché de ne pas avoir de contrat de travail, pas de fiche de paie", assure-t-elle. "Mais lors de son refus, la préfecture de Vesoul m'avait donné un récépissé sans autorisation de travail. J'avais trouvé des employeurs dans l'entretien, dans la restauration. Mais avec ce document, ils ne pouvaient pas m'embaucher légalement."

Son mari est salarié chez Stellantis. Ses six enfants sont scolarisés à Vesoul, dont deux sont nés en France. Elle est bénévole aux Restos du cœur et au Secours populaire. "Aujourd'hui, j'aimerais que la justice réexamine mon dossier. J'ai six enfants, deux sont nés en France. Mon mari travaille en France. Je parle français, j'aide dans des associations. Je suis prête à travailler si on m'en donne le droit. Je veux juste rester avec ma famille. Je ne pourrai pas vivre loin d'eux."

Une pétition pour demander sa régularisation est en ligne, publiée par l'Alliance pour l'émancipation sociale. La décision de la cour administrative d'appel de Nancy devrait intervenir dans plusieurs mois.

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