Mawlid : quand le sacré se perd dans le fracas des pétards !
Le Mawlid, commémoration de la naissance du Prophète Mohammed, devrait être un moment de piété, de recueillement et de paix, mais il est de plus en plus marqué par l'usage massif de pétards et feux d'artifice plusieurs jours à l'avance.
Cette pratique transforme une célébration spirituelle en source de vacarme, de panique et de dangers concrets : blessures, incendies, dégâts matériels, et troubles pour les enfants, personnes âgées, malades et familles.
L'auteur dénonce une contradiction flagrante entre la sacralité de l'événement, qui appelle à la sérénité et à la fraternité, et la violence sonore qui le dénature, appelant à choisir enfin entre recueillement et mise en danger d'autrui.
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Le Quotidien d'Oran
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Chez nous, c'est dans le brouhaha et le lancement de pétards que l'on célèbre, plusieurs jours à l'avance, les fêtes religieuses et le Nouvel An, avec tout ce que cela implique comme risques et désagréments pour les personnes et les biens. Pourtant, s'agissant du Mawlid, cette pratique apparaît en totale contradiction avec l'essence même de cette commémoration. Le Mawlid est avant tout un moment de piété, de recueillement et de méditation autour de la naissance du Prophète Mohammed, paix et salut sur lui. Il devrait être un instant de sérénité, de partage, de transmission et d'élévation spirituelle. Comment expliquer alors que cette célébration, empreinte de sacralité, soit transformée en une succession de détonations, de vacarme et parfois de scènes de panique ? Il y a là une incompatibilité évidente entre la spiritualité de l'événement et la violence du bruit. D'un côté, un moment qui devrait appeler au calme, à la réflexion et au rapprochement des valeurs de paix et de fraternité. De l'autre, des produits pyrotechniques qui explosent à toute heure, troublent la tranquillité des familles, terrorisent les enfants, incommodent les personnes âgées, perturbent les malades et exposent parfois les utilisateurs eux-mêmes, ainsi que les passants et les biens, à de graves dangers.
Car derrière ce qui est trop souvent présenté comme un simple « jeu » ou une tradition festive, il y a une réalité bien moins réjouissante : des blessures, des incendies, des dégâts matériels et une insécurité inutile imposée à toute une population. À force de confondre célébration et vacarme, ferveur et agitation, nous finissons par dénaturer le sens même de l'événement. Depuis quand la spiritualité a-t-elle besoin de détonations pour s'exprimer ? Depuis quand le recueillement se mesure-t-il au nombre de pétards qui explosent dans nos rues ? Le paradoxe est d'autant plus frappant que l'on prétend célébrer un événement dont la portée spirituelle devrait précisément inspirer la paix et la sérénité, tout en utilisant des objets dont le seul effet est souvent de provoquer la peur, le désordre et le danger. Le Mawlid mérite mieux que ce déferlement de bruit et de poudre. Le célébrer dignement, ce n'est pas rivaliser à coups de pétards ou transformer nos quartiers en zones de détonations. C'est respecter ce qu'il représente : un moment de paix, de fraternité, de transmission et de spiritualité. Car entre la sacralité d'une commémoration et le fracas des explosions, entre le recueillement et le vacarme, entre la paix et la mise en danger d'autrui, il faudrait peut-être enfin choisir. Le Mawlid n'a pas besoin d'exploser pour être célébré !