Révélations sur l’affaire Aissiou : Mandat d’arrêt, connexions israéliennes et lobbies de l’ombre

L'homme d'affaires algérien Ayoub Aissiou, condamné pour corruption et crimes durant la Issaba, est incarcéré en Espagne suite à un mandat d'arrêt international et une demande d'extradition algérienne.
Une lettre ouverte signée par des intellectuels pro-israéliens dont Schiffer, Halter, Chalghoumi, Bruckner, Kouchner et Sansal réclame sa libération, dénonçant une manœuvre politique pour soustraire un condamné à la justice.
L'enquête révèle ses liens avec le renseignement marocain, la DGSE française via Mohamed Sifaoui, et au moins trois séjours en Israël depuis 2022, tissant un réseau d'influence transnational.
Deux anciens gardes du corps, témoins clés, collaborent désormais avec la justice pour documenter ses déplacements entre le Maroc, l'Europe et Israël, apportant des preuves décisives à l'instruction.
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Loin d’opter pour la discrétion qu’impose l’exil, le fugitif déploie dès son ancrage européen un activisme méthodique.
Actuellement écroué dans une prison espagnole à la suite d’un mandat d’arrêt international et d’une demande d’extradition formelle émise par l’Algérie, l’homme d’affaires Ayoub Aissiou tente d’échapper à son destin judiciaire. Déjà lourdement condamné par la justice algérienne dans de sombres affaires de corruption, le fugitif doit désormais répondre d’agissements criminels d’une gravité exceptionnelle durant la période de la Issaba. Face à l’imminence de son extradition, une opération de sauvetage politique s’est orchestrée. La preuve irréfutable du soutien inconditionnel que lui vouent plusieurs réseaux d’influence sionistes et pro-Israël s’est étalée au grand jour à travers une lettre ouverte adressée aux gouvernements espagnol et français, demandant sa libération immédiate. Impulsé par le philosophe Daniel Salvatore Schiffer, dont la mère est juive, avec le concours actif de Marek Halter, également juif, et le pseudo imam pro-Israël Hassen Chalghoumi, ce plaidoyer rassemble un collectif d’intellectuels et de figures médiatiques comprenant d’autres sionistes, comme Pascal Bruckner, Bernard Kouchner, Arno Klarsfeld, Eric Naulleau, Pierre-André Taguieff, Boualem Sansal, Céline Pina, Robert Redeker, François Kasbi, Elie Chouraqui, Michaël Prazan, Olivier Weber, Sarah Cattan, Nathalie Krikorian, Annie Sugier, Michel Gad Wolkowicz et Jean-Claude Zylberstein. Une manœuvre désespérée pour soustraire un condamné à la justice de son pays.
Le 3 avril 2019 scelle une rupture cardinale dans la trajectoire d’Ayoub Aissiou. Alors que l’étau de l’appareil judiciaire se resserre inéluctablement sur lui, cet homme d’affaires orchestre sa fuite vers la France, abandonnant dans son sillage une nébuleuse d’interrogations non résolues. Ce qui aurait pu s’apparenter à une banale manœuvre de dérobade face à l’institution judiciaire s’est prestement métamorphosé en une machination géopolitique d’une complexité singulière. Loin d’opter pour la discrétion qu’impose l’exil, le fugitif déploie dès son ancrage européen un activisme méthodique. Il tisse avec de la suite dans les idées une toile d’influence tentaculaire, dont la charnière opératoire s’articule entre le territoire français et la Confédération suisse. Ce conglomérat d’alliances hétéroclites embrasse un spectre particulièrement vaste, oscillant des strates du grand banditisme de la banlieue parisienne jusqu’aux arcanes de cercles d’influence politiques particulièrement structurés.
Pactes d’ombre et connexions israéliennes
L’attrait exercé par le Royaume chérifien sur Ayoub Aissiou s’inscrit dans une temporalité plus ancienne. Si ses pérégrinations marocaines s’avèrent récurrentes dès 2014, le rythme de ses traversées s’intensifie de manière drastique dès la rupture de 2019, atteignant une fréquence minimale mensuelle. Un faisceau de concordances documentaires atteste que c’est au cours de cette même année 2019, au cœur de la capitale française, que s’opèrent les premiers contacts formels avec les officiers du Makhzen. Ces conclaves de l’ombre jettent les bases d’une synergie opérationnelle ouvertement orientée vers la déstabilisation de l’Etat algérien et l’altération de la souveraineté de ses institutions. L’architecture de ce dispositif franchit un palier qualitatif en 2023, à la faveur d’un rapprochement stratégique avec le journaliste et essayiste Mohamed Sifaoui. Ce dernier s’impose comme un rouage pivot, facilitant l’immersion d’Aissiou auprès des services d’intelligence de la DGSE tout en plaidant sa cause au sein de relais d’influence sionistes en France. En réciprocité, Aissiou formalise la jonction entre Mohamed Sifaoui et les éléments subversifs en Europe, scellant la création d’un axe médiatico-politique à haute charge offensive.
La dimension la plus névralgique du dossier réside toutefois dans la composante israélienne. L’année 2022 constitue à cet égard un seuil critique, marqué par le premier déplacement documenté d’Aissiou en terre israélienne. Selon les révélations émanant de son cercle familial et relationnel immédiat, cette pérégrination inaugurale n’avait rien d’un acte isolé. En effet, au moins trois séjours à Tel-Aviv auraient été répertoriés depuis lors, scellant un ancrage direct au cœur de ces réseaux. A mesure que les répercussions de cette affaire accentuent les frictions diplomatiques, la posture du prévenu s’avère de plus en plus précaire. Deux intimes de première heure, ayant œuvré dans son ombre en qualité de gardes du corps, disposent d’éléments de première main. Ces témoins capitaux sont désormais en capacité de reconstituer avec une rigueur chirurgicale l’intégralité des itinéraires, d’attester la réalité matérielle des déplacements entre le Maroc, l’Europe et Israël, et d’apporter ainsi un corps de preuves décisif à l’instruction judiciaire. A suivre…
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