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L’eau se fait rare : Appel à changer nos habitudes dès maintenant

Par Amel Blidi8 min de lecture
L’eau se fait rare : Appel à changer nos habitudes dès maintenant
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Le ministère de l’Hydraulique et l’ANSS lancent un dispositif d’alerte à quatre niveaux et appellent à une gestion durable de l’eau face à la raréfaction de la ressource amplifiée par la chaleur et la sécheresse.

Les quatre paliers — vigilance, alerte, alerte renforcée, crise — prévoient une montée progressive des mesures, de la simple sensibilisation à la restriction stricte des usages non vitaux pour préserver l’approvisionnement en eau potable.

Les autorités soulignent que 40 % de l’eau produite est perdue dans les réseaux et exigent des citoyens, opérateurs et collectivités une réparation rapide des fuites et la réduction des consommations superflues comme le lavage des véhicules ou l’arrosage en pleine chaleur.

Elles encouragent par ailleurs la réutilisation des eaux usées traitées pour des usages non potables et interdisent tout rejet polluant dans les cours d’eau afin de protéger la santé publique.

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«La disponibilité d’une eau sûre et potable constitue l’un des fondements essentiels pour la protection de la santé humaine, l’amélioration de la qualité de vie et le soutien au développement économique et social», rappellent le ministère de l’Hydraulique et l’ANSS.

Face à la pression croissante qui s’exerce sur les ressources hydriques, le ministère de l’Hydraulique et l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS) appellent à renforcer la vigilance et surtout à inscrire les économies d’eau dans la durée. Dans un communiqué conjoint rendu public hier, les deux institutions rappellent que la préservation de l’eau touche directement à la santé publique, à la sécurité sanitaire et aux conditions de vie de la population. «La disponibilité d’une eau sûre et potable constitue l’un des fondements essentiels pour la protection de la santé humaine, l’amélioration de la qualité de vie et le soutien au développement économique et social», rappellent le ministère de l’Hydraulique et l’ANSS. Mais cette ressource est exposée aux tensions liées à l’augmentation des températures, à la répétition des vagues de chaleur, à la baisse des précipitations et à l’allongement des périodes de sécheresse. Le communiqué précise que lorsque l’eau devient moins disponible, les conséquences finissent par se répercuter directement sur la santé des populations. Les périodes de fortes chaleurs ajoutent un risque supplémentaire. Lorsque chaleur et sécheresse se conjuguent, les situations de déshydratation aiguë et d’hyperthermie peuvent se multiplier, en particulier chez les personnes vulnérables.
Les tensions sur les ressources peuvent compliquer les conditions d’approvisionnement et accroître certains risques liés à la qualité de l’eau et aux maladies à transmission hydrique. C’est pourquoi les deux institutions considèrent que la rationalisation de la consommation doit être pensée comme une composante de la prévention sanitaire. «Il serait impératif de consolider les principes d’une gestion quotidienne et rationnelle de l’eau», soulignent-elles, en rappelant que cette gestion participe directement à la protection de la santé publique et à la préservation durable des ressources hydriques.

Quatre niveaux pour suivre la dégradation de la situation

Pour anticiper les effets éventuels de la sécheresse et adapter progressivement la réponse à l’évolution de la situation hydrique, le ministère de l’Hydraulique et l’ANSS proposent un dispositif reposant sur quatre niveaux : vigilance, alerte, alerte renforcée et crise. Le premier niveau, celui de la vigilance, correspond au suivi des premiers signes de stress hydrique. Il s’agit surtout de sensibiliser la population et les différents secteurs à la nécessité de modifier certains comportements, de réduire les consommations inutiles et de limiter les usages qui ne sont pas indispensables. Le niveau d’alerte repose sur la mise en place de mesures destinées à réduire certains usages non essentiels, avec un renforcement de l’information et de la sensibilisation. L’alerte renforcée correspond à une situation où la dégradation des ressources se poursuit. Les mesures de maîtrise de la consommation deviennent alors plus strictes afin de préserver les réserves disponibles et éviter d’atteindre un seuil critique. Enfin, le niveau de crise intervient lorsque la situation hydrique atteint un stade critique. La priorité devient alors l’approvisionnement en eau potable, les usages sanitaires essentiels et les exigences de sécurité publique. La majorité des autres usages peuvent être limités afin de garantir les besoins vitaux de la population.
Les autorités prennent toutefois soin de préciser que ces quatre niveaux constituent un cadre indicatif de sensibilisation et de vigilance. Ils ne doivent pas être confondus avec des mesures réglementaires de restriction. Lorsque des restrictions d’usage sont décidées, celles-ci relèvent des autorités compétentes et sont appliquées conformément aux textes et procédures en vigueur.

Objectif : Réduire les pertes d’eau

Les autorités invitent également les opérateurs, les établissements publics, les entreprises et les collectivités à surveiller leurs consommations et à intervenir rapidement en cas de fuite ou de dysfonctionnement pour éviter le problème des pertes dans les réseaux. Selon les estimations citées de la Banque mondiale, deux litres d’eau sur cinq produits seraient perdus au niveau des réseaux de distribution. Une part considérable de la ressource mobilisée n’arrive pas jusqu’à l’utilisateur final. Aussi, il sera demandé aux citoyens de fermer un robinet qui coule inutilement ou de réduire le lavage des voitures. Le communiqué appelle ainsi les citoyens à signaler rapidement les fuites et les dysfonctionnements constatés sur les réseaux de distribution ou sur la voie publique auprès des organismes chargés du service public de l’eau et des services compétents des collectivités locales.
Les deux institutions recommandent également d’éviter d’utiliser de l’eau potable lorsque d’autres solutions peuvent être envisagées. L’objectif est de réserver prioritairement cette eau à la consommation humaine et aux usages sanitaires essentiels. L’arrosage des jardins et des espaces verts devrait ainsi être rationalisé, notamment en évitant les heures les plus chaudes, lorsque l’évaporation est maximale. Lorsque cela est possible, les techniques économes en eau, comme l’irrigation goutte-à-goutte, sont à privilégier. Le lavage des véhicules, des trottoirs et des espaces extérieurs doit aussi être limité aux situations où il est réellement nécessaire et effectué dans les lieux prévus à cet effet. Même recommandation pour les piscines privées. En période de tension hydrique, leur remplissage, leur renouvellement ou leur remise à niveau peuvent être reportés. L’eau destinée à la boisson, à la préparation des aliments et aux usages sanitaires essentiels doit évidemment être protégée en priorité.
A l’inverse, certains usages peuvent être différés, réduits ou réalisés avec des ressources alternatives lorsque cela est techniquement et sanitairement possible.
Le ministère et l’ANSS appellent ainsi à éviter tout rejet de déchets ou de substances polluantes dans les oueds, les cours d’eau, à proximité des puits ou des ouvrages hydrauliques. La pollution peut affecter directement la qualité de l’eau, l’environnement et la santé humaine, tout en compliquant davantage la gestion d’une ressource déjà sous pression. Dans cette perspective, les autorités encouragent également la réutilisation des eaux usées traitées pour certains usages qui ne nécessitent pas d’eau potable, notamment le lavage des voiries et l’arrosage des jardins et des espaces verts.
Cela suppose évidemment des infrastructures adaptées, des systèmes de traitement fiables et un contrôle sanitaire rigoureux. La réutilisation des eaux usées ne peut pas être improvisée et doit répondre à des normes précises et à des usages définis. Dans ce contexte, «le ministère de l’Hydraulique et l’Agence nationale de sécurité sanitaire appellent les citoyens ainsi que l’ensemble des acteurs concernés à ancrer durablement ces pratiques et à les adopter de manière pérenne, ceci afin de contribuer à la préservation des ressources en eau, à la protection de la santé publique et au renforcement de la sécurité sanitaire».

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