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Alors que Trump menace l’Iran d’une Guerre économique «sans précédent» : Les mises en garde de Téhéran

Par Mustapha Benfodil7 min de lecture
Alors que Trump menace l’Iran d’une Guerre économique «sans précédent» : Les mises en garde de Téhéran
Résumé IA

Donald Trump menace l'Iran d'une guerre économique «sans précédent» et appelle ses alliés à isoler totalement le pays, y compris en sanctionnant tout État qui lui porterait assistance.

En riposte, le général Mohsen Rezaei, chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, avertit que tout pays voisin participant à cet embargo sera considéré comme ennemi et potentiellement ciblé par Téhéran.

L'Iran menace de bloquer intégralement le détroit d'Ormuz et le golfe Persique au trafic pétrolier si les pays de la région s'alignent sur Washington, tout en affirmant avoir exporté 70 millions de barils malgré le blocus naval américain.

Téhéran durcit sa posture diplomatique, refusant désormais de négocier «comme un enfant bien élevé» et exigeant que les États-Unis respectent d'abord leurs engagements avant toute réouverture du détroit.

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«Nous demandons à tous les pays voisins de ne pas entrer dans la guerre économique contre l’Iran. Quiconque s’y engagera sera considéré comme un ennemi», a prévenu le patron du Conseil suprême de sécurité nationale iranien et ancien chef des Gardiens de la Révolution, le général Mohsen Rezaei.

Il y a quelques jours, Donald Trump a menacé l’Iran d’un embargo économique d’une ampleur inédite. Mercredi, il écrivait sur Truth Social : «J’annonce aujourd’hui l’opération la plus dévastatrice jamais menée contre un pays ! Il s’agira d’une guerre économique et d’un isolement d’une ampleur sans précédent.» Le président américain a ajouté : «J’annonce également que tout pays qui autorisera ses institutions financières, ses entreprises, ses aéroports ou ses entités gouvernementales à fournir une aide quelconque à l’Iran s’exposera lui-même à d’énormes conséquences économiques. Contrebande de pétrole, lignes de swap, transferts d’argent, bureaux de change, registres maritimes, sociétés écrans, tout cela doit cesser immédiatement. Vous savez de qui je parle. Ce sera un jour J économique, et nous avons besoin que tous nos alliés se rangent aux côtés des Etats-Unis d’Amérique pour isoler et vaincre la menace iranienne.» Hier, l’Iran a prévenu à son tour que tout pays qui s’associera à cette offensive économique sera considéré comme un ennemi. C’est ce qu’a déclaré hier le patron du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, le général de division Mohsen Rezaei, mettant particulièrement en garde «les pays voisins contre toute participation à la guerre économique menée par les Etats-Unis contre l’Iran». «Téhéran considérera comme un ennemi tout pays prenant part à de telles initiatives et pourrait le prendre pour cible s’il persistait dans cette voie», a averti samedi soir le haut responsable iranien dans une interview télévisée et dont les propos ont été repris par l’agence Tasnim.

«Nous ne laisserons pas passer une seule goutte de pétrole»

«Nous demandons à tous les pays voisins de ne pas entrer dans la guerre économique contre l’Iran. Quiconque s’y engagera sera considéré comme un ennemi», a-t-il martelé. L’ancien commandant en chef du Corps des Gardiens de la Révolution a précisé en outre, selon l’agence Tasnim, que l’Iran «cherchera dans un premier temps à négocier avec ces pays pour les persuader de ne pas participer, mais s’ils persistent, Téhéran les prendra pour cible». «S’ils se lancent dans une telle action, nous ne laisserons pas passer une seule goutte de pétrole par le golfe Persique. (…) Le pétrole ne sortira ni par le détroit d’Ormuz ni par le golfe Persique» a fait savoir le général Rezaei. Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien a signalé au passage que l’Iran a verrouillé le détroit d’Ormuz «sans pour autant entraver l’approvisionnement en pétrole du golfe Persique». D’ailleurs, la République islamique a «accordé des autorisations spéciales à certains pétroliers irakiens pour qu’ils puissent franchir le détroit stratégique d’Ormuz» a indiqué avant-hier l’AFP. «Bien qu’il soit soumis aux mesures militaires les plus sévères (…) des Etats-Unis, Téhéran a autorisé plusieurs pétroliers irakiens à traverser le détroit au cours des six derniers mois», a rapporté samedi l’agence Irna. Autre précision de taille apportée par Mohsen Rezaei lors de son intervention télévisée : il a affirmé que «l’Iran s’est jusqu’à présent abstenu d’attaquer les intérêts économiques américains». «L’Iran n’envisage toujours pas pour l’instant de rouvrir le détroit d’Ormuz. C’est à Washington d’agir en premier et de respecter ses engagements. (…) Par conséquent, la réouverture du détroit d’Ormuz n’est pas à l’ordre du jour», a-t-il tranché.

«Nous n’irons plus aux négociations comme un enfant bien élevé»

Il a rappelé que l’Iran «a déjà annoncé ses conditions pour la réouverture du détroit, et le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, les a transmises aux Américains». «Nous prenons la diplomatie au sérieux, mais nous avons changé de méthode. Nous ne nous assoirons plus à la table des négociations comme un enfant bien élevé», a asséné M. Rezaei. «Nous attendons que ces engagements soient mis en œuvre», a-t-il répété. Le chef militaire au long cours a assuré par ailleurs que «la stratégie de défense et le comportement international de l’Iran ont subi des changements significatifs à la suite de la récente guerre d’agression américano-israélienne», soulignant que Téhéran «ne mènera plus sa diplomatie de la même manière qu’auparavant». «L’Iran d’aujourd’hui ne sera plus l’Iran d’avant la guerre», a-t-il dit, ajoutant que l’Iran allait changer «ses approches diplomatiques compte tenu de la violation par Washington de ses engagements et de sa trahison des négociations». Les Etats-Unis «ont montré leur véritable visage en attaquant l’Iran, en assassinant le Guide suprême iranien et en frappant des écoles», a-t-il poursuivi en référence au massacre de 168 fillettes de l’école de Minab, le premier jour de la campagne militaire américano-israélienne contre l’Iran, le 28 février 2026. Lors de son intervention, M. Rezaei a minimisé l’impact de la guerre économique annoncée par Trump, la qualifiant de «pure propagande». «Ils veulent briser l’unité du peuple par la pression économique et pousser certaines personnes à descendre dans la rue», estime le responsable iranien. D’après lui, ce recours à l’arme économique est le signe que «les Américains ont pris conscience que la confrontation militaire ne fonctionne plus».
Commentant le blocus naval imposé par les Etats-Unis aux ports et aux navires iraniens depuis plusieurs mois, Mohsen Rezaei affirme que l’Iran a «exporté environ 70 millions de barils de pétrole» durant les dernières semaines.

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