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Un portraitiste d’exception nous quitte !

Par Farouk Baba Hadji4 min de lecture
Brifa
Résumé IA

Le journaliste algérien Hamid Tahri, figure emblématique de la presse nationale, s'est éteint après une carrière consacrée au portrait et à l'immortalisation des parcours historiques.

Il débute dans les années 1970 à la rubrique sportive d'El Moudjahid avant de devenir editorialiste, reporter et chroniqueur à El Watan, reconnu pour son style fluide et sa maîtrise descriptive.

En 2017, il publie chez Casbah Editions «Portraits, itinéraires peu communs», compilation de textes consacrés à des figures politiques, culturelles et sociales, et poursuit ses chroniques jusqu'en juillet 2024 sur le Mondial 2026.

Son collègue Farouk Baba Hadji salue sa silhouette reconnaissable — béret basque, cache-col et moustache —, son affabilité légendaire et son dernier conseil : ne jamais cesser d'écrire pour fixer la vérité des destins.

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Tout ados, dans les années seventies du siècle dernier, on s’arrachait le lundi, dans le lycée, le quotidien national El Moudjahid, pour lire le contenu de la rubrique sportive, notamment celui consacré aux matches du championnat national de foot, déroulés la veille. Aux côtés des plumes qui animaient les pages sportives, il y avait le frais émoulu Hamid Tahri qui avait entamé sa carrière de journaliste aux côtés des figures de la presse sportive, comme Mokhtar Chergui, Djamel Saifi, Maamar Farah, Yazid Ouahib et tant d’autres signatures. On se délectait de la lecture de ceux plus âgés que nous qui animaient la rubrique sportive, en termes de commentaires, d’analyses, de reportages et autres interviewes. A dire vrai, on se passait El Moudjahid juste pour la lecture de la rubrique sportive qui nous tenait à cœur.
Plus tard, mon intégration au quotidien El Moudjahid dans le service «Correction-révision» me permettait de côtoyer les journalistes qui, pour revoir ou apporter quelques correctifs à leurs papiers, faisaient un saut, devoir oblige, dans le bureau à la table «octogonale», un service chapeauté par Ammi Kadri et Omar Tchikou.
Hamid Tahri venait très souvent au bureau pour rajouter ou retirer des passages de son reportage avant l’impression. Il était affable et, avec un sourire discret au coin des lèvres, aimait échanger le verbe avec tout le monde. Plus tard, je le rencontrais dans la Maison de la presse Bachir-Attar. Editorialiste, reporter et chroniqueur dans le quotidien El Watan, il est réputé pour son style rédactionnel fluide et sa maîtrise d’écriture descriptive. Il crée une galerie de portraits de figures historiques et de personnages emblématiques de la politique, de la culture et de la société. Pour la postérité, il sort en 2017, chez Casbah Editions, un beau livre, intitulé Portraits, itinéraires peu communs, une compilation de textes-portraits de figures historiques et publiques.
Portant un béret basque, un cache-col et moustache presqu’en bandoulière, je le vois, à pas feutrés, arpenter le couloir de la rédaction, un stylo à la main, avant d’aller rectifier le «tir» à la salle de saisie et de montage du journal. 
Parfois, je l’apostrophais au centre-ville pour l’aiguiller vers une figure majeure de l’art plastique ou un acteur de la Guerre de Libération nationale, dont le parcours reste méconnu de l’opinion, notamment la jeune génération. Il ne fait jamais l’impasse sur ce qu’on lui dit ou propose. Il se saisit vite de son calepin dans le but de prendre langue avec la figure en question et immortaliser la vérité profonde de son parcours, qu’elle soit mémorable ou fascinante. «Madjid ! me conseille-t-il, quelques mois avant son décès, alors que des signes de fatigue se dessinaient sur son visage, il faut toujours immortaliser les faits et ne t’arrête jamais d’écrire.» Ses derniers écrits remontent à juillet dernier, lorsqu’il débitait ses belles et incisives chroniques autour du «footeux»Mondial 2026.
Paix à ton âme Hamid. Puisse Allah t’accueillir en Son Vaste Paradis.

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