Approvisionnement gazier : L’Europe peine à reconstituer ses stocks

L'Europe peine à reconstituer ses stocks de gaz avant l'hiver, avec des injections nettes de seulement 325 TWh entre avril et juillet, soit 11 % sous la moyenne quinquennale.
Le continent accuse un déficit de 72 cargaisons de GNL et devrait atteindre seulement 69 à 84 % de remplissage au 1er novembre, loin de l'objectif de 90 %.
Les prix du TTF ont bondi de 130 % depuis janvier, dépassant 65 €/MWh, et Oxford Economics prévoit une inflation à 3,5 % en zone euro si les cours restent élevés.
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El Watan
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A l’approche de l’hiver, l’Europe doit composer avec des stocks de gaz plutôt bas en comparaison avec les années précédentes. La reconstitution des réserves constitue désormais un enjeu majeur pour la sécurité de l’approvisionnement du vieux continent, en raison d’une concurrence mondiale accrue autour des cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL) disponibles et d’une nette augmentation des prix, dans le sillage de la crise autour du détroit d’Ormuz.
«Les injections nettes de gaz pour reconstituer les stocks européens n’ont atteint que 325 térawattheures (TWh) entre avril et juillet 2026, soit environ 11% de moins que la moyenne des cinq dernières années et 18% de moins qu’à la même période en 2025.», selon Energia Oltre. L’Europe a reçu en moyenne 105 cargaisons par mois de GNL, entre avril et juillet, alors qu’environ 130 cargaisons étaient nécessaires pour se rapprocher d’un niveau de stockage de 80% début novembre. Le déficit cumulé est estimé à 72 cargaisons, soit environ 72 TWh de gaz qui auraient pu être injectés dans les réserves. Pour atteindre au moins 80% de remplissage, plus de 140 cargaisons de GNL par mois seraient désormais nécessaires au cours des trois derniers mois de la saison d’injection. Selon Energia Oltre, les stocks européens pourraient se situer entre 69 et 84% au 1er novembre, en fonction notamment des niveaux d’injection et de la disponibilité du GNL. L’objectif de 90% apparaît ainsi difficile à atteindre. A cette contrainte sur l’offre gazière s’ajoute une demande d’électricité élevée en Europe, en raison des températures exceptionnellement élevées observées cet été. La chaleur stimule la consommation électrique, tandis que la sécheresse pénalise la production hydroélectrique et que les fortes températures affectent également la production nucléaire. Les centrales à gaz sont alors davantage sollicitées pour compenser une partie du déficit. Une combinaison de facteurs qui se reflète sur les prix. Le contrat à terme Title Transfer Facility (TTF), principale référence du marché gazier européen, a dépassé 65 euros/MWh le 20 août, atteignant son niveau le plus élevé depuis mars. Les prix ont globalement progressé de plus de 130% depuis le début de l’année. L’enjeu dépasse, par ailleurs, la seule sécurité énergétique. Une hausse durable des prix du gaz pourrait également alimenter l’inflation et peser sur le pouvoir d’achat des ménages. Selon Oxford Economics, l’inflation de la zone euro pourrait se rapprocher de 3,5% au second semestre 2026 si les prix de gros du gaz restent élevés.
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