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France : des soutiens controversés se mobilisent contre l’extradition d’Ayoub Aissiou vers l’Algérie

Par Amine Ait4 min de lecture
France : des soutiens controversés se mobilisent contre l’extradition d’Ayoub Aissiou vers l’Algérie
Résumé IA

Une lettre ouverte signée par des personnalités d'extrême droite et pro-israéliennes, dont Arno Klarsfeld, Éric Naulleau et Bernard Kouchner, demande à la France et à l'Espagne de bloquer l'extradition d'Ayoub Aissiou vers l'Algérie.

L'homme d'affaires, présenté comme un opposant kabyle réfugié, a été condamné en décembre 2024 à vingt ans de prison pour corruption et ses biens immobiliers ont été saisis par la justice algérienne.

Les quotidiens El Watan et El Khabar révèlent ses multiples déplacements en Israël et ses liens avec des lobbies sionistes, ce qui discrédite davantage sa défense aux yeux de l'opinion algérienne.

Cette mobilisation médiatique apparaît comme une tentative d'impliquer l'Élysée dans une affaire judiciaire qui ne le concerne pas directement.

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En France, les anti-Algérie refont surface. Cette fois, c’est pour réclamer la non-extradition par l’Espagne, de l’ancien oligarque, Ayoub Aissiou, qui a été lourdement condamné pour des faits liés à la corruption en Algérie.

Une lettre ouverte adressée au président français, Emmanuel Macron, et au premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, demande la libération de cet homme d’affaires recherché par l’Algérie qui a été arrêté et détenu en Espagne.

Des soutiens douteux au secours d’Ayoub Aissiou

Parmi les signataires, on retrouve des personnalités d’extrême droite et des pro-Israël comme l’avocat Arno Klarsfeld, l’essayiste Éric Naulleau, l’écrivain Boualem Sansal, l’essayiste Céline Pina qui est connue aussi pour ses polémiques sur l’islam et son soutien à Israël, ou encore l’ancien ministre français des Affaires étrangères et européennes Bernard Kouchner, qui visiblement ne connaissent pas le dossier Aissiou ou font semblant de l’ignorer.

Dans cette lettre, Ayoub Aissiou est dépeint comme un “citoyen algérien, kabyle, réfugié en France depuis 2019”, dont le seul tort serait d’avoir “osé critiquer à travers la chaîne de télévision dont il est propriétaire, El Djazairia One, le régime autoritaire de son pays d’origine”, alors que les poursuites contre cet homme d’affaires ont été engagées après la chute du président Abdelaziz Bouteflika en avril 2019 et ce dans le cadre de la lutte contre la grande corruption.

Une lettre ouverte pour demander la libération d’Aissiou

Cette lettre intervient à un moment où l’extradition de Aissiou, qui croupit actuellement dans une prison espagnole, se précise, notamment après la demande formelle qui a été déposée par l’Algérie. Poursuivi notamment pour corruption, l’homme d’affaires algérien voit des personnalités voler désespérément à son secours.

Dans cette lettre, les signataires demandent « sans aucun intérêt géostratégique ni calcul idéologique… de ne pas livrer Monsieur Ayoub Aissiou à Alger” et de procéder à “sa libération de son actuelle prison en Espagne afin qu’il puisse rejoindre sa famille en France”.

Il suffit cependant de lire les noms des signataires de cette lettre ouverte pour comprendre leur véritable motivation.

Une lettre qui enfonce davantage Aissiou aux yeux des Algériens

Ainsi, au lieu de le servir, cette lettre enfonce davantage Ayoub Aissiou, mettant en avant ses connexion louches avec le lobby pro-israélien, estime le quotidien algérien El Watan qui dévoile que le mis en cause s’est déplacé en Israël à trois reprises, dont la première était en 2022.

Le quotidien El Khabar s’interroge, quant à lui, sur la raison qui pousserait des intellectuels français à soutenir un fugitif algérien corrompu, soulignant qu’il y a une volonté manifeste d’impliquer l’Élysée dans une affaire qui ne le concerne pas du tout à la base.

Pour rappel, Ayoub Aissiou est loin d’être l’opposant comme le présente les signataires de cette lettre ouverte. Plus qu’un propriétaire d’une chaîne de télévision, Aissiou était à la tête d’un empire multisectoriel.

En décembre 2025, il a été condamné à 20 ans de prison par la justice algérienne. Le juge a pris 27 minutes pour lire la liste de ses biens saisis notamment à Alger où il s’est constitué un empire immobilier. Profitant de facilités bancaires, le mis en cause a fait fortune en touchant à divers secteurs, notamment l’agriculture, l’importation et l’immobilier de luxe.

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