14 ans après son inauguration à Annaba : Le bassin de la piscine olympique cherche des titres

Quatorze ans après l'inauguration de sa piscine olympique, Annaba reste absente des podiums nationaux alors que des wilayas moins dotées comme Ghardaïa ou M'sila s'illustrent en natation.
La région dispose pourtant de treize clubs et de quatre bassins, dont un olympique de cinquante mètres, mais les structures privilégient la perception des cotisations — environ 4000 DA par mois — à la formation compétitive.
Lors du championnat national jeunes à Alger en juillet 2026, aucun nageur annabi n'a décroché de médaille parmi les 973 participants, révélant l'échec du système local d'encadrement.
Des spécialistes réclament un audit des qualifications techniques et un assainissement du mouvement associatif pour que les infrastructures servent enfin l'émergence d'une élite.
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Quatorze ans après l’inauguration en grande pompe de sa première piscine olympique, la région demeure absente des premiers rangs, au moment où des clubs de Ghardaïa, M’sila ou encore Chelghoum Laïd parviennent à s’illustrer dans les tableaux de la fédération.
Loin de se résumer à une question d’infrastructures ou de moyens publics, cette situation renvoie, selon plusieurs observateurs de la discipline, à une «dérive commerciale tolérée par les instances professionnelles », au détriment de la formation et de l’émergence d’une véritable élite.
La wilaya dispose pourtant d’un potentiel infrastructurel appréciable, avec au moins 13 clubs de natation et plusieurs équipements aquatiques. La piscine olympique d’Annaba compte un bassin de 50 mètres et dix couloirs, tandis que la piscine semi-olympique de Sidi Amar dispose d’un bassin de 25 mètres et de huit couloirs. S’y ajoutent la piscine de proximité d’El Hadjar, dotée d’un bassin de 20 mètres, ainsi que la piscine semi-olympique de Séraïdi, au niveau du CREPS. Cette dernière connaît malheureusement les premiers signes de dégradation en raison de l’absence d’exploitation de cet espace aquatique.
Le 5 juillet 2012, dans la ferveur des célébrations du Cinquantenaire de l’Indépendance nationale, Annaba inaugurait sa toute première piscine olympique. Cet équipement devait constituer le point de départ d’une nouvelle ère pour les disciplines aquatiques dans la région. Quatorze ans plus tard, le contraste est saisissant. Malgré les infrastructures disponibles et la multiplication des structures associatives, Annaba peine toujours à faire émerger une relève capable de s’imposer au niveau national.
La natation, discipline olympique majeure et pourvoyeuse régulière de médailles sur la scène internationale, semble avoir perdu localement une partie de sa vocation compétitive. Plusieurs acteurs du secteur dénoncent l’existence de structures davantage préoccupées par la perception des cotisations que par la construction de véritables projets sportifs, avec des objectifs précis à court, moyen et long termes.
Une part des interrogations concerne également l’Office du complexe olympique (OPOW). Si son rôle demeure essentiellement technique et logistique, l’organisme est chargé de l’entretien des installations et de leur mise à disposition du mouvement sportif, selon des barèmes tarifaires encadrés. Or, les créneaux sont, souvent, facturés autour de 4000 DA par mois aux adhérents, sans que soient nécessairement associés à ces activités des objectifs sportifs clairement identifiés.
Le problème apparaît donc moins lié à la disponibilité des bassins qu’à l’encadrement humain, à la qualité de la formation et au suivi technique des clubs, domaines qui relèvent directement des structures associatives et de la Ligue de wilaya.
Plusieurs spécialistes de la discipline s’interrogent, notamment, sur le niveau de qualification de certains encadrant et sur les mécanismes de contrôle permettant de garantir leurs compétences. Le constat est d’autant plus préoccupant que les résultats des dernières échéances nationales ne plaident pas en faveur d’une dynamique de haut niveau à Annaba.
Le Championnat national estival de natation des jeunes catégories, organisé du 7 au 11 juillet 2026 à Alger, a réuni 973 nageurs et nageuses représentant 115 équipes dont celles de Annaba.
Contrôle technique
La compétition, organisée en hommage à la mémoire du regretté Kada Yacine, devait notamment permettre de détecter et de promouvoir les jeunes talents. Dans ce rendez-vous national, l’absence totale de nageurs annabis parmi les médaillés constitue un signal d’alerte pour une wilaya qui dispose pourtant d’un bassin olympique depuis 2012. Elle pose surtout la question de l’efficacité du système local de formation et du devenir des jeunes licenciés qui fréquentent régulièrement les piscines de la région.
Face à cette situation, les interrogations portent également sur le rôle de la Ligue de wilaya spécialisée et sur les mécanismes de suivi exercés par la fédération.
«Comment de telles dérives peuvent-elles s’installer durablement sans contrôle technique ni exigence suffisante concernant la qualification des encadrants ?», s’interrogent des spécialistes des sports aquatiques. Pour ces derniers, «l’urgence impose une reddition des comptes stricte ».
Ils estiment que « ceux qui n’ont rien produit en quatorze ans ne feront pas mieux si on leur accorde du temps supplémentaire» et appellent à «un assainissement du mouvement associatif et à un audit approfondi de l’encadrement technique», afin de permettre à Annaba de retrouver une place à la hauteur de ses infrastructures et de son potentiel humain sur l’échiquier national de la natation.
M-F.Gaidi
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