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L’Algérie en Afrique : Soutenir le commerce et financer les grands projets continentaux

Par Chahreddine Berriah7 min de lecture
L’Algérie en Afrique : Soutenir le commerce et financer les grands projets continentaux
Résumé IA

L’Algérie accélère son intégration économique en Afrique en déployant ses champions énergétiques Sonatrach et Sonelgaz et en implantant ses banques publiques pour soutenir le commerce et financer des projets structurants.

Projets Sonelgaz en Afrique

PaysProjetCapacité / Statut
TunisieInterconnexion électrique 400 kVExportation ~600 MW
NigerCentrale électrique40 MW
TchadCentrale solaire25 MW
Côte d’IvoireProjets de production à l’étudeJusqu’à 1000 MW
Mozambique, Burkina FasoMissions d’ingénierie, accompagnement techniqueDiscussions avancées

Expansion bancaire algérienne

EntitéPaysAnnéeStatut
Algerian Union Bank (AUB)Mauritanie2023Inaugurée (consortium 4 banques publiques)
Algerian Bank of Senegal (ABS)Sénégal2023Lancée (banque universelle et digitale)
Succursale projetéeNigerEn coursDemande d’agrément déposée pour Niamey
Implantation projetéeCôte d’IvoireEn préparationDémarches avancées pour Abidjan (zone UEMOA)

Accords de coopération Sonatrach

PaysDomaines couverts
Libye, Mozambique, Mauritanie, Zimbabwe, Congo, OugandaRecherche, raffinage, transfert d’expertise, exploration
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L’Algérie affirme sa position de grande puissance macroéconomique en Afrique avec un PIB dépassant les 260 à 280 milliards de dollars. Pour fructifier son économie et élargir ses perspectives dans le continent, elle «accélère son intégration économique à travers le déploiement de ses fleurons énergétiques (Sonatrach et Sonelgaz) et l’implantation de ses banques à l’étranger pour soutenir le commerce et financer les grands projets continentaux».

Le déploiement de Sonatrach, leader continental dans l’exploration, la production et la commercialisation des hydrocarbures, s’implique dans des projets structurants comme le projet de gazoduc transsaharien (TSGP) reliant le Nigeria, le Niger et l’Algérie pour acheminer le gaz naturel vers les marchés internationaux et européens, et participer aux programmes conjoints de développement des énergies renouvelables en Afrique.

Un exemple, le mois en cours, elle vient de lancer des opérations de forage du puits Kafra Sud-Est 1 (région de Dagadis) par sa filiale Sipex et l’Enafor, visant une profondeur de 3900 mètres. Pour la commercialisation, elle a lancé également la première opération conjointe avec la Société nationale nigérienne du pétrole (Sonidep) pour commercialiser le pétrole brut nigérien (MEC) et le lancement officiel des travaux du tronçon algérien au milieu de l’année 2026, s’inscrivant dans le cadre du Nepad (Union africaine). Pour diversifier ses accords, elle a signé des protocoles de coopération et d’exploration dans plusieurs pays (Libye, Mozambique, Mauritanie, Zimbabwe, Congo et Ouganda) couvrant la recherche, le raffinage, le transfert d’expertise…

Sonelgaz, Société nationale d’électricité et du gaz, renforce, pour sa part, sa présence en Afrique à travers des projets électriques et des interconnexions de réseaux dans plusieurs pays, notamment en Tunisie, au Niger, au Tchad, en Côte d’Ivoire, au Mozambique et au Burkina Faso, avec des capacités allant de 40 à 1200 MW.

Citons, à titre d’exemple, les principaux projets par pays : Tunisie : exportation d’environ 600 MW d’électricité via une interconnexion de 400 kV, Niger : réalisation d’une centrale électrique d’une capacité de 40 MW, Tchad : participation à l’exploitation et à l’installation d’une centrale solaire de 25 MW, Côte d’Ivoire : Projets de production d’électricité à l’étude pouvant atteindre 1000 MW, Mozambique et Burkina Faso : discussions avancées, missions d’ingénierie, accompagnement technique dans l’exploration, la production d’hydrocarbures et les infrastructures électriques…

Les objectifs de cette entreprise publique sont, en outre, dirigés vers l’interconnexion des réseaux, à savoir relier du nord de l’Afrique (Algérie, Libye, Tunisie et Egypte) et connecter le Sud aux pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) qui compte actuellement 12 Etats membres (Bénin, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Libéria, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone et Togo). Dans cette même dynamique, l’implantation des banques algériennes en Afrique s’accélère, à travers la création de filiales publiques régionales, notamment en Mauritanie et au Sénégal dès 2023. «Cette démarche vise à soutenir les échanges commerciaux, encourager l’investissement et faciliter l’intégration économique de l’Algérie dans le continent.»

«Mégaprojets stratégiques»

En Mauritanie, à Nouakchott précisément, l’Algerian Union Bank (AUB), détenue par un consortium de quatre banques publiques (CPA, BNA, BEA et BADR), a été inaugurée en septembre 2023. Au Sénégal, en septembre 2023, a été lancée l’Algerian Bank of Senegal (ABS), conçue comme étant «une banque universelle et digitale pour stimuler les flux d’affaires en Afrique de l’Ouest».

A cela s’ajoutent des projets d’extension qui sont en cours. Au Niger, il a été procédé au dépôt d’une demande d’agrément par la Banque algérienne au Sénégal pour ouvrir une succursale à Niamey, afin d’appuyer les récents accords bilatéraux entre les deux pays et en Côte d’Ivoire, l’ouverture d’une implantation à Abidjan pour renforcer la présence financière algérienne dans la zone UEMOA, en phase de préparation et de démarches avancées…

En plus de ces investissements économiques et énergétiques, l’Algérie se déploie en Afrique à un rythme accéléré à travers la diplomatie et l’ouverture de lignes aériennes et maritimes directes, «visant à faire du pays un pivot central de l’intégration économique et de la sécurité régionale».

Dans cet ordre d’idées, il est bon de rappeler que pour l’appui au développement, le soutien économique et commercial, l’effacement de dettes et la formation et le capital humain, l’Algérie a alloué une enveloppe d’un milliard de dollars via l’Agence algérienne de coopération internationale pour financer des projets de développement dans les pays africains, mis en place de zones franches avec des pays de la région sahélo-saharienne et du Maghreb pour dynamiser le commerce intra-africain, annulé des dettes de 14 pays africains pour un montant total de 1,5 milliard de dollars et formé plus de 65 000 cadres africains depuis l’indépendance de l’Algérie.

Dans une allocution prononcée en son nom par le président du Conseil de la nation, Azouz Nasri, à l’ouverture des travaux du 3e Sommet sur le financement du développement des infrastructures en Afrique, qui s’est tenu en octobre 2025 à Luanda sous la présidence de Joao Manuel Lourenço, président de la République d’Angola et président en exercice de l’Union africaine, le président de la République a souligné que l’Algérie «demeure convaincue de l’unité du destin africain et attachée aux principes de solidarité et de fraternité».

Il a rappelé dans ce cadre que «l’Algérie avait initié des mégaprojets stratégiques à dimension continentale, s’engageant à mobiliser les ressources locales et à s’ouvrir à des partenariats innovants et multilatéraux, en coopération avec les institutions financières régionales et internationales d’appui». L’Algérie, a-t-il affirmé également, «s’est engagée à jouer un rôle actif dans le soutien au développement africain, à travers le lancement et la mise en œuvre de projets prometteurs incarnant son intime conviction que la coopération et l’intégration constituent la voie la plus efficace pour parvenir à une prospérité commune».

Dans ce sens, il a mis en exergue «la nécessité de créer un environnement propice facilitant la circulation des personnes, des marchandises et des services, à travers un réseau interconnecté de routes, de ports, de lignes ferroviaires, d’espaces numériques et de sources d’énergie, de manière à renforcer l’intégration régionale et à unifier les marchés africains».
Chahredine Berriah

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