Société

Des marges choquantes sur les marchés de fruits et légumes

Par Kenza Adil4 min de lecture
Des marges choquantes sur les marchés de fruits et légumes
Résumé IA

Le ministère du Commerce algérien a mené des contrôles inopinés dans les marchés de fruits et légumes, révélant des marges commerciales oscillant entre 50 % et 80 %, bien au-delà du seuil légal de 20 %.

Les exemples abondent : bananes achetées à 350 DA revendues à 1800 DA, ail acquis à 750 DA vendu à 1200 DA, ou oignons payés 65 DA et cédés à 100 DA le kilo, soit 53 % de marge.

Les contrevenants, pris en flagrant délit de non-affichage des prix et d'absence de factures, tentent de justifier leurs pratiques en pleine présence des contrôleurs et des médias.

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Absence d’affichage des prix, des marges élevées, absence de factures : certains commerçants de fruits et légumes n’en font qu’à leur tête.

Des opérations de contrôle menées ces derniers jours, de manière inopinée, par les équipes du ministère du Commerce intérieur en présence des médias dévoilent des situations surréalistes. Pris en flagrant délit de non-respect de la réglementation, les commerçants tentent de trouver des réponses à tout.

Acheté à 65 DA, l’oignon est revendu à 100 DA le kilo

Les bananes achetées à 350 DA le kilo revendues jusqu’à 1800 DA, de l’ail acquis à 750 DA écoulé à 1200 DA (soit un gain de 250 DA le kilo), une marge exorbitante de 53 % sur le prix de l’oignon (acheté 65 DA, il est vendu à 100 DA le kilo). Des marges choquantes qui suscitent l’indignation sur les réseaux sociaux.

La liste inclut tous les fruits et légumes : pommes de terre, oignons, haricots verts, aubergines, carottes, raisins…

Ces commerçants pratiquent les prix qui leur passent par la tête, réalisant des marges indécentes au détriment des citoyens qui se font déplumer malgré eux.

La loi est pourtant claire et nette. Le décret exécutif n°24-100 du 7 mars 2024 plafonne explicitement la marge au stade de la distribution au détail à 8 % pour les légumes secs et le riz, conditionnés ou vendus en vrac. A contrario, le marché est libre pour les fruits et légumes.

C’est dans cette brèche que s’infiltrent les vendeurs, en fixant des marges situées entre 50 et 80 % alors que celle-ci ne devrait pas dépasser 20 %. Profitant parfois des périodes de forte demande, de pénuries ou encore de manque de contrôle, ils augmentent les prix de manière injustifiée, au détriment du pouvoir d’achat des consommateurs.

Les contrôleurs sur le terrain

 Face à cette jungle, les équipes de contrôles multiplient les descentes inopinées dans les marchés. La situation prêterait à rire si elle n’était pas grave :   un tel ignore le prix du raisin qu’il vend, un autre baisse les prix en présence des contrôleurs dans une drôle de marchandage, un autre n’a pas de facture justifiant ses achats au marché de gros :  une situation kafkaïenne !

L’obligation d’affichage des prix constitue un droit pour le consommateur. Il lui garantit d’être informé de manière claire et précise sur le coût des produits avant tout achat.

Alors que les autorités mettent en place des mécanismes pour encadrer les prix, de nombreux commerçants foulent au pied cette réglementation, au grand dam des consommateurs.

Face à cette situation, le renforcement des contrôles et l’application rigoureuse des sanctions sont indispensables afin de protéger le pouvoir d’achat des citoyens.

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