Ils ont dit de lui

Le journaliste algérien Hamid Tahri a été inhumé au cimetière de Garidi, entouré de sa famille, de confrères de la presse écrite, de la radio et de la télévision.
Fondateur de l'hebdomadaire sportif Olympic, il a incarné un journalisme libre et exigeant avant de se consacrer à des chroniques historiques et sociales fouillées.
Ses anciens collaborateurs, dont Amine Andaloussi et Dahmane Chenouf, saluent un mentor généreux, une plume courageuse et un héritage de mots qui résistent à l'oubli.
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Dahmane Chenouf
«Hamid Tahri, la dernière demeure d’un journaliste. Ça y est. Notre défunt Hamid Tahri repose désormais au cimetière Garidi. On était là, nombreux, autour de sa dernière demeure : les membres de sa famille, ses amis du quartier, ses copains de rédaction de la rue de la Liberté et de la Maison de la presse, ainsi que des confrères de la Télévision et de la Radio. Tous étaient venus accompagner un homme qui aura consacré sa vie à l’écriture, au journalisme et à cette presse qu’il aimait passionnément. Journaliste talentueux, écrivain, Hamid est parti comme pour nous signifier, une dernière fois, que la presse, la vraie, celle qui l’a vu grandir et écrire ses lettres de noblesse, n’existe presque plus.
Celle de la plume libre. Celle qui informe, qui enquête, qui souffre avec les siens, qui observe et qui dénonce. Celle qui refuse de se mettre au service de la puissance de l’argent, des intérêts particuliers ou des intrigues de palais.
Il ne reste trop souvent, dans le métier d’informer, que de petites gens réglées comme du papier à musique, répétant une partition qui ne correspond plus aux pulsations profondes de la société. Une presse qui parle parfois beaucoup, mais qui écoute si peu.
Hamid en souffrait.
Il était particulièrement triste lorsqu’il constatait que son journal sportif Olympic, qu’il avait porté avec conviction, ne trouvait plus sa place dans une société qui semblait préférer les titres racoleurs, les manchettes mensongères et les journaux transformés en rabatteurs d’audience plutôt que ceux qui faisaient du journalisme un véritable métier.
Alors Hamid a fini par abandonner son «canard».
Mais il n’a jamais abandonné l’écriture.
Il s’est consacré à de longues tribunes, fouillées, documentées, passionnées, consacrées aux hommes de l’histoire, aux révolutionnaires, aux sportifs et à tous ceux qui, dans leur domaine, avaient laissé une trace et apporté des réponses aux grandes interrogations historiques, économiques et sociales.
Il écrivait pour comprendre et pour faire comprendre.
Sa plume n’était pas seulement un instrument d’écriture. Elle était une manière de témoigner, de transmettre et de résister à l’oubli.
Aujourd’hui, Hamid repose sous la terre algérienne qu’il aimait tant.
Mais ses écrits, eux, restent debout.
Et peut-être est-ce là le plus bel héritage qu’un journaliste puisse laisser : des mots qui survivent à leur auteur et continuent, longtemps après sa disparition, à interroger une société sur ce qu’elle est devenue.
Adieu Hamid !
Que la terre te soit légère !
Et que ta plume, désormais silencieuse, continue malgré tout de nous rappeler ce que devrait être le journalisme : libre, courageux, exigeant et profondément humain.
Je garderai de Hamid ce capitaine d’équipe du club de la presse sportive et ce sourire en coin d’un papa chocolat au grand coeur.»
Adieu frère de plume !
Amine Andaloussi
«Il y a des hommes qu’on n’oublie jamais…
Hamid_Tahri fait partie de ces hommes.
Hamid Tahri a été mon premier recruteur, mon premier employeur et mon premier directeur. C’est lui qui m’a ouvert les portes de sa rédaction au journal Olympic, un hebdomadaire sportif, et m’a initié au monde du journalisme sportif.
Moi, jeune débutant, son nom était déjà une carte de visite pour moi. Il me suffisait de dire : «Je travaille chez Hamid Tahri» pour que présidents de club, joueurs et athlètes m’accordent leur confiance et acceptent mes interviews.
Je retiens de lui un journaliste d’une immense culture, une plume exceptionnelle, un homme généreux et surtout شبعان. Repose en paix. Ta plume s’est éteinte, mais ton empreinte restera.»
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