Conflit États-Unis – Iran : Les partenaires commerciaux de Téhéran menacés de sanctions économiques

Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a averti que les pays coopérant avec l'Iran partageront son isolement et risquent d'être exclus du système dollar, tout en plaçant plus de 60 cibles iraniennes sur liste noire.
Donald Trump a qualifié cette offensive d'«asphyxie économique» et de «Jour J économique», lançant une campagne de sanctions progressives baptisée «Economic Outcast» visant à couper toutes les ressources du régime iranien.
Le véritable test sera la Chine, qui absorbe 90 % des exportations pétrolières iraniennes, d'autant que Xi Jinping est attendu à la Maison-Blanche le 24 septembre.
Pékin a riposté en promettant de défendre fermement ses intérêts, jugeant que la «pression maximale» ne fait qu'attiser les tensions et déstabiliser l'ordre économique mondial.
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Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a lancé un avertissement aux pays qui coopèrent avec Téhéran, déclarant, au cours d’une conférence de presse ce lundi, qu’ils «partageront l’isolement de l’Iran», menaçant de les expulser «du système dollar». Selon Axios, le ministère américain des Finances a placé «sur liste noire plus de 60 cibles liées à l’Iran».
Il y a une semaine, Donald Trump a menacé l’Iran d’une offensive économique qu’il a décrite comme la «plus dévastatrice jamais menée contre un pays». «Il s’agira d’une guerre économique et d’un isolement d’une ampleur sans précédent», avait-il ajouté dans un post sur Truth Social. Le lendemain, le secrétaire au Trésor Scott Bessent en avait remis une couche en annonçant lors d’une interview accordée à la chaîne CNBC «le plus grand blocus économique coordonné de l’histoire». «C’est un double coup. Nous avons le blocus (naval, ndlr), et nous allons mettre en place les sanctions les plus sévères de l’histoire», avait-il renchéri. Scott Bessent avait indiqué au passage qu’il allait donner plus de détails au sujet de ces nouvelles sanctions économiques au cours d’une conférence de presse fixée pour le lundi 22 août. Et avant-hier, le haut responsable américain a tenu effectivement une conférence de presse à Washington dans laquelle il a livré quelques précisions sur cette «guerre économique».
«Asphyxie économique»
Le ministre américain des Finances a averti que Washington allait œuvrer pour «couper toutes les ressources économiques» de la République islamique. «L’Iran fait face à un choix très clair, avec seulement deux chemins possibles : un isolement total et une économie de subsistance, ou un retour vers la normalité avec la possibilité de rejoindre l’économie mondiale», a prévenu M. Bessent, selon des propos rapportés par l’AFP.
Scott Bessent a lancé un avertissement également aux pays qui coopèrent avec Téhéran en affirmant qu’ils «partageront l’isolement de l’Iran7, menaçant notamment de les expulser «du système dollar». «Nous tiendrons chacun pour responsable. Ceci marque l’asphyxie économique de ce régime. Personne ne devrait tester notre volonté», a ajouté M. Bessent.
Lors de son message du 19 août, Trump avait parlé d’un «D-Day économique». Et l’expression «D-Day», littéralement «jour J», fait référence au débarquement de Normandie, en France, le 5 juin 1944, lorsque les troupes américaines se sont jetées dans la bataille de libération de l’Europe des griffes du nazisme pendant la Seconde Guerre mondiale. «Le ‘‘Jour J économique’’ du président Trump pour l’Iran a eu lieu lundi sans provoquer le choc ou la stupeur annoncés, s’apparentant plutôt à un énième ultimatum prolongé», note le site d’information américain Axios. Et d’expliquer : « L’opération ‘‘Economic Outcast’’ (Paria économique) ne se déroulera pas à la manière du débarquement allié en Normandie, mais prendra la forme d’une vaste campagne de sanctions à effet progressif, susceptible à terme d’exclure du système financier américain les acteurs étrangers soutenant l’Iran». Axios révèle dans la foulée que le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, «a lancé l’opération en plaçant sur liste noire plus de 60 cibles liées à l’Iran et en élargissant la portée des sanctions secondaires». «Chaque pays dispose d’un calendrier précis pour mettre fin aux activités que nous avons identifiées», a souligné M. Bessent, cité par Axios. Le responsable US s’est abstenu de citer nommément les pays susceptibles d’être frappés par ces sanctions élargies, précisant que l’administration américaine «privilégiait une ‘‘diplomatie discrète’’ avant de recourir à la massue des mesures du Trésor américain».
«Le véritable test sera la Chine»
Pour Axios, «le véritable test sera la Chine, qui absorbe environ 90% du pétrole exporté par l’Iran et demeure l’un des principaux soutiens économiques du régime iranien». Le site d’information relève que le président chinois, Xi Jinping, est invité le 24 septembre à la Maison-Blanche, «ce qui donne à Trump une raison supplémentaire de réfléchir à deux fois avant de risquer une nouvelle confrontation avec la deuxième économie mondiale». A en croire ce journal électronique bien informé, «si Trump met ses menaces à exécution, des sanctions secondaires pourraient contraindre les banques, les raffineries et les compagnies maritimes chinoises à choisir entre l’Iran et l’accès au dollar, aux banques ainsi qu’aux marchés américains». L’AFP complète en signalant que ces sanctions dites secondaires «touchent non pas l’Iran directement mais ses partenaires commerciaux, sur l’or, la technologie, les actifs numériques, l’aviation et le transport maritime».
Toujours prompt à réagir et à exprimer clairement sa position, Pékin a prévenu qu’il défendra
«fermement ses intérêts». Lors d’une conférence de presse animée hier, le porte-parole de la diplomatie chinoise, Lin Jian, a déclaré, selon l’AFP : «Les pressions maximales exercées dans le cadre d’une guerre économique ne règlent en rien les problèmes. Elles ne font qu’attiser les tensions et les conflits, provoquer des effets de contagion, déstabiliser l’ordre économique et financier mondial, et porter atteinte aux droits et intérêts légitimes des autres pays.» Et d’ajouter : « La Chine prendra toutes les mesures nécessaires pour défendre fermement ses droits et ses intérêts.» «La coopération entre la Chine et l’Iran s’est toujours inscrite dans le cadre du droit international et ne saurait être entravée ni compromise», a encore précisé le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.
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