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Le Makhzen pris la main dans le sac par le groupe de hackers Jabaroot : 70 000 espions marocains démasqués

Par Chahreddine Berriah4 min de lecture
Le Makhzen pris la main dans le sac par le groupe de hackers Jabaroot : 70 000 espions marocains démasqués
Résumé IA

Le groupe de hackers Jabaroot a divulgué sur sa chaîne Telegram les données personnelles de 70 000 agents des services de renseignement marocains, la DGST et la DGSN.

Les informations exposées incluent noms, prénoms, dates et lieux de naissance, numéros d'identification, matricules professionnels et revenus bancaires des policiers et espions.

Une seconde liste d'environ 1 400 personnes, contenant grades et identifiants bancaires supplémentaires, doit être publiée prochainement par les hackers.

Selon des médias espagnols, certains agents figuraient parmi les migrants ayant déferlé sur Ceuta les 30 et 31 juillet, un drame qui a fait 82 morts selon les autorités espagnoles.

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Un déballage qui éclabousse un régime prêt à tirer à vue et à concocter les pires stratagèmes pour faire diversion et réaliser des projets machiavéliques, non pour sauver un pays en pleine décadence, mais pour maintenir un roi moribond et son trône vacillant.

La révélation d’une liste de 70  000 espions marocains, par le groupe de hackers Jabaroot, est un coup de massue effroyable asséné aux services de renseignement marocains, la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), les services intérieurs marocains et la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN).
Deux structures du Royaume, dirigées d’une main de fer par le sinistre Abdellatif El Hammouchi. Les fameux hackers ont dévoilé, sur leur chaîne Telegram, noms et prénoms, dates et lieux de naissance, numéros d’identification, de matricule professionnel et revenus bancaires des policiers et d’agents du renseignement. Un appareil réputé, pourtant, parmi les plus répressifs, mais aussi, le plus cadenassé. Un véritable viol qui met chaos le patron de la police politique et de tous les systèmes sécuritaires. Une défloration qui ébranle le palais royal déjà chancelant. Et ce n’est pas fini, les hackers promettent de publier en ligne une seconde liste de près de 1400 personnes, mettant au jour des informations supplémentaires (grades et identifiants bancaires, entre autres). Selon des médias espagnols, qui ont également rapporté cette information, les fuites des données concerneraient aussi des agents du renseignement marocains découverts parmi les 70 000 migrants ayant envahi l’enclave de Ceuta les 30 et 31 juillet derniers. Un déballage qui éclabousse un régime prêt à tirer à vue et à concocter les pires stratagèmes pour faire diversion et réaliser des projets machiavéliques, non pour sauver un pays en pleine décadence, mais pour maintenir un roi moribond et son trône vacillant. L’implication dans ce débarquement en terre ibérique d’espions marocains, mêlés à des milliers de citoyens de tous âges fuyant la misère et l’injustice, place l’Espagne comme une priorité chez le Makhzen.

L’Espagne, en premier lieu dans le viseur des espions marocains

Selon le site Menadefense de notre confrère Akram Kharief, «l’Espagne est évidemment en première ligne. Près d’un million de ressortissants marocains vivent sur le territoire espagnol. Les deux pays partagent une frontière terrestre, des enjeux migratoires, une coopération policière et antiterroriste extrêmement dense, mais aussi un contentieux historique autour de Ceuta et Melilla. Les relations entre Madrid et Rabat mélangent depuis longtemps coopération officielle, méfiance stratégique et affaires d’espionnage. La presse espagnole évoque déjà ouvertement cette dimension. Infobae décrivait encore le 24 août une véritable  »guerre froide » entre les deux pays, faite d’espions, de hackers, de pressions migratoires et de rivalités souterraines…»
Le drame de Ceuta, pour rappel, s’est soldé par 82 morts, selon les autorités espagnoles, et seulement 11 pour leurs homologues marocains. Des milliers de migrants sont toujours dans l’enclave dans l’attente d’une issue à leur aventure. Cette action s’inscrit dans une série de cyberattaques menées par le groupe Jabaroot, qui affirme «agir en représailles à des actions hostiles et au cyberharcèlement sur les réseaux sociaux». Malgré la sensibilité des données exposées, les autorités marocaines, curieusement, restent de marbre. En fait, c’est une posture habituelle du Makhzen qui fait le dos rond à chaque fois qu’il est attrapé la main dans le sac…

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