Après les drames sur les routes : Accélération de l’opération de renouvellement des autobus

L'Algérie accélère le renouvellement de son parc d'autobus après une série d'accidents mortels, avec un programme national de 10 000 véhicules et une deuxième phase de distribution touchant seize wilayas.
Les autobus de plus de trente ans, notamment ceux immatriculés avant 1996, sont prioritairement remplacés via une procédure administrative qui vise environ 5 400 véhicules à l'échelle nationale.
L'État finance 20 % du prix, le transporteur 10 %, le solde pouvant être couvert par un crédit BNA jusqu'à 90 % sur dix ans à 5,5 % avec exonérations fiscales.
Parallèlement, l'installation de chronotachygraphes devient obligatoire pour contrôler vitesse et temps de conduite, le drame de Boumerdès ayant révélé 121 km/h dans une zone à 60 km/h et une consommation de stupéfiants.
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Le programme doit permettre de retirer progressivement les véhicules les plus anciens et de renforcer les capacités de transport dans les différentes wilayas. Cette nouvelle phase intervient après une première opération ciblée sur les quatre grandes agglomérations d’Alger, d’Oran, de Constantine et de Annaba.
Le retrait des autobus les plus anciens s’accélère. La série d’accidents dramatiques qui a endeuillé l’Algérie a remis la question de la sécurité du transport collectif au premier plan. En quelques semaines, plusieurs drames ont fait des dizaines de morts et de blessés, dans des circonstances qui, pour certaines, ont révélé une accumulation de manquements.
Le gouvernement prévoit l’acquisition de 10 000 autobus dans le cadre d’un programme national destiné à moderniser le transport public. Dans un communiqué publié hier, le ministère des l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports a annoncé une nouvelle opération de distribution de bus destinés au transport urbain et semi-urbain dans 16 wilayas. Après une première opération ayant concerné les wilayas d’Alger, d’Oran, de Constantine et de Annaba, la deuxième phase s’étend à un nombre plus important de wilayas réparties sur plusieurs régions du pays. Sont ainsi concernées Chlef, Bouira, Tlemcen, Tizi Ouzou, Saïda, Sidi Bel Abbès, Médéa, Mascara, Boumerdès, Aïn Defla, Batna, Biskra, Djelfa, Skikda, El Tarf et El Oued. Le nombre total des bus concernés n’a pas été indiqué. Selon le ministère, les véhicules distribués dans le cadre de cette opération sont des bus neufs et modernes, proposés dans différentes capacités et répondant aux normes en vigueur. Leur mise en circulation doit permettre, selon les autorités, de renforcer l’offre existante et d’améliorer les conditions de transport des usagers. Cette nouvelle phase intervient après une première opération ciblée sur les quatre grandes agglomérations d’Alger, d’Oran, de Constantine et de Annaba. Le programme doit permettre de retirer progressivement les véhicules les plus anciens et de renforcer les capacités de transport dans les différentes wilayas.
Le retrait des autobus ayant dépassé 30 ans de service avait été envisagé, pour rappel, après le drame de l’autobus qui a plongé dans l’oued El Harrach et qui a jeté l’émoi au sein de la population. Depuis le début du mois d’août, les directions des transports des wilayas ont commencé à mettre en œuvre les procédures de remplacement. Les premiers concernés sont les autobus âgés de 30 ans ou plus, notamment ceux immatriculés jusqu’en 1996.
Ainsi, le transporteur qui souhaite remplacer son véhicule doit déposer un dossier auprès de la direction des transports de sa wilaya. Il doit notamment fournir la décision originale d’exploitation, la fiche horaire ou l’itinéraire original ainsi que le certificat d’immatriculation de l’autobus destiné à être réformé. Une première attestation lui est ensuite délivrée afin de permettre la remise de l’ancien véhicule à une unité de la Société nationale de récupération et de valorisation. Une fois la preuve de cette remise présentée, une seconde attestation lui ouvre la voie à l’acquisition du nouvel autobus.
A Alger, la direction des transports de la wilaya avait fixé au 21 août la date limite de dépôt des dossiers pour les exploitants concernés. Cette étape s’inscrit dans un objectif national portant, selon les autorités, sur le remplacement de quelque 5400 autobus parmi les plus anciens.
Modalités
Le dispositif prévoit également un accompagnement financier. Selon les a communiquées dans le cadre du programme, l’Etat doit prendre en charge une contribution correspondant à 20% du prix du nouvel autobus, tandis que le transporteur doit assurer un apport de 10%. Le reste peut être financé par crédit, avec notamment une exonération des droits de douane et de la TVA prévue pour les véhicules concernés.
La Banque nationale d’Algérie (BNA) a, de son côté, annoncé une offre destinée aux transporteurs souhaitant acquérir un autobus dans le cadre du programme. Le financement peut couvrir jusqu’à 90% de la valeur du véhicule, avec un apport minimal de 10%, une durée pouvant atteindre dix ans et un différé de remboursement allant jusqu’à six mois. Le taux annoncé est de 5,5% hors taxes.
Pour rappel, le 18 août, le ministre Saïd Sayoud avait présidé une réunion consacrée aux préparatifs de l’activation et de l’exploitation du chronotachygraphe à bord des poids lourds et des véhicules de transport de voyageurs. L’appareil permet d’enregistrer notamment la vitesse et le temps de conduite. L’objectif est de disposer d’un outil permettant de mieux contrôler ce qui se passe au volant, au-delà des contrôles ponctuels effectués sur les routes. Le chronotachygraphe permet de conserver une trace des conditions de conduite. Il peut ainsi contribuer à identifier les excès de vitesse, les dépassements des temps de conduite ou certaines pratiques susceptibles de mettre en danger les passagers. Le cas de Boumerdès donne une idée de l’enjeu. Sur une portion limitée à 60 km/h, l’autocar avait été relevé à 121,63 km/h. Aucun dispositif de contrôle ne peut empêcher à lui seul un conducteur de prendre une décision dangereuse, mais la possibilité de retracer précisément les conditions de conduite peut rendre les infractions plus difficiles à dissimuler et faciliter l’établissement des responsabilités. Le drame de Boumerdès a également fait apparaître la consommation de produits stupéfiants par le conducteur, décédé dans l’accident. Aussi, les autorités veulent-elles renforcer l’application des dispositions du nouveau code de la route relatives au dépistage de l’alcool et des substances susceptibles d’altérer les capacités physiques et mentales des conducteurs.
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