Gazoduc transsaharien (TSGP), Dorsale à fibre optique, centrales électriques… : Favoriser l’intégration africaine

L’Algérie déploie une stratégie d’intégration africaine combinant diplomatie, infrastructures énergétiques, numériques et routières, ainsi qu’aide humanitaire au Sahel.
Le gazoduc transsaharien de 4128 km, estimé à 13 milliards de dollars, doit acheminer 30 milliards de mètres cubes de gaz nigérian vers l’Algérie et l’Europe via le Niger.
La dorsale à fibre optique, dont l’Algérie a achevé ses 2500 km, et la route transsaharienne de 9022 km reliant six pays, sont toutes deux avancées à près de 90 % de réalisation.
Parallèlement, Alger a livré une aide alimentaire et médicale au Niger et au Burkina Faso, tandis que Sonelgaz a inauguré la centrale de Gorou Banda près de Niamey.
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L’Algérie a lancé, dans la cadre de la stabilisation sécuritaire du Sahel, une stratégie multiforme qui allie diplomatie, projets d’intégration, coopération sécuritaire et aide humanitaire. Dans le cadre de la consolidation de l’intégration africaine et sahélienne, le pays a engagé des infrastructures majeures. Le gazoduc transsaharien figure parmi les projets les plus importants d’intégration africaine.
Le gouvernement algérien a officiellement annoncé, début juin, le lancement de la construction de sa section du Gazoduc transsaharien (TSGP). L’annonce a été faite à l’issue de la cinquième réunion ministérielle du Comité de pilotage du projet, tenue à Alger en présence des ministres des Hydrocarbures de l’Algérie, du Niger et du Nigeria. Selon le communiqué du ministère algérien des Hydrocarbures, le Gazoduc transsaharien s’inscrit dans le cadre du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique. Les trois pays estiment que cette infrastructure contribuera à renforcer la position du continent en tant qu’acteur majeur de l’approvisionnement énergétique mondial, tout en favorisant le développement économique, les investissements et l’intégration régionale en Afrique. Long de 4128 km, le TSGP, dont le coût est estimé à environ 13 milliards de dollars, est considéré comme «l’un des projets énergétiques stratégiques les plus importants à l’échelle du continent africain». Il vise à acheminer jusqu’à 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an depuis le Nigeria, en passant par le Niger, jusqu’en Algérie, permettant ainsi l’exportation de gaz vers les marchés européens et internationaux. L’infrastructure devrait générer des retombées économiques majeures pour les trois pays partenaires. L’Algérie, qui dispose d’une industrie énergétique déjà développée, verrait quant à elle son rôle de hub énergétique entre l’Afrique et l’Europe renforcé, en s’appuyant sur son réseau gazier et ses infrastructures d’exportation existantes. L’Algérie a lancé, aussi, le projet de la Dorsale transsaharienne à fibre optique pour développer l’économie numérique régionale dans le Sahel. Alger a achevé sa partie de la Dorsale à fibre optique, plus de 2500 km d’Alger vers la Mauritanie à l’Ouest et vers le Sud, jusqu’à la frontière avec le Niger. Six pays africains sont membres de ce projet censé offrir une alternative moins onéreuse aux solutions satellitaires.
Retombées économiques
Le ministre de la Poste et des Télécommunications, Sid Ali Zerrouki, avait présidé, en juillet, les travaux de la réunion du Comité de liaison de la Dorsale transsaharienne à fibre optique (CLDT).La réunion, qui s’est déroulée en présence des représentants des pays partenaires du projet et des responsables des organismes et institutions nationaux concernés, a constitué «une étape importante pour évaluer l’état d’avancement de la réalisation de ce projet stratégique, examiner les aspects techniques et organisationnels y afférents, ainsi que les moyens de renforcer la coordination et la coopération entre les différentes parties prenantes afin d’atteindre ses objectifs dans les meilleures conditions», a précisé le communiqué du ministère. L’accent a été mis, lors de cette réunion, sur «la nécessité de poursuivre les efforts conjoints, afin d’assurer le parachèvement des différentes phases du projet et d’optimiser sa contribution au renforcement de l’interconnexion numérique et du développement durable dans la région». La Route transsaharienne figure aussi parmi les projets les plus emblématiques d’intégration régionale en Afrique. Réunis en mai, les représentants de l’Algérie, de la Tunisie, du Niger, du Nigeria et du Tchad ont notamment examiné les prochaines étapes destinées à accélérer la commercialisation du corridor et à en faire un levier de développement économique. Selon la Banque africaine de développement (BAD), la Transsaharienne devrait traverser à terme 6 pays, à savoir l’Algérie, la Tunisie, le Mali, le Niger, le Nigeria et le Tchad, et s’étendre sur un linéaire long de 9022 km, dont 4498 km de corridor principal reliant Alger et Lagos, auxquels s’ajouteront des tronçons secondaires destinés à raccorder d’autres pays de la région. La construction du pont de Farié au Niger permettra par exemple d’étendre le corridor vers le Burkina Faso et de renforcer sa connexion avec le Mali. Au cours des dernières décennies, plusieurs pays ont accéléré les travaux sur les différents tronçons. En 2025, l’Algérie a indiqué que le taux global de réalisation du projet était de près de 90%, précisant que la totalité de sa section, longue d’environ 2400 km, est désormais achevée. A terme, la Transsaharienne doit relier Alger et Tunis à quatre grandes villes d’Afrique subsaharienne, Bamako, Niamey, N’Djamena et Lagos. Au-delà de la simple continuité routière, cette configuration vise à créer un vaste réseau logistique reliant les ports méditerranéens aux marchés d’Afrique occidentale et centrale.
Selon la BAD, les retombées attendues dépassent largement le seul secteur des transports. Le projet devrait favoriser les investissements et la création d’emplois, notamment dans le génie civil et travaux publics, les services logistiques et le commerce. Dans le cadre de son action humanitaire et d’aide au développement, l’Algérie a envoyé à Niamey, en 2025, trois avions de produits alimentaires, des médicaments et d’autres équipements dans le cadre de la solidarité avec ce pays voisin souvent touché par la sécheresse et les inondations. Une opération humanitaire similaire a été organisée pour le Burkina Faso. La Sonelgaz a inauguré, en juin, la centrale électrique à Gorou Banda, près de Niamey, au Niger.
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