Les pyramides et la supérette

Par El yazid Dib3 min de lecture
Les pyramides et la supérette
Résumé IA

L'article critique l'inadéquation entre la grandeur d'événements historiques majeurs et la modestie des lieux choisis pour les commémorer.

Le Congrès de la Soumam et l'offensive du Nord constantinois ne sauraient, selon l'auteur, être honorés dans les quelques rayons d'une modeste supérette.

L'auteur rappelle que les pyramides et le Colisée, œuvres d'innovation immense, se sont imposés sans tapage médiatique, un acte reflétant toujours l'envergure de son initiateur.

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Le Quotidien d'Oran

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Ce sont ces productions géniales qui n’ont pas été inaugurées par le flash des médias sociaux ou par une entremise malvenue.

Les pyramides, le Colisée et bien d’autres cités antiques furent des immensités d’innovation qu’ils mirent en sourdine leurs propres architectes. L’on ne s’en souvient point de ceux qui brisèrent le ruban de leur accès initial. Il y en a d’autres qui essayent de sortir de leur insignifiance fantaisiste, sans jamais toucher la moindre notoriété. Une boutique de vente. Le plastique, peu importe sa teneur mercantile, ne pourra constituer un produit noble.

L’on ne peut promouvoir un évènement historique dans la pause à une supérette. Ni le Congrès de la Soumam, ni l’offensive du Nord constantinois n’ont à s’exprimer à travers les neuf étals d’une surface de commerce en détail.

La valeur d’un événement dépend de la conception managériale par laquelle on le fête. Elle se perçoit selon l’échelle de ce que vaut son possesseur. La grandeur est une question de niveau. La petitesse aussi. A chacun sa vision, de chacun sa capacité maximale. Aux Pharaons leur grandiose label, aux scribes leur superbe indigence.

Une grosse épicerie, qui d’ailleurs manque de saveurs inédites, n’a peut être auréolée du seing de l’État ni du prestige protocolaire de son autorité. De son genre, elles sont multiples et foisonnent à volonté. Elle n’a aucun impact sur le bonheur citoyen qui devrait s’incruster, en priorité dans l’exaucement de ses vieux vœux, dans la mise en chantier de ses latentes attentes et en adéquation avec le rang de la ville qui lui sied. Ailleurs, l’on baptise des merveilles, des complexes hospitaliers, des ensembles sportifs de haute gamme.

Tout acte traduit l’épaisseur de son initiateur. Quand les détenteurs du sceau de la république se pavanent officiellement à travers les rayons d’une échoppe rurale ; la raison de puissance publique tend à perdre tout son charisme. Ce n’est pas à la meule de foin d’aller vers le meulon. Une question de parallélisme de gabarit, pas de simple remplissage de la stérilité d’un ordre du jour. Alors, faute de grives l’on se contente de merles.

La faille du commandement, quand elle grouille de maladresses, cesse d’être excusable.

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