Une addiction pas comme les autres
L'Australie, pionnière d'une loi restrictive sur l'usage d'internet par les enfants, constate que l'interdiction a paradoxalement accru le phénomène au lieu de le réduire.
D'autres pays ayant suivi cet exemple subissent le même échec, tandis que le débat s'intensifie et que certains envisagent d'interdire les portables à l'école.
Le problème dépasse la simple régulation : les adultes étant eux-mêmes accros aux écrans, toute tentative d'interdiction se heurte à une fracture générationnelle aux issues prévisibles.
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Le Quotidien d'Oran
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Premiers initiateurs dans le monde de la loi restrictive contre la manipulation par les enfants de l’internet, ils se rendent compte que l’interdiction, au lieu de venir à bout d’un danger pervertissant la santé mentale enfantine, n’a au contraire qu’élargi le phénomène. Ils constatent que l’interdit n’a été qu’un appel d’air pour la population juvénile. Un sondage sérieux a prouvé que le pourcentage des bambins utilisateurs visés a augmenté contre l’attente voulue.
D’autres pays avaient suivi l’exemple australien et il est prêté à croire qu’ils connaîtront les mêmes déboires face à la fixation d’une culture s’élargissant au cœur d’une nouvelle génération née au sein d’une bourrasque technologique.
Le débat autour de la question ne fait que commencer partout et certains Etats en sont à de vifs échanges contradictoires et passionnés sans aboutir à tenir, par le bon bout, motifs de satisfaction. Quelques-uns d’entre eux, empêtrés dans des arguments, les uns fallacieux, les autres objectifs, vont jusqu’à vouloir opter pour l’interdiction du portable dans les écoles.
La réalité imparable d’aujourd’hui veut que ce sujet réponde à une profonde question générationnelle et qu’il ne soit pas aisé de l’aborder sur ses différentes coutures. Il est difficile de l’affronter quand le monde des adultes lui-même est soumis à l’addiction à un outil qui a envahi tous les espaces et s’est gravé dans les larges et restreintes intimités. Phénomène social d’envergure, il a fini par tenailler familles et individus pour faire partie de soi et il est peu probable qu’on puisse l’interdire à une nouvelle génération qui semble déjà engagée à conquérir une autre planète.
Vouloir s’attaquer à ce qui n’est pas une mode passagère, c’est vouloir affronter une génération venante ayant un regard différent sur le monde. Les issues des affrontements générationnels sont connues d’avance. Il suffit d’observer autour de nous et de mieux réfléchir sur le comportement de nos petits enfants pour comprendre que l’ère est à l’effacement d’une génération.