Tourisme à Bizerte (Tunisie) : «Où sont les visiteurs Algériens ?»

Bizerte, située à seulement trois heures de la frontière algérienne, attire paradoxalement presque aucun vacancier algérien malgré son patrimoine touristique remarquable.
La ville ne dispose que de cinq hôtels et les touristes privilégient d'autres stations comme Tabarka, Hammamet ou Djerba, délaissant ce comptoir millénaire.
Pourtant, Bizerte offre un vieux port enchanteur, une médina fleurie, un musée océanographique, des plages historiques et un riche passé phénicien, romain, andalou et ottoman.
À 25 kilomètres, le parc national de l'Ichkeul, classé à l'UNESCO, abrite 180 espèces d'oiseaux migrateurs sur 12 600 hectares de zones humides.
Publié par
El Watan
Publié le
Article Original
Contenu complet de la source
Par Karim Dadci
Si la Tunisie demeure sans conteste la première destination, par route, des vacanciers algériens vers l’étranger, il n’en demeure pas moins que certaines villes de ce pays à vocation touristique n’ont jamais connu de rush et encore moins une petite visite de passage.
Le cas de Bizerte, comptoir maritime millénaire, situé à 3 heures de la frontière terrestre algérienne, est un exemple édifiant en soi. «Pas une plaque d’immatriculation jaune en 10 jours !» et pourtant ils ont été des milliers à passer la frontière terrestre d’Oum Teboul ou El Aïoun, en juillet dernier. « Ils ont, comme chaque été, pris la direction de Sousse, Nabel, Hammamet ou bien pour Tabarka qui est juste à quelques kilomètres de la frontière. Mais pour Bizerte, voyez par vous-même ! » Ne fait que nous confirmer un Bizertois visiblement étonné par l’instance de nos question.
Mais qu’en est-il au juste ? «Pour faire simple, ce que je peux vous dire dans ce contexte bien précis, c’est que notre chère ville de Bizerte ne possède pas d’infrastructures hôtelières à la hauteur de celles qui accueillent les millions de touristes sur les plages de l’Est et du Sud-Est et de l’extrême Eud de la Tunisie. Ou du moins pas en nombre suffisant puisque que nous ne disposons que de 5 hôtels pour», révèle à El Watan le responsable d’un agence de location de logements. Et de préciser : «Les vacanciers en général à destination de la Tunisie, européens compris, préfèrent, entre autres Gammarth en passant par Nabel, Hammamet, Sousse, Mahdia et bien évidement Djerba et Zarziz.» Et de conclure : « Mais il y a ici des sites touristiques d’une grande richesse qui méritent le détour. »
En effet, il vous faudra 3 heures de route pour 141 kilomètres, dès votre sortie des frontières en passant par Tabarka en direction de Bizerte. Ainsi, arrivés à Bizerte et ses environnements immédiats, cette agglomération dénote clairement que nous ne sommes pas dans une ville au «tourisme de masse». Bien au contraire, c’est une ville côtière de la Méditerranée, calme, qui inspire le repos et où l’on prend le temps de découvrir des lieux insoupçonnables.
Et comment il en serait autrement avec le vieux port enchanteur, à la faveur d’un après-midi jusque tard en soirée où de nombreux vacanciers tunisiens s’y attardent sur les terrasses pour y siroter, au bord des quais médiévaux, un thé, ou y déguster une glace après une ballade dans l’enceinte de la médina, aux ruelles fleuries et blanchies à la chaux vive, en passant par le fort espagnol. La magie de cette découverte en longeant la muraille vous mènera également au musée océanographique de Bizerte qui occupe une aille de la forteresse. Un régale pour les yeux tend les visiteurs, et pour quelques dinars, nous découvrirons une multitude d’espèces de poissons exotiques aux couleurs et aux formes insoupçonnées. Ainsi, ce sont des centaines d’aquariums agencés dans des galeries et passages d’époques médiévales que les visiteurs découvrent, avec en prime le droit aux enfants de donner quelques pincées d’aliments aux poissons. De découverte en découverte, le passage au port de plaisance, de pêche et bien sur au marché aux poissons de la ville située à quelques mettre du vieux port vous plongera dans l’ambiance des poissonneries.
Un brin d’histoire
Bizerte offre aussi une multitude de plages, quelles soient à proximité du centre urbain, telles que celle de Ain Meriem. En effet, l’attrait des estivants pour la propreté des plages est un atout pour la ville, mais il faut y ajouter des sites historiques. Les plages de Bizerte ont été des sites militaires de la Seconde Guerre mondiale avec l’installation de nombreux bunkers. Mais aussi des plages ou des bateaux ont échoué sont aussi prisées par les baigneurs, constate El Watan sur place. Quoi qu’il en soit, pour les adeptes du tourisme culturel, Bizerte est un comptoir phénicien, puis successivement cité romaine (Hippo Diarrhytus), avec une influence andalouse, ottomane, puis européenne sous le protectorat français, visible dans l’architecture de la ville. A l’Ouest, pour ceux qui veulent s’y attarder en plus de l’une des plus belles corniche aux villas modernes en direction du musée de la marine, sur plusieurs kilomètres, des sites sont remarquable à l’approche du Cap blanc, l’avant-dernier point septentrional de ce côté de l’Afrique du Nord, suivi par le cap Angela.
Au retour, vers les frontières, après plusieurs jours d’une virée exaltante, un passage au parc national de l’Ichkeul s’impose. Sinon lui réserver quelques heures ou une journée pendant votre séjour. Situé à 25 km au sud ouest de Bizerte, le parc fut un domaine de chasse pendant la période Hafside. Depuis 1979, le site est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco pour sa biosphère. En clair, il s’agit d’un havre pour 180 espèces d’oiseaux migrateurs, dont certaines sont rares, sur une zone humide s’étendant sur une superficie totale de 12 600 ha.
Posez votre question à la rédaction
Votre question…
Prénom ou pseudo *
Adresse e-mail * Votre e-mail ne sera pas publié.
Votre question * 0/1000
Envoyer Annuler