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Le coin du referee / Comment trouver la compétence sans l’égalité des chances ?

Par Salim Oussaci5 min de lecture
Le coin du referee / Comment trouver la compétence sans l’égalité des chances ?
Résumé IA

La saison 2026-2027 du football algérien débute avec une structure arbitrale inchangée, mais les dysfonctionnements passés persistent, notamment l'absence d'égalité des chances entre arbitres.

Un même erreur peut valoir indulgence pour certains et sanction pour d'autres, installant un « deux poids, deux mesures » qui démobilise les talents et alimente la suspicion sur les désignations des grands matches.

Les jeunes arbitres sont écartés des premières journées malgré une pression moindre, tandis que des informations internes fuient et le responsable de la structure envisage de démissionner face au retour d'arbitres précédemment écartés.

Sans règles identiques, évaluation commune et chances égales pour tous, la compétence elle-même perdra confiance, prévient l'observateur averti.

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La saison footballistique 2026-2027 démarre aujourd’hui. Le coup d’envoi inaugural sera donné par une équipe arbitrale. A priori, aucun changement majeur n’est intervenu dans la composante de la structure en charge de l’arbitrage.

C’est sans doute le choix de la stabilité et de la continuité. Encore faut-il tirer les enseignements des saisons précédentes qui, côté arbitrage, n’ont pas été exemptes de dysfonctionnements. Le premier constat, et non des moindres, concerne cette égalité des chances qui n’a pas toujours semblé être la règle entre les arbitres d’un même pays, voire d’une même région. Une même erreur d’appréciation pouvait, selon son auteur, donner lieu à des lectures et surtout à des conséquences diamétralement opposées.

Ici, l’indulgence ; là, la sanction. Ici, une seconde chance ; là, une mise à l’écart. Voilà comment s’installe insidieusement le fameux «deux poids, deux mesures». Or, rien n’est plus démobilisateur pour un arbitre que de constater que les mêmes fautes ne sont pas appréciées avec le même barème. Cette perception d’injustice décourage les plus méritants, fragilise la confiance et peut même conduire certains talents à abandonner en cours de route. L’arbitrage algérien a ainsi vu disparaître des radars plusieurs sifflets qui, à leurs débuts, semblaient pourtant promis à un bel avenir. A cela s’ajoute un autre mal, particulièrement préoccupant : la suspicion née de certaines désignations. Lorsque des affiches à forte connotation sportive ou à enjeux particuliers donnent lieu à des choix qui interpellent, la suspicion s’installe.

Et une fois installée, elle finit par toucher toute la corporation, y compris les arbitres qui n’ont rien à voir avec ces choix. Il ne suffit donc pas de désigner des arbitres. Il faut aussi que ces désignations soient comprises, acceptées et perçues comme équitables par l’ensemble de la famille footballistique. La crédibilité de l’arbitrage passe aussi par là. Les désignations des arbitres directeurs de la première journée du championnat professionnel 2026-2027, qui ressemblent fortement à celles de la saison écoulée, traduisent la volonté de la structure dirigeante de commencer le nouvel exercice avec des hommes expérimentés, histoire de réduire au maximum les risques de dérapage dès l’entame.

C’est compréhensible. Mais pourquoi ne pas profiter des premières journées, lorsque la pression est encore relativement mesurée, pour donner davantage de responsabilités aux jeunes sifflets ? Car les erreurs feront toujours partie du football. La présence annoncée de la VAR sur sept des huit rencontres de cette première journée ne changera pas cette réalité. La technologie peut corriger certaines erreurs, elle ne remplacera jamais le discernement humain. Il faudra surtout éviter de présenter l’arbitrage algérien sous un jour excessivement idyllique. Les communiqués parus sur certaines pages sur les réseaux sociaux, propriété de certains anciens arbitres faisant partie de l’équipe dirigeante actuelle de l’arbitrage annonciateurs de bonne santé et adeptes du tout va bien et pour le mieux, ne suffisent pas à masquer les interrogations qui traversent la corporation. La famille arbitrale sait ce qui se passe sur le terrain, mais aussi ce qui se passe en dehors. Le président de la FAF étant actuellement accaparé par des dossiers autrement prioritaires, notamment ceux liés à l’équipe nationale et aux prochaines échéances internationales, certains peuvent être tentés de considérer l’arbitrage comme un terrain où tout serait permis.

Ce serait une grave erreur. L’arbitrage n’est ni un jardin privé ni la propriété personnelle de qui que ce soit. Plus préoccupant encore : des informations relevant normalement du fonctionnement interne de la structure arbitrale se sont retrouvées sur la place médiatique à quelques jours du lancement de la nouvelle saison. Jusqu’à ce que son responsable évoque lui-même l’éventualité de jeter l’éponge après avoir appris le retour à l’activité de certains arbitres écartés lors des saisons précédentes.

Une question s’impose alors, sans procès d’intention mais avec toute la légitimité d’un observateur qui connaît la maison : Existe-t-il une bipolarité dans la gestion de l’arbitrage algérien ? La nouvelle saison va à peine commencer. Il est encore temps de faire en sorte que cette question demeure sans réponse. Pour cela, une seule recette garante de réussite : les mêmes règles pour tous, la même évaluation pour tous et les mêmes chances pour tous. Car sans équité, même la compétence finit par perdre confiance. Bonne saison à tous nos arbitres !

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