Menaces américaines contre les partenaires de l’Iran : La Chine joue la carte de la fermeté

La Chine a averti qu'elle défendrait «fermement» ses intérêts face aux nouvelles sanctions américaines visant les partenaires commerciaux de l'Iran.
Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a annoncé des sanctions «secondaires» touchant l'or, la technologie, les actifs numériques, l'aviation et le transport maritime.
Avant la guerre, plus de 80% des exportations pétrolières iraniennes étaient destinées à la Chine, principal partenaire stratégique de Téhéran.
L'Iran négocie avec Oman les modalités de franchissement du détroit d'Ormuz, verrouillé depuis six mois et par lequel transitait un cinquième des hydrocarbures mondiaux.
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La Chine a prévenu, avant-hier, qu’elle ferait tout pour «défendre fermement» ses intérêts après que le gouvernement américain a affirmé sa volonté de couper les ressources économiques de l’Iran et menacé les pays qui continueraient à soutenir Téhéran.
«Les pressions maximales exercées dans le cadre d’une guerre économique ne règlent en rien les problèmes. Elles ne font qu’attiser les tensions et les conflits, provoquer des effets de contagion, déstabiliser l’ordre économique et financier mondial, et porter atteinte aux droits et aux intérêts légitimes des autres pays», a réagi Lin Jian, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois. «La Chine prendra toutes les mesures nécessaires pour défendre fermement ses droits et ses intérêts», a-t-il insisté lors d’une conférence de presse. La Chine est un partenaire stratégique et économique primordial pour l’Iran. Plus de 80% des exportations de pétrole iranien étaient, par exemple, à destination de la Chine avant la guerre, selon la société d’analyse Kpler. «La coopération entre la Chine et l’Iran s’est toujours inscrite dans le cadre du droit international et ne saurait être entravée ni compromise», a assuré Lin Jian.
Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a présenté, lundi dernier, un nouveau train de sanctions dites «secondaires», touchant non pas l’Iran directement mais ses partenaires commerciaux, sur l’or, la technologie, les actifs numériques, l’aviation et le transport maritime. Washington a également imposé de nouvelles sanctions contre 60 individus, sociétés et navires accusés d’aider l’Iran à générer des revenus pétroliers, à se procurer des armes et à mener des actions de guerre numérique. Les sanctions visent des entités dans le monde entier, notamment aux Emirats arabes unis, en Chine, à Singapour et en Europe. Six mois après le début des opérations militaires contre l’Iran, Donald Trump a choisi de revenir à une option déjà employée par les administrations américaines successives : les sanctions économiques.
«Lignes de survie»
«L’Iran s’effondre complètement !» a prétendu le magnat sur son réseau, Truth Social. De son côté, le secrétaire au Trésor américain avait promis, dimanche, à l’Iran un «D-Day économique» – en référence au Débarquement allié de 1944 en France – visant à couper ses dernières «lignes de survie», alors que les efforts diplomatiques pour régler le conflit, déclenché le 28 février par une offensive israélo-américaine contre Téhéran, sont dans l’impasse. Sur la télévision d’Etat iranienne, le ministre de l’Economie, Ali Madanizadeh, avait rétorqué que les menaces américaines se traduiraient par «une nouvelle défaite» de Washington et que Téhéran disposait d’un «plan sur deux ans» pour contrer ces sanctions. Avant même la conférence de presse de Scott Bessent, Pékin, partenaire stratégique de Téhéran, avait estimé que les «sanctions et la pression» américaines ne permettraient pas de résoudre le conflit régional.
Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a lui affirmé devant la presse que cette pression économique maximale ne signifiait pas la fin des frappes, si Washington les jugeait nécessaires. En dépit de la fermeté affichée par Téhéran, le président iranien, Massoud Pezeshkian, a reconnu que le pays faisait face à «de nombreuses difficultés économiques», après des décennies de sanctions américaines et internationales. Le stratégique détroit d’Ormuz, par lequel transitait auparavant un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est verrouillé par Téhéran quasiment sans interruption depuis six mois, ce qui a entraîné une envolée des prix du pétrole et une pression accrue sur Donald Trump aux Etats-Unis, à l’approche des élections de mi-mandat de novembre. L’Iran a exclu tout retour à la situation d’avant-guerre dans le détroit et discute depuis des semaines un accord sur les modalités de son franchissement avec Oman, qui borde la rive sud du détroit.
Hocine Lamriben
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