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Espagne-Maroc : Les révélations qui accablent le Makhzen

Par Chahreddine Berriah5 min de lecture
Espagne-Maroc : Les révélations qui accablent le Makhzen
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Les services de renseignement espagnols décrivent les relations avec le Maroc comme une « guerre froide » entre alliés économiques mais ennemis géopolitiques, utilisant migration, espionnage et trafic de haschisch comme armes de pression.

La crise migratoire de Ceuta en juillet, avec plus de 70 000 personnes dirigées vers l'enclave, serait une opération délibérée du Makhzen pour tester la résistance espagnole selon le CNI.

Une collaboration antiterroriste étroite depuis 2014 aurait masqué un espionnage marocain des agents espagnols, révélant une méfiance mutuelle malgré les opérations conjointes menées.

Le groupe de hackers Jabaroot a publié une liste de 70 000 agents de la DGST marocaine et menace de dévoiler 1 400 noms d'espions opérant en Espagne et en Europe.

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El Watan

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Ce n’est un secret pour personne, encore moins pour les services de renseignement espagnols : le Maroc mène une guerre froide contre l’Espagne depuis des années. Et «la crise migratoire survenue fin juillet à Ceuta n’est qu’un épisode de plus…»

«L’Espagne et le Maroc entretiennent depuis de très nombreuses années une guerre froide. Ce sont des alliés économiques, parce qu’ils n’ont pas le choix, mais ce sont surtout des ennemis géopolitiques», indique une source du Centre national de renseignement (service espagnol de renseignement et de contre-espionnage). Information rapportée par le site InfoBae dans un enquête réalisée sur la complexité des relations entre les deux pays.

Des relations ponctuées par des coups bas, des complots et des coups de couteau dans le dos… un jeu malsain dans lequel excelle le régime alaouite.

Une vérité où «l’espionnage, les attaques par des hackers, une instrumentalisation politique de la migration (déguisée en crise migratoire conventionnelle) et des tonnes de haschisch qui continuent à entrer en Europe via les côtes andalouses» sont les armes de la politique de traîtrise et de nihilisme du pouvoir marocain. Des conclusions du renseignement espagnol qui ne souffrent aucun doute.

La dernière invasion de l’enclave espagnole par plus de 70 000 migrants, dont des milliers d’agents de sécurité marocains, facilitée par les autorités (des milliers de jeunes, femmes, hommes, des familles avec enfants ont été ramenés des autres villes marocaines, et escortés jusqu’aux portes de Ceuta), est la preuve supplémentaire, si besoin est, de cette guerre qui, en vérité, a commencé depuis des années.
«La dernière avalanche migratoire à Ceuta n’était pas un débordement de migrants poussés par des réseaux mafieux de passeurs, mais il s’agissait bien d’un coup que le Maroc a l’habitude de donner de temps à autre dans une logique de rapport de force», ont informé les services secrets le gouvernement de Pedro Sanchez, selon toujours le média précité. 

«Il ne s’agissait pas d’un débordement promu par les mafias de la traite des êtres humains… C’était une frontière que quelqu’un a délibérément abandonnée. Une sonnette d’alarme», affirment les mêmes sources.

Il s’agit, selon InfoBae, d’une «question géopolitique de premier plan. Ceuta constitue une enclave stratégique pour l’Espagne et l’Union européenne, en raison de sa position dans le détroit de Gibraltar, mais sa principale menace ne réside pas dans un hypothétique conflit militaire, mais dans ce que les experts appellent la stratégie de ‘‘zone grise’’ : combiner l’utilisation de la pression diplomatique, migratoire, l’espionnage et être l’épicentre producteur d’une des drogues les plus consommées (le haschisch) pour que le Maroc puisse progressivement épuiser la position espagnole sans arriver à une confrontation belliqueuse».

«Histoire de trahison»

D’autres sources, comme Forbidden, par la plume de son journaliste José Bautista, révèle dans une enquête que «le Maroc a commencé à espionner les agents espagnols en 2014, lorsque l’Espagne et le Maroc ont commencé à collaborer étroitement en partageant des informations sur les cellules djihadistes. Des agents de la Garde civile et du service de renseignement intérieur marocain, la DGST, ont partagé leurs expériences, leur formation et leurs voyages, participant à des opérations conjointes contre les narcos, le terrorisme et les migrations irrégulières». Mais «cette apparente proximité entre les deux institutions cache une histoire de trahison», selon Bautista. «Les agents espagnols ont été espionnés alors qu’ils partageaient des opérations avec leurs homologues marocains.»

Une collaboration que les Espagnols savaient minée. «Nous collaborons quand cela nous intéresse, mais la méfiance est mutuelle. Ils n’ont pas confiance en nous et nous n’avons pas confiance en eux non plus», précise une source du CNI espagnol à InfoBae.

Le Makhzen recrute ses sbires au sein même de sa diaspora fortement implantée en terre ibérique. Et très récemment, les révélations du groupe de hackers Jabaroot ont complètement dénudé le Makhzen en se sens. Dans son canal Telegram, ils ont rendu publique une liste de 70 000 agents de la DGST, dirigée par Abdellatif Hammouchi, et la promesse de dévoiler une autre liste contenant 1400 noms d’autres espions agissant en Espagne et en Europe.

Sale temps pour un royaume privilégiant la vilenie et la trahison pour se maintenir, au détriment de la stabilité de ses citoyens et de toute cette région méditerranéenne…
Chahredine Berriah

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