Pour mieux sécuriser les flux de marchandises : L’Algérie renforce son dispositif de contrôle aux frontières

L'Algérie renforce son dispositif frontalier avec deux arrêtés interministériels portant à 53 le nombre d'inspections de contrôle qualité et de répression des fraudes, et une décision créant des postes de douane de surveillance permanents aux frontières terrestres.
| Région / Wilayas | Nombre d'inspections | Principaux sites concernés |
|---|---|---|
| Alger | 8 | Port, aéroport Houari-Boumediène, 6 zones sous douane (Rouiba, Hamiz, Oued Smar, Gué de Constantine, Chéraga, Baba Ali) |
| Tlemcen, Oran, Illizi | 3 | Ports (Ghazaouet, Oran), aéroports (Messali-Hadj, Es Senia, Zarzaïtine-In Aménas), postes frontaliers (Maghnia-Akid Lotfi, Debdeb), zones sous douane (Aïn Eflehleh, Es Senia) |
| Chlef, Béjaïa, Jijel, Tébessa, Skikda, Annaba, El Tarf | 2 | Ports (Ténès, Béjaïa, Djen Djen, Skikda, Annaba), aéroports (Aboubekr-Belkaïd, Soummam, Ferhat-Abbès, Skikda, Annaba), postes frontaliers (Bouchebka, Oum Tboul, El Ayoun), zone sous douane (El Meridj) |
| Batna, Biskra, Sétif, Constantine, Mostaganem, Ouargla, Tindouf, El Oued, Souk Ahras, Ghardaïa, In Guezzam, Tin Zaouatine, Bordj Badji Mokhtar, Timiaouine | 1 | Aéroports (Batna, Biskra, Sétif, Constantine, Ghardaïa, Moufdi-Zakaria), postes frontaliers (Tindouf, El Oued, Souk Ahras, In Guezzam, Tin Zaouatine, Bordj Badji Mokhtar, Timiaouine), port (Mostaganem), aéroport (Ouargla) |
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El Watan
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L’Algérie renforce son dispositif de contrôle aux frontières à travers une réorganisation qui vise à mieux sécuriser les flux de marchandises et à consolider la lutte contre la fraude et les différentes formes de criminalité transfrontalière. Deux arrêtés interministériels et une décision, publiés dans le Journal officiel n°60, élargissent ainsi le maillage territorial des services de contrôle et précisent le fonctionnement de nouvelles structures douanières aux frontières terrestres.
Le premier arrêté interministériel, signé le 5 mai 2026 par la ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, Amel Abdellatif, et le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, modifie les dispositions du texte du 13 novembre 2011. Il porte désormais à 53 le nombre des inspections du contrôle de la qualité et de la répression des fraudes au niveau des frontières terrestres, maritimes et aéroportuaires, ainsi que dans les zones et entrepôts sous douane.
Un second arrêté, signé le même jour par Amel Abdellatif et le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, précise l’implantation de ces structures et remplace la liste annexée à l’arrêté interministériel du 25 mars 2012.
Cette nouvelle répartition tient compte des principaux points d’entrée et de sortie du territoire ainsi que des zones concentrant les opérations d’importation. A Alger, huit inspections sont ainsi prévues au port, à l’aéroport Houari-Boumediène et dans les zones sous douane de Rouiba, Hamiz, Oued Smar, Gué de Constantine, Chéraga et Baba Ali. Tlemcen compte trois implantations au port de Ghazaouet, au poste frontalier de Maghnia-Akid Lotfi et à l’aéroport Messali-Hadj. Oran dispose également de trois sites, au port, à l’aéroport d’Es Senia et dans la zone sous douane de la zone industrielle d’Es Senia.
Deux inspections sont prévues à Chlef, au port de Ténès et à l’aéroport Aboubekr-Belkaïd. Béjaïa et Jijel disposent chacune de deux sites, respectivement au port et à l’aéroport Soummam – Abane-Ramdane, ainsi qu’au port de Djen Djen et à l’aéroport Ferhat-Abbès.
Le dispositif couvre également les principaux aéroports de l’Est et des Hauts-Plateaux, avec des inspections à Batna, Biskra, Sétif et Constantine. A Tébessa, deux sites sont retenus au poste de Bouchebka et dans la zone sous douane d’El Meridj. Skikda et Annaba comptent également deux implantations chacune, tandis que le dispositif s’étend à Mostaganem et Ouargla.
Le service des douanes en soutien
Dans les zones frontalières du Sud et de l’Est, le maillage est particulièrement important. Illizi compte trois implantations, au poste de Debdeb, à l’aéroport de Zarzaïtine-In Aménas et dans la zone sous douane d’Aïn Eflehleh. Deux postes sont prévus à El Tarf, à Oum Tboul et El Ayoun, tandis que Tindouf, El Oued et Souk Ahras disposent également d’inspections au niveau de leurs postes frontaliers.
Dans le Grand Sud, des inspections sont installées à l’aéroport Moufdi- Zakaria de Ghardaïa, ainsi qu’aux postes frontaliers d’In Guezzam et Tin Zaouatine, et à Bordj Badji Mokhtar et Timiaouine. Cette implantation répond notamment à la nécessité d’assurer une présence permanente au niveau des zones frontalières caractérisées par d’importants mouvements de personnes et de marchandises.
Le renforcement du dispositif ne concerne pas uniquement le contrôle de la qualité et la répression des fraudes. Une décision du 1er juin 2026 du ministère des Finances, publiée dans le même Journal officiel, prévoit également la création de postes de douane de surveillance au niveau des frontières terrestres.
Signée par le directeur général des Douanes, Abdelhafid Bakhouche, la décision définit ces structures comme des unités implantées directement au niveau des frontières terrestres. Leur création vise à renforcer la surveillance de la bande frontalière et à apporter un appui opérationnel aux brigades des Douanes. Ces postes auront notamment pour missions d’assurer une surveillance continue de la bande frontalière adjacente, de soutenir les différentes brigades opérationnelles dans leur ressort territorial et de coordonner leurs interventions avec les unités compétentes de la Gendarmerie nationale, notamment dans le cadre de la lutte contre les différentes formes de criminalité transfrontalière.
Le dispositif prévoit également la sécurisation des personnels et des biens au niveau des postes de surveillance, ainsi que la protection des marchandises saisies jusqu’à leur remise au receveur des Douanes compétent.
La décision instaure enfin un fonctionnement permanent et continu de ces nouvelles unités. Les agents exerceront leurs missions de jour comme de nuit, selon un système de rotation, afin de garantir une surveillance sans interruption des zones frontalières.
Chaque poste sera placé sous l’autorité d’un chef de poste ayant au moins le grade d’officier de brigade. Celui-ci exercera sous l’autorité directe du chef d’inspection principale chargée de la surveillance douanière.
A travers cette double évolution, l’Algérie cherche ainsi à renforcer la chaîne de contrôle aux frontières, depuis l’inspection de la conformité des marchandises jusqu’à la surveillance physique des espaces frontaliers. Le nouveau dispositif combine présence accrue des services de contrôle, coordination entre les administrations concernées et surveillance douanière permanente, avec pour finalité de mieux protéger le marché national, sécuriser les échanges et renforcer la lutte contre la criminalité transfrontalière.
Kamel Benelkadi
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