Économie

18,1 mds $ : l'Algérie parmi les 4 pays africains à avoir profité de la crise énergétique

Par Aylan Afir5 min de lecture
18,1 mds $ : l'Algérie parmi les 4 pays africains à avoir profité de la crise énergétique
Résumé IA

Une étude du CREA révèle que l'Algérie, le Nigeria, l'Angola et la Libye ont capté 18,1 milliards de dollars sur les 21,6 milliards de revenus supplémentaires générés par le choc énergétique entre mars et août 2026.

Le Nigeria arrive en tête avec 7,5 milliards de dollars, tandis que les 10,6 milliards restants sont partagés entre l'Algérie, l'Angola et la Libye sans répartition détaillée, l'étude excluant par ailleurs les exportations par gazoduc qui avantagent l'Algérie.

Les cours ont fortement progressé sur la période, le Brent gagnant 35 %, le GNL 60 % et le diesel 59 %, dans un contexte où la production algérienne de gaz a crû de 4,2 % et ses exportations combinées de 2,4 % au premier semestre.

Cette manne exceptionnelle pose à l'Algérie le défi de transformer ces revenus conjoncturels en investissements durables pour ses infrastructures énergétiques et sa diversification économique.

O

Publié par

ObservAlgérie

Publié le

ou lire sur le site source →

Article Original

Contenu complet de la source

Une étude du Conseil du renouveau économique algérien (CREA) estime que l’Algérie fait partie des quatre pays africains ayant capté l’essentiel des revenus supplémentaires générés par le choc énergétique provoqué par la crise au Moyen-Orient. Entre mars et août 2026, les exportateurs africains de combustibles fossiles ont enregistré 21,6 milliards de dollars de recettes supplémentaires par rapport aux anticipations des marchés avant le conflit.

Selon le CREA, quatre pays concentrent la majeure partie de cette manne : l'Algérie, le Nigeria, l’Angola et la Libye. À eux seuls, ils ont perçu 18,1 milliards de dollars, soit près de 84 % du total estimé pour les neuf exportateurs africains étudiés.

Le Nigeria, l’Algérie, l’Angola et la Libye concentrent 18,1 milliards de dollars

L’étude du CREA analyse les conséquences économiques de la forte hausse des prix de l’énergie après les tensions ayant perturbé le marché mondial. La hausse des cours du pétrole, des produits pétroliers et du gaz naturel liquéfié (GNL) a permis aux pays producteurs disposant de capacités d’exportation de générer des revenus supplémentaires.

Le Nigeria arrive en tête des bénéficiaires africains identifiés par le rapport, avec 7,5 milliards de dollars de recettes supplémentaires. Le CREA précise : « Le Nigeria, l’Angola, la Libye et l’Algérie ont perçu à eux seuls 18,1 milliards de dollars sur les 21,6 milliards perçus ».

Le rapport ne détaille pas la répartition individuelle des 10,6 milliards de dollars restants entre l’Algérie, l’Angola et la Libye. Il n’est donc pas possible d’attribuer un montant précis au seul marché algérien sur la base de cette étude.

Pour établir ses estimations, le CREA a comparé les revenus générés pendant la période étudiée avec les prévisions réalisées avant le choc énergétique. Sur six mois, les importateurs mondiaux ont payé 330 milliards de dollars supplémentaires pour le pétrole brut, les produits pétroliers et le GNL transportés par voie maritime. Le pétrole brut représente à lui seul 164,1 milliards de dollars de ce surcoût.

Le gaz algérien vers l’Europe n’est pas entièrement pris en compte

L’étude du CREA souligne une limite importante dans son calcul : elle ne prend en compte que les combustibles transportés par voie maritime. Les exportations réalisées par gazoduc sont exclues en raison du manque de données disponibles.

Cette précision concerne particulièrement l’Algérie, qui dispose d’un réseau de gazoducs reliant directement le pays au marché européen. Les revenus supplémentaires liés à ces exportations gazières ne sont donc pas intégrés dans les 18,1 milliards de dollars attribués aux quatre principaux bénéficiaires africains.

Le marché énergétique a connu une forte tension durant la période étudiée. Le Brent a atteint une moyenne de 93 dollars le baril entre mars et août 2026, contre 69 dollars anticipés avant la crise, soit une hausse de 35 %. Dans le bassin atlantique, le prix du GNL a atteint 16,99 dollars par MMBtu contre 10,65 dollars prévus, soit une progression de 60 %. Le diesel a également enregistré une hausse de 59 %.

Pour l’Algérie, cette période a renforcé le poids stratégique de ses ressources énergétiques. Au premier semestre 2026, la production algérienne de gaz naturel a atteint 54,01 milliards de mètres cubes, contre 51,81 milliards un an auparavant, soit une progression de 4,2 %. Les exportations combinant gazoducs et GNL ont atteint 23,97 milliards de mètres cubes, en hausse de 2,4 %.

La crise énergétique a donc offert une fenêtre favorable aux principaux producteurs africains, tout en rappelant leur dépendance aux fluctuations des marchés mondiaux. Pour l’Algérie, l’enjeu reste désormais de transformer ces revenus exceptionnels en investissements durables dans les infrastructures énergétiques et la diversification économique.

Voir sur le site source