France : des Marocains ont payé jusqu'à 14 000 euros pour venir travailler et ont été exploités

Quatre Franco-Marocains sont jugés depuis le 27 août 2026 à Tarbes pour traite d'êtres humains envers des travailleurs marocains exploités entre 2018 et 2025 dans les Hautes-Pyrénées.
Deux frères faisaient venir de jeunes Marocains contre 6 000 à 14 000 euros, promettant contrats forestiers et titres de séjour, mais les logeaient dans un taudis insalubre à Ibos.
Au moins neuf victimes ont porté plainte, la police en identifiant sept pour traite et plus de quarante pour travail dissimulé, certaines étant parentes des prévenus.
Les deux frères sont en détention provisoire depuis juin 2026, l'épouse de l'un et sa mère étant aussi poursuivies pour gestion administrative et recrutement.
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Quatre Franco-Marocains sont jugés ce jeudi 27 août 2026 devant le tribunal judiciaire de Tarbes pour traite d'êtres humains. Pendant sept ans, entre 2018 et 2025, ils ont fait venir des dizaines de jeunes Marocains dans les Hautes-Pyrénées en échange de milliers d'euros, leur promettant travail et titres de séjour. Une fois sur place, ces derniers ont été logés dans un taudis, payés de manière irrégulière, voire pas du tout, et parfois privés des papiers promis.
Le système mis en place par les suspects s'est étendu de 2018 à 2025. Deux frères, originaires du Maroc, proposaient à des jeunes de leur région de partir pour la France, direction Toulouse, puis les Hautes-Pyrénées. Ils leur promettaient un contrat de travail dans le secteur forestier, comme bûcheron ou élagage, ainsi qu'un titre de séjour. En échange, chaque travailleur devait verser entre 6 000 et 14 000 euros aux deux hommes.
À leur arrivée en France, les victimes étaient logées dans une maison située à Ibos, près de Tarbes. Selon le témoignage recueilli par la CFDT 65, cette habitation était insalubre, dépourvue de chauffage et infestée de rats. Certains travailleurs y vivaient à plusieurs, partageant les mêmes conditions. Durant leur séjour, ils percevaient des salaires très bas, parfois rien pendant plusieurs mois, tandis que les frères encaissaient les sommes versées pour leur venue en France, rapporte ICI.
Des victimes venues du Maroc, parfois de la même famille
Au moins neuf victimes, accompagnées par la CFDT, ont porté plainte au pénal et déposé une requête auprès des prud'hommes. Elles réclament le paiement de leurs arriérés de salaire et une régularisation de leur situation administrative. Trois d'entre elles n'ont jamais obtenu le titre de séjour provisoire ou de travailleur saisonnier qui leur avait été promis. La police aux frontières a identifié sept victimes pour des faits relevant de la traite d'êtres humains, le nombre de personnes concernées par du travail dissimulé dépassant les quarante.
Les victimes partagent plusieurs points communs. Elles sont jeunes, originaires de la même région du Maroc, et pour certaines des mêmes villages. Certaines connaissaient les deux frères avant leur départ, voire étaient des membres de leur famille éloignée. La CFDT et l'avocat des victimes ont indiqué que les deux principaux prévenus ont fait travailler et exploiter leurs propres cousins.
Quatre prévenus jugés à Tarbes, deux en détention
Deux hommes et deux femmes sont jugés dans ce dossier. Les deux frères sont les principaux organisateurs du système. L'épouse de l'un d'eux est soupçonnée d'avoir géré l'administratif de la société créée pour l'opération, encaissé l'argent versé par les victimes et blanchi ces sommes. Sa mère est suspectée d'avoir convaincu de jeunes Marocains de partir pour la France, sans les informer des conditions réelles.
Les deux frères ont été arrêtés, placés en garde à vue, et sont en détention provisoire depuis fin juin 2026. L'un des deux prévenus a indiqué, par l'intermédiaire de son avocat, qu'il nie les faits en bloc. L'autre n'a pas souhaité s'exprimer avant l'audience.