Pétrole : après les Émirats, un autre pays envisage de quitter l'OPEP

Le Venezuela, membre fondateur de l'OPEP, envisage de quitter l'organisation, emboîtant le pas aux Émirats arabes unis partis en mai 2026, selon Bloomberg.
Cette réflexion s'inscrit dans le rapprochement entre Caracas et Washington amorcé en janvier 2026, après la destitution de Nicolás Maduro et l'arrivée au pouvoir de Delcy Rodríguez.
Producteur historique de 1,16 million de barils par jour, le Venezuela est aujourd'hui exempté des quotas de l'OPEP en raison du déclin de sa production, divisée par deux en dix ans.
L'impact sur les marchés resterait limité, mais ce retrait aggraverait les fissures au sein de l'organisation, l'Irak ayant déjà exprimé sa frustration face aux restrictions de production.
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Le Venezuela, membre fondateur de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), étudie la possibilité de quitter l'organisation. L'idée d'un retrait a été évoquée lors de discussions avec des responsables américains, mais aucune décision définitive n'a été prise à ce stade.
Le Venezuela examine la possibilité de quitter l'OPEP, selon des sources citées par l'agence Bloomberg ce vendredi 28 août 2026. L'idée d'une sortie a été abordée lors de conversations avec des responsables américains, mais la décision n'a pas encore été arrêtée. Un porte-parole de la Maison Blanche n'a pas fait de commentaire immédiat sur ce sujet, et le ministère vénézuélien de l'Information n'a pas non plus répondu aux demandes de déclaration.
Le Venezuela fait partie des cinq pays fondateurs de l'OPEP en 1960, aux côtés de l'Iran, de l'Irak, du Koweït et de l'Arabie saoudite. Le ministre vénézuélien du Pétrole de l'époque, Juan Pablo Pérez Alfonzo, a joué un rôle central dans la création de l'organisation. Caracas a également contribué à la formation de l'alliance élargie OPEP+ en 2016.
La production pétrolière du Venezuela s'élevait à 1,16 million de barils par jour en juillet 2026, selon une enquête de Bloomberg. Ce niveau est inférieur de moitié à la production du pays il y a une décennie. Le Venezuela est actuellement exempté des restrictions de production de l'OPEP en raison de ce déclin.
Un rapprochement avec les États-Unis en toile de fond
La réflexion sur un retrait intervient dans un contexte de réalignement politique entre Caracas et Washington. Depuis janvier 2026 et la destitution de Nicolás Maduro, remplacé par la présidente par intérim Delcy Rodríguez, les États-Unis et le Venezuela ont rétabli leurs relations diplomatiques. L'influence croissante des États-Unis se manifeste également dans les discussions sur l'acquisition de participations importantes dans les gisements pétroliers vénézuéliens.
Des négociateurs des deux pays discutent de cette proposition, selon des sources proches des conversations. Un accord potentiel à l'étude prévoirait un bail de 100 ans pour plusieurs gisements pétroliers. Cette prise de participation des États-Unis dans les réserves pétrolières d'un autre pays constituerait une intervention inédite.
Le président Donald Trump a qualifié le Venezuela de 51e État américain et a déclaré que les États-Unis contrôlent son pétrole. Cette approche s'inscrit dans la "doctrine Donroe" de Trump, visant à étendre l'influence américaine dans l'hémisphère occidental. Le gouvernement américain a acquis des participations dans plusieurs entreprises ces derniers mois et a établi un fonds d'investissement avec l'Ukraine en 2025, adossé aux revenus des projets miniers, pétroliers et gaziers de ce pays.
Un impact limité sur les marchés du pétrole mais un symbole fort
Un éventuel retrait du Venezuela aurait un impact immédiat limité sur les marchés pétroliers mondiaux, en raison du niveau réduit de sa production. Les marchés sont actuellement dominés par les répercussions du conflit entre les États-Unis et l'Iran. La production vénézuélienne a augmenté en 2026, mais reste très inférieure aux niveaux historiques du pays.
La signification politique du départ serait en revanche considérable. Le Venezuela est l'un des architectes historiques de l'OPEP et son retrait accentuerait les interrogations sur la cohésion de l'organisation dirigée par l'Arabie saoudite. Les Émirats arabes unis ont annoncé leur départ de l'OPEP le 1er mai 2026. L'Irak a également exprimé récemment sa frustration concernant les restrictions de production.
Pour le Venezuela, quitter l'OPEP pourrait offrir une plus grande flexibilité pour augmenter sa production à long terme, sans être soumis à d'éventuels quotas. Certains responsables américains envisagent la création d'une alliance énergétique entre Washington et Caracas qui réduirait considérablement l'influence de l'OPEP sur le marché pétrolier.